Car celui qui est mort est justifié du péché
8. Or, si nous sommes morts avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec le Christ,
9. sachant que le Christ ressuscité d'entre les morts ne meurt plus, que la mort n'aura plus d'empire sur lui.
de lui , et qu'il est devenu le foyer de la concupiscence, des passions. C'est un corps « qui se trouve dans un rapport perpétuel avec le péché, qui ne peut s'en débarrasser par lui - même ». Comparez l'expression analogue : ce corps de mort (vii, 24). Voyez aussi I Cor. ix, 27; Phil. III, 21. — Et ultra. Le résultat final. — Non serviamus. D'après le grec : servir en qualité d'esclaves. Le péché personnifié nous est présenté comme un maître dur, sans pitié; mais, grâce au baptême, ce despote perd sur nous son empire. — Qui enim mortaus...
(vers. 7). Au propre et au figuré tout ensemble, mais plus spécialement dans le premier sens. C'est une proposition générale : Quand un homme est mort, il n'a plus à craindre le péché (justificatus est...; c.-à-d., en cet endroit : il est libre relativement au péché), de même qu'un esclave qui a rendu le dernier soupir n'a désormais plus rien à redouter du plus cruel des maîtres. — Si autem mortui... (vers. 8). Il s'agit maintenant de la mort morale, l'apôtre passant rapidement d'une signification à l'autre. Nous trouvons ici un développement rapide de la pensée qui a été simplement ébauchée au vers. 5. — Simul... vivemus... : d'abord de la vie de la grâce, puis de la vie éternelle et glorieuse. — Scientes quod Christus... (vers. 9). La résurrection a ouvert à tout jamais à Jésus-Christ les portes de la vie; il lui est maintenant impossible de mourir. De même en est-il du chrétien, s'il le veut, sous le rapport moral. — Non dominaMtur. C'est encore la métaphore du maître et de l'esclave. — Quod enim... (vers. 10). Le grec a une ponctuation différente , qui rend le sens plus clair : Quant à sa mort (littéral. : ce qu'il est mort), elle a eu lieu une fois pour toutes, à cause du péché. En effet, c'est à cause du péché des hommes, dont il s'était volontairement chargé pour les expier, que Notre- Seigneur Jésus- Christ a été soumis à la mort. Cf. II Cor. v, 21, etc. — Semel. L'épître aux Hébreux insiste sur cette pensée. Cf. Hebr. vu.
Rom. VI, 10-15.
10. Car en tant qu'il est mort pour le péché , il est mort une fois pour toutes ; mais en tant qu'il vit, il vit pour Dieu.
11. Vous donc aussi, regardez -vous comme morts au péché, et comme vivant pour Dieu en Jésus-Christ notre Seigneur.
12. Que le péché ne règne donc point dans votre corps mortel, en sorte que vous obéissiez à ses convoitises.
13. Et n'abandonnez pas vos membres au péché comme des armes d'iniquité; mais donnez -vous à Dieu comme devenus vivants, de morts que vous étiez, et donnez à Dieu vos membres comme des armes de justice.
14. Car le péché n'aura point d'empire sur vous, puisque vous n'êtes plus sous la loi, mais sous la grâce.
15. Quoi donc ! pécherons - nous parce que nous ne sommes plus sous la loi, mais sous la grâce ? Loin de là !
10. Quod enim mortuus est peccato, mortuus est semel ; quod autem vivit, vivit Deo.
11. Ita et vos, existimate vos mortuos quidem esse peccato, vi ventes autem Deo, in Christo Jesu Domino nostro.
12. Non ergo regnet peccatiim in vestro mortali corpore, ut obediatis coiicupiscentiis ejus.
13. Sed neque exhibeatis membra vestra arma iniquitatis peccato ; sed exhibete vos Deo tanquam ex mortuis viventes, et membra vestra arma justitiee Deo.
