‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 450 sur 873 · LES ÉPITRES PASTORALES · texte numérisé non relu

LES ÉPITRES PASTORALES

remarque l'absence de divers termes familiers à l'apôtre des Gentils ^ Et non seulement le vocabulaire ne serait pas le même, mais la construction grammaticale olFrirait aussi des différences notables ^, sans parler du genre peu didactique, des pensées moins abondantes, des formules impératives, fréquentes ici ^ et rares ailleurs. — Sans nier l'existence de ces divergences, nous répondrons qu'elles ont été singulièrement exagérées et que, si on les prenait pour règle d'une manière absolue, on devrait contester l'authenticité de tous les écrits de saint Paul. En effet, « le même phénomène se présente dans toutes les épîtres; il n'y en a pas une seule qui ne renferme des mots qui ne reparaissent pas ailleurs "*. Quand on son,L;e combien peu de pages nous avons de l'apôtre Paul, sur combien d'années elles se répartissent, combien de sujets différents il y traite^, et combien il fait preuve de liberté, d'adresse, même de génie, dans le maniement d'une langue très riche par elle-même, et qu'il s'agissait maintenant de façonner pour le service d'un cercle d'idées toutes nouvelles, on serait en droit de s'étonner s'il y avait là une monotone uniformité , si son vocabulaire était moins riche ^. » Au lieu d'innover sous le rapport du style, un faussaire se serait appliqué à n'employer que le vocabulaire le- plus ordinaire de l'apôtre. D'ailleurs, comme on l'a dit très justement aussi, « les particularités du style sont contrebalancées par des ressemblances encore plus frappantes, et par des preuves (presque) infaillibles de la composition (de ces lettres) par saint Paul. »

On a objecté aussi les difficultés chronologiques et biographiques. Il serait impossible, prétendent divers critiques, de faire rentrer dans le cadre de la vie de saint Paul les détails personnels assez nombreux qui sont insérés çà et là dans les épîtres pastorales, et plus spécialement dans la seconde lettre à Timothée. — Oui, sans doute, si l'on veut s'obstiner, comme on l'a fait souvent, à vouloir placer ces détails, et surtout les voyages de l'auteur, dans le cadre historique des Actes des Apôtres. Toute tentative de ce genre échoue forcément. ]Mais les difficultés s'aplanissent si l'on suppose, d'après Phil. ii, 24, Philem. 22, Hebr, xiii, 23-24, et suivant une tradition aussi claire qu'ancienne '' que saint Paul recouvra sa liberté à Rome , qu'il voyagea soit en Espagne , comme il le désirait depuis longtemps ^, soit dans les différentes régions de l'Orient que mentionnent les épîtres à Timothée et à Tite^, soit qu'il subit une seconde captivité qui se termina pour lui par le martyre. Entre les années 63 et 67, il eut largement le temps d'exécuter les divers itinéraires marqués ici. Peu importe qu'il ne soit pas possible de déterminer avec certitude l'ordre de ces voyages, faute de renseignements suffisants : on a proposé plusieurs combinaisons qui sont parfaitement acceptables, et l'on n'a pas le droit d'exiger davantage ^^.

On a objecté encore la différence qui existerait sous le rapport doctrinal entre les Epîtres pastorales et celles que les critiques consentent à attribuer à saint Paul. Mais cette différence n'existe pas en réalité". En ce qui concerne Dieu le

* On signale èvepyetv, xau^/àcr6ai, Tispiaffoç, (jM \}.(X , etc.

- Peu de constructions brisées, peu d'obscurité provenant de la ricliesse des preuves, etc.

3 Cf-. I Tim. V, 7-8, 22-25; II Tim. m, 1, 5, 12, etc.

^ Par exemple , on en compte 94 dans l'épître aux Romains, 96 dans la seconde aux Cor., 50 dans celle aux Galates.

^' (Test particulièrement le cas dans les épîtres pastorales.

^ Cette excellente réponse îi l'objectlim est de M. Reuss, un des corj'phées de la critique rationaliste.

"^ Voyez rintrod. gén., p. 6-7, et le commentaire des épîtres aux Phil. et à Philémon.

8 Cf. Rom. XV, 28.

^ Cf. I Tim. I, 3; iv, 13; Il Tim. i, 18; IV, 13, 20; Tit. i, 5; m, 12.

^^ Voyez C. Fouard, Saint Paul, ses dernières années, Paris, 1897, p. 111 et ss. ; Conybeare et Howson, the Life and Epistles of St. Paul, Londres, 1875, p. 737 et ss. Plusieurs écrivains rationalistes admettent aussi le fait d'une double captivité de saint Paul à Rome.

" Citons de nouveau M. Reuss : « A l'égard de l'enseignement théologiqne, on ne trouve absolument rien dans ces trois épîtres qui soit

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