‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 452 sur 873 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Ce que demande le bien de l'Église< I, 1-111,16.

§ I. — Il faut combattre le bon combat contre les ennemis de l'Église. I, 1-20.

10 T,a salutation. I, 1-2.

Chap. I. — 1-2. Elle a un caractère assez solennel. Paul y prend d'abord son titre d'apôtre (lisez, d'après les meilleurs manuscrits grecs, « apostolus Christi Jesu , » au lieu de apostolus Jesu Christi), parce que c'est en vertu de son autorité apostolique qu'il va donner à Timothée d'importantes instructions. — Il signale ensuite, comme dans les épîtres aux Romains, aux Corinthiens, aux Galates, etc., la source suprême d'où lui venait son mandat : secundum imperium. . .

— L'éplthète salvatoris n'est pas appliquée à Dieu le Père dans les écrits antérieurs de saint Paul, mais seulement à Jésus - Christ. Pour la pensée, voyez I Cor. i, 21 ; II Cor. v, 18 ; Bph. ii, 8, etc. Nous retrouverons encore plus loin, et aussi dans l'épître à Tite, la formule « Dieu sauveur ».

— Jesu spei nostrse. Expression pleine de sens. C.-à-d. : Jésus, tout à la fols garant et objet de notre espérance. Cf. Coî. i, 27. C'est par lui que nous espérons être sauvés, et c'est lui que uous

espérons posséder un jour. — Timotheo. Voyez rintrod., p. 468 et 469. — Diiecto filio. Dans le grec : à (mon) vrai fils (yvYjcrtw Téxvw). Cf. Tit. I, 4. La nature de cette filiation est marquée par les mots in fide. Elle était toute spirituelle, et consistait en ce que Paul avait engendré Timothée à la foi. Comp. les expressions analogues : dans le Seigneur (I Cor. iv, 17), dans l'évangile ( I Thés, m , 2 ). — Gratta. . . et pax... Le pieux souhait placé en tête des épîtres de saint Paul ne se composait autrefois que de ces deux éléments ( cf. Rom. i , 7 ; I Cor. i , 3 ; II Cor. 1,2, etc.) ; dans les lettres pastorales , l'apôtre en ajoute un troisième, misericordia (k'Xeoî), pour relever le besoin que nous avons de la compassion divine. Cf. II Joan. 3.

2» Paul rappelle à son disciple une grave recommandation qu'il lui avait faite naguère.

3-4. Il lui avait confié la tâche de lutter contre une doctrine vaine et malfaisante. — Sicut rogavi... La phrase n'est pas achevée. Il faut sous-entendre à la fin du vers. 4 : De même je t'exhorte en ce moment ; ou bien : Agis ainsi. — Ut remaneres... Paul et Timothée étaient donc venus ensemble à Éphèse; obligé de repartir tout à coup , le maître demanda à son disciple d« rester en Asie, pour le but spécial qui

I Tjm. I, 4-5.

h Macédoine, de demeurer à Éphèse, afin d'enjoindre à certaines personnes de ne pas enseigner une autre doctrine,

4. et de ne pas s'appliquer à des fables et à des généalogies sans fin, qui favorisent bien plus les disputes que l'édifice de Dieu, lequel est basé sur la foi.

5. Car la fin du commandement, c'est la charité venant d'un cœur pur, d'une bonne conscience et d'une foi sincère ;

cum irem in Macedoniam, ut denuntiares quibusdam ne aliter docerent,

4. neque intenderent fabulis , et genealogiis interminatis, quse qusestiones praestant magis quam œditicationem Dei, quse est in fide.

5. Finis autem prsecepti est caritas de corde puro, et conscientia bona, et fide non ficta :

va être indiqué. — Ut denuntiares. Avec le sens de commander, ordonner. Le verbe napay- "^illdi revient jusqu'à sept fols dans cette épître. — Le pronom quibusdam (xtaiv) est assez dédaigneux : des gens que tu connais et que je ne veux pas désigner autrement. Comp. le vers. 6 ; v, 15 ; Gai. i, 7, etc. — Aliter docerent (iTepoôtSacxaXeîv est une des expressions qui caractérisent les épîtres pastorales). Il s'agit d'un enseignement différent de celui de l'évangile, de celui (le Paul, et faux par conséquent. Cf.