14. Peccatum enim vobis non dorainabitur : non enim sub lege estis, sed sub gratia.
15. Quid ergo? peccabiraus, quoniam non sumus sub lege, sed sub gratia?
Absit. •
27 ; IX , 12, 26., 28 ; X , 10. Le eacriflce du Christ a eu une valeur décisive; aussi n'a-t-il pas été nécessaire de le réitérer. — Quod... vivit... Une fois rendu à la vie par la résurrection, Jésus vit éternellement pour Dieu, son seul et unique maître. — Ita et vos... (vers. 11). Saint Paul applique maintenant à ses lecteurs la magnifique théorie qu'il vient de proposer. Ce qui s'est passé pour leur chef, Jésus-Christ, a eu lieu semblablement pour eux : mortuos..., viventes... 12-14. Conséquence pratique de la théorie qui précède. « Le ton tourne à l'exhortation. L'écrivain sacré fait maintenant un appel direct aux volontés : après avoir bien compris ce qu'il est, le chrétien doit travaillera faire passer sa connaissance dans ses actes. » — Non... regnet... Car, même après la justification, le péché peut reprendre ses droits sur nous; il faut donc lui résister sans cesse. — Iv... mortali corpore... Toujours sujet à la mort, le corps du chrétien est par là- même rempli d'infirmités, qui peuvent le rendre aisément la proie du mal. Icibas sa délivrance est nécessairement incomplète. — Vt obediatis. C.-à-d. : Qu'il ne règne pas..., de telle sorte que vous obéissiez à ses désirs dépravés iconcwpiscevtiis...). — Sed neque... membra... (vers. 13). Continuation de la même pensée. La comparaison arma iniquitatis est toute guerrière. Cf. Eph. vi, 11-17, etc. « La volonté est envisagée comme étant en guerre pour ou contre la sainteté, » pour ou contre le péché. — Ex mortuis viventes. Deux états qui se sont succédés pour le chrétien, ainsi qu'il a été dit plus haut. — Arma justitire Deo. Par antithèse avec « arma iniquitatis peccato ». — Peccatum enim... (vers. 14). Saint Paul a exhorté les chrétiens de Rome à se séparer entièrement du péché. Il attend avec d'autant plus de confiance un bon l'ésultat de cette exhortation , que la loi , qui excite au péché , a . cessé d'exister pour eux , et qii'ils sont sous
l'influence puissante de la grâce, par laquelle on est fortifié dans le bien : non... sub lege, sed... — Non dominahiiur. Ce sera un roi détrôné, dépourvu de puissance.
2« Ceux qui ont été justifiés portent des fruits de sainteté. VI, 15-23.
C'est l'élément positif après l'élément négatif. De nouveau, une comparaison saisissante, empruntée à la vie des esclaves, contribuera à mettre la pensée en relief : autrefois esclave du
Minerve surveillant le travail des csclaveiL (Bas -relief de Capoue.)
péché, puis affranchi de ce joug honteux, le chrétien doit se faire l'esclave de la sainteté et produire des fruits abondants de vertu.
15-18. L'idée est d'abord présentée sous la forme d'un argument rigoureux. — Peccabimus...? L'apôtre repousse encore une fausse conséquence que l'on aurait pu tirer de ses paroles, mal interprétées. Comp. le vers. 1. — Quoniam non. . . , sed. . . Est - ce que n'être plus soumis à la loi mosaïque, et pécher, seraient deux expressions synonymes? Après avoir protesté résolument contre cette assertion par son Absit accoutumé en pareil cas, saint Paul la
/Tï
xTJr
Rom. VI, 16-21.
16. Nescitis qiionîam cui exhibetis vos servos ad obediendum, servi estis ejiis cui obeditis, sive peccati ad mortem, sive obeditionis ad justitiam?
17. Gratias autem Deo quod fuistis servi peccati, obedi&tis autem ex corde in eam formam doctrinse in quam traditi estis.