‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 42 sur 873 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

1. Que dirons-nous donc? Demeurerons-nous dans le péché pour que la grâce abonde?

2. Loin de là! Car nous qui sommes morts au péché, comment vivrions-nous encore en lui?

3. Ignorez -vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c'est en sa mort que nous avons été baptisés ?

4. Car nous avons été ensevelis avec lui par le baptême pour mourir, afin que, comme le Christ est ressuscité d'entre

1. Quid ergo dicemus ? Permanebirans in peccato ut gratia abundet ?

2. Absit. Qui enim mortui sumus peccato, quomodo adhuc vivemus in illo?

3. An ignoratis quia quicumque baptizati sumus in Christo Jesu, in morte ipsius baptizati sumus?

4. Consepulti enim sumus cum illo per baptismum in mortem, ut quomodo Christus surrexit a mortuis per gioriara Pa-

Sectiox II. — Effets moraux de la justification CHRÉTIENNE. VI, 1 -VIII , 39.

Dans les cinq chapitres qui précèdent, saint Paul a surtout envisagé la justification par la fol dans sa nature Intime; il va maintenant décrire les admirables effets qu'elle opère dans les âmes, ses conséquences morales et pratiques.

§ I. — Vie morale de cevx qui ont été justifiés par la foi en Jésus- Christ. VI, 1-VII, 6.

l» Ceux qui ont été justifiés ne pèchent plus. VI, 1-14.

Chap. Vf. — 1-2. Introduction. — Quid ergo...? Cf. IV, 1. L'apôtre vient d'affirmer, v, 20, que la grâce a surabondé là où avait abondé le péché. De cette proposition, quelques lecteurs peu éclairés auraient pu conclure : Permanebimus...? Cette objection tacite sert de transition. Comp. III, 8. Après l'avoir vigoureusement répudiée d'un seul mot (.Absit ; cf. m, S^ et 6*>), saint, Paul introduit une de ses théories les plus belles, les plus élevées, afin de mieux faire ressortir l'incompatibilité qui existe entre le péché et ceux qui ont reçu la grâce de la justification. Cette théorie est celle de l'union morale tout à fait Intime que le baptême établit entre le Christ et les fidèles. — Mortui... peccato. Mourir au péché, c'est y renoncer totalement. Le commettre après avoir été justifié serait la plus étrange des anomalies, une sorte de contresens inadmissible : quomodo adhuc...? « Les notions de chrétien et de pécheur s'excluent. »

3-11. Union mystique très étroite qui existe entre le Christ et les fidèles, grâce au baptême. C'est par suite de leur association mystique à la mort du Sauveur que les chrétiens sont morts au péché. — An ( dans le grec : r, , ou bien) ignoratis...? Autre question très vivante. Paul ne peut pas supposer que les chrétiens de Rome soient dans l'ignorance sur un point si fondamental. En effet, on ne manquait pas d'expliquer aux néophytes la profonde signifi-

cation des rites du baptême. Chacun sait que, dans l'antiquité chrétienne, ce sacrement était le plus souvent administré par immersion et qu'il se composait par là même de deux actes, la xarc/ôucri;, ou l'immersion proprement dite, et ràvàSuai;, ou la sortie de l'eau, qui symbolisaient, d'une part, la mort spirituelle du vieil homme, du pécheur, et de l'autre, la résurrection morale, la vie nouvelle et régénérée. Cf. Tit. m, 5. Or, cette mort au péché n'a lieu qu'en vertu de la mort de Jésus-Christ pour nous, et cette vie nouvelle n'est produite que grâce à sa résurrection. Ces quelques réflexions contiennent la clef de ce remarquable passage. — Baptizati... Personne n'ignore que ce verbe, qui signifie plonger, fait allusion aU rite même du baptême. — In Christo... D'après le grec : « in Christum Jesum », à l'accusatif ; baptisés de manière à êtie consacrés à Jésus -Christ, à lui appartenir. « Le baptême est une sorte d'incorporation avec le Christ. » — Au lieu de i7i morte, le grec a de même : « in mortem », à l'accusatif du mouvement; c.-à-d., relativement à la mort du Christ, de telle sorte que nous entrons en relations spéciales avec elle. Un baptisé est donc un mort par rapport au péché. — Consepulti enim... (vers. 4). C'est la continuation de la même pensée, puisque la sépulture est un signe évident de la mort. Cf. Col. ii, 12. Noti'e baptême a été, mystiquement parlant, et en ce qui concerne le péché, une cérémonie de funérailles; il nous a mis dans le tombeau avec le Christ. Les mots in mortem (avec l'article dans le grec : la mort de Jésus-Christ) ne dépendent pas de per baptismum, comme l'ont pensé divers interprètes, mais plutôt du veibe « consepulti sumus ». — Ut quomodo... Après nous avoir fait mourir avec le Christ, le baptême nous fait participer aussi à sa résurrection. De même que Notre-Seigneur n'est mort que pour ressusciter bientôt, ainsi notre mort et notre ensevelissement n'ont eu lieu que pour servir de transition à notre vie nouvelle. — Per gloriam Patris. C.-à-d., par sa toute - puissance, qui est, dans le cas en (\ues-

oO

Rom. VI, 5-9.

tris, ita et nos in novitate vitae ambulemus.

6. Si enim complantati facti sumus similitudini mortis ejus, simul et resurrectionis eriraus ;

6. hoc scientes, quia vêtus homo noster simul crucifixus est, ut destruatur corpus peccati, et ultra non serviamus peccato.

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