Gai. 1, 6. — Neque intenderent... (vers. 4). A l'enseignement en question étaient jointes des théories moins dangereuses en apparence , mais très fâcheuses aussi, comme le marquent deux détails expressifs. C'étaient, d'une part, des fables, des contes Inventés à plaisir (fabulis, (xu- 6oiç); d'autre part, des généalogies interminables (genealogiis...). Lesdites fables reçoivent dans l'ép. à Tlte , i , 14, l'éplthète de « judaïques ». Paul veut donc parler de « ces subtiles légendes rabblnlques, par lesquelles l'imagination cherchait à éjlairclr certains faits obscurs de l'histoire sacrée ». Le Talmud en est tout rempli. Les généalogies étaient , suivant les uns , celles des anges ; selon d'autres, celles des patriarches de la Genèse, complétées et allégorisées par les faux docteurs. Ce second sentiment ■ est le plus probable. — L'apôtre signale d'un mot les inconvénients de ces doctrines insensées -.quse... prœstant... — Quœstiones est à l'accusatif et dépend du verbe « praestant ». Ce substantif (ex^Y]Tr](Te:; , « exquisitiones, Inquisitiones ») désigne des recherches futiles et compliquées. — JEdiflcationem Dei. La Vulgate a suivi la leçon oîy.oôo!J.iav, qui est celle de presque tous les manuscrits grecs, du syriaque, de saint Irénée, etc. : l'Église y est comparée à un édifice tout divin (cf. I Cor. m, 9; Eph. iv, 12, etc.). La leçon primitive paraît être o'.xovojitav , d'après les plus anciens manuscrits. L' « économie de Dieu » serait, d'après quelques auteurs, l'activité déployée au service du Seigneur par ses ministres (cf. Col. i, 25 ; Tlt. i, 7). Cette expression désigne plutôt un système institué par Dieu, les dispositions prises par lui pour notre salut (cf. Eph. i, 10). S'occuper de fables et de généalogies sans fin ne favorisait évidemment guère le service de Dieu, ni la sanctifica-

tion des âmes. — Quœ. . . in ûde. Manière de dire que la foi est à la base de toute l'économie évangélique.

3° Les faux docteurs d'Éphèse ne comprennent ni la loi, ni l'évangile. I, 5-11.

5-7. Ils s'écartent entièrement du but de l'évangile. — Finis a ici la signification de but.

Fragment du temple de Diane , à Éphèse.

-^ Le substantif Tzy.pay^t\ici.c, (prœcepti) nous ramène au verbe TrapayYetXif)? du vers. 3 (Vulg. : « denuntiares »). Il désigne les ordres de Dieu, et spécialement la doctrine évangélique, par contraste avec les vaines quei-tions traitées par les docteurs hérétiques. — Caritas ( àyaTTY) ). C'est là un admirable résumé des résultats produits par l'enseignement chrétien : ils se rapportent tous à l'amour. — Trois traits indiquent ce que doit être cette charité. Il faut d'abord qu'elle provienne de corde puro, qu'elle soit sans alliage d'égoïsme et de recherche personnelle. Le cœur est mentionné en premier lieu, parce qH'il est l'organe proprement dit de l'affection. — Et conscientise... Autre source de cet amour sincère : une conscience en règle avec Dieu et avec le prochain, le sentiment intime de n'être coupable de rien à leur égard. — Fide non flcta (àvuTioxpiTo'j). Troisième source du véritable amour chrétien. La fol est un lien très fort, qui nous unit à Dieu et à nos frères. — A quibus... (vers. 6 ). Le pronom se rapporte à l'amour, et à ses trois conditions qui viennent

I TiM. I, 6-10.

6. a quibtts quidam aberrantes, conversi sunt in vaniloquium ,

7. volentes esse legis doctores, non intelligentes nequequse loquuntur, neque de quibus affirmant.

8. Scimus autem quia bona est lex , si quis ea légitime utatur,

9. sciens hoc, qnia lex justo non est posita, sed injustis et non subditis, impiis et peccatoribus, sceleratis et contaminatis, parricidis et matricidis, homicidis,

10. fornicariis, masculorura concubitoribus, plaginriis, mendacibus et perjm'is, et si quid aliud sanse doetrinse adversatur,

6. choses loin desquelles certaines personnes s'étant égarées, se sont tournées vers de vains discours,

7. voulant être docteurs de la loi, et ne comprenant ni ce qu'elles disent, ni ce qu'elles affirment.

8. Or, nous savons que la loi est bonne, si l'on en use selon l'esprit de la loi,

9. en reconnaissant que la loi n'a pas été établie pour le juste, mais pour les méchants et les rebelles, pour les impies et les pécheurs, pour les scélérats et les profanes, pour- les meurtriers de leur père et de leur mère, pour les homicides,

*10. les f ornicateurs , les infâmes, les voleurs d'hommes, les menteurs et les parjures, et s'il y a quelque autre chose qui s'oppose à la saine doctrine.

d'être énumérées. — Quidam, comme au verset i^, représente les faux docteurs. — Aberrantes. Le mot grec àaxoxvio-avTeç (littéral. : ayant manqué le but ) est un de ceux qu'on ne trouve que dans les épîtres pastoiales. Cf. vi, 21 et II Tlm. II, 18. — In vaniloquium. Un bavardage vain et creux, qui ne contenait ni vérité intellectuelle, ni vie morale : voilà à quoi aboutissaient ces séducteurs. Cf. Tit. i, 10. — Legis doctores (vers. 7). Docteurs de ]a loi juive, assurément, mais en mauvaise part ; docteurs d'une nouvelle espèce, qui, comme 11 a été insinué plus haut, corrompaient la loi par toutes sortes d'additions ridicules, et qui, ainsi qu'il va être ajouté, prétendaient associer la loi et l'évangile. — Non intelligentes. . . Critique très mordante de ces soi-disant docteurs. Qui dit docteur, dit savant; ici, nous avons des docteurs inintelligents et ignorants. Ils ne comprenaient pas même leurs propres paroles (neque quse...), et pas davantage les questions au sujet desquelles ils se permettaient les affirmations les plus hardies {neque de quibus...). Ces hommes prétentieux appartenaient, on le voit, au parti judaïsant ; ils se faisaient une fausse idée de la loi mosaïque, et ils voulaient la faire pénétrer dans les sphères chrétiennes, au grand détriment de rÉgli?-e et des âmes. C'est pour cela que l'apôtre va insister sur cette pensée.

8-11. La nature et la portée de la loi. — Scim,us autem... Ce « Nous savons », opposé à l'inintelligence des faux docteurs, a une force particulière. C'est une formule toute paullnienoe. Cf. Rom. m, 19 ; viii, 28, etc. — Bona est lex. *0 vôj;,o(;, la loi par excellence, la loi juive. Elle est belle moralement ( v.aXoç ) ; saint Paul fait volontiers cette concession h ses adversaires Cf. Rom. VII, 12, 14. « Au point de vue purement théorique et abstrait, la loi est une chose bonne et sainte, puisqu'elle émane de Dieu et. qu'elle a un but très salutaire )> ; mais il Importe qu'on ne la fasse pas sortir de la sphère ù, laquelle elle était destinée : si quia. . — Legi-

time (MO[Li\iu)(;) : d'une manière conforme à la loi elle-même, à sa nature et à sa fin. Paul veut donc dire : Laissez la loi juive aux Juifs ; ne l'imposez pas aux chrétiens. — Sciens hoc (vers. 9). Le participe retombe sur le pronom « quis » du vers. 8*". — Quia lex. . . non, . . En effet, la conduite des juster est régulière et correspond d'avance aux exigences de la loi ; ils n'ont donc pas besoin des Interdictions, ni des menaces de celle-ci. — Sed... Contraste. Un code de lois est absolument nécessaire là où l'homme se laisse entraîner par ses mauvais penchants. Suit une longue énumération de vices et de crimes, cités par manière d'exemples. Cf. Rom. i, 29 et ss. ; I Cor. vi, 9-10; II Tim. m, 1 et ss,, etc. Les six premières expressions sont générales ; la liste signale ensuite des cas particuliers. — Injustis. Dans le grec : àv6[xoiç, ceux qui sont sans loi ; c.-à-d,, qui ne tiennent pratiquement aucun compte de la loi. — Non subditis. C'est la même pensée. — Impiis : ceux en qui n'existe aucune crainte de Dieu. — Sceleratis : les hommes irréUgieux (àvocrtotç, non saints). — Contaminatis. D'après le grec, des profanes, pour qui il n'existe rien de sacré. — Parricidis et... Quatrième groupe : des criminels de la pire espèce. — Mascnlorum... (vers. 10). L'impudiclté contre nature. Cf. Rom. i , 27 ; I Cor. VI, 9. — Plagiariis. Le grec (àvSpa- Ttoôtatai;) désigne à la lettre des voleurs d'hommes. La loi mosaïque interdisait formellement ce crime, qui était fréquent chez les Grecs. On enlevait surtout les enfants, pour en faire des esclaves. Cf. Ex. xxi, 16 ; Deut. xxw, 7. — Mendacibus : le mensonge pur et simple. — Ferjuris : le mensonge aggravé par un faux serment. — Et si quid... Formule générale, pour clore rénumération. Elle est bien dans le genre de saint Paul. Cf. Rom. xiii, 9 ; Phil. iv, 8. — Sanœ doctrinse. Le substantif ôiSacrxaXta, doctrine, revient jusqu'à quinze fois dans les épîtres pastorales. L'épithète « saine » lui est plusieurs fois associée. Cf. II Tim. iv, 3;

T TiM. I, 11-15.

. 11. laquelle est conforme à l'évangile de la gloire du Dieu bienheureux , dont la dispensât ion nj'a été confiée.

12. Je rends grâces à celui qui m'a fortifié, au Christ Jésus Notre-Seigneur, de ce qu'il m'a jugé fidèle, en m'établissant dans le ministère,

13. moi qui auparavant étais un blasphémateur, un persécuteur et un oppresseur injurieux; mais j'ai obtenu miséricorde de Dieu, parce que j'ai agi par ignorance, dans l'incrédulité.

14. Et la grâce de Notre -Seigneur a été surabondante, en me remplissant de la foi et de la charité qui est en Jésus- Christ.

15. C'est une parole certaine et absolument digne d'être acceptée, que le Christ Jésus est venu en ce monde pour sauver les pécheurs, dont je suis le premier.

11. quse est secundum evangelium gloriîD beati Dei, quod creditum est mihi.

12. Gratias ago ei qui me confortavit, Christo Jesu Domino nostro, quia fidelem me existimavit, ponens in ministerio ,

13. qui prius blasphemus fui, et persécuter, et contumeliosus ; sed misericordiam Dei consecutus sum, quia ignorans feci in incredulitate.

14. Superabundavit autem gratia Domini nostri, cum fide et dilectione, quae est in Christo Jesu.

15. Fidelis sermo, et omni acceptione dignus, quod Christus Jésus venit in hune mundum peccatores salvos facere, quorum primus ego sum.

Tit. II, 1, etc. La saine doctrine est opposée aux enseignements morbides des faux docteurs. Cf. VI, 4; II Tim. ii, 17. — Qux est... (vers. 11). Selon la Vulgate , l'apôtre caractérise ici la saine doctrine : elle est secundum evangelium..., conforme à l'évangile, à la bonne nouvelle. Mais les deux mots « quse est » manquent dans le grec, de sorte que ce verset doit être rattaché aa participe « sciens » du vers. 7 : Sachant que la loi n'est pas faite pour lo juste, mais pour les pécheurs,... conformément à l'évangile et à ses principes. — Evangelium glorise... Dei. L'évangile est ainsi nommé parce qu'il manifeste d'une manière extraordinaire la gloire divine. Comp. II Cor. IV, 4 , où l'on trouve l'expression analogue : l'évangile de la gloire du Christ. — L'épithète beati représente le bonheur infini, absolu, dont le Seigneur jouit en lui-même, — Quod creditum... La mention de l'évangile amène saint Paul à dire un mot rapide du rôle qui lui avait été confié à son égard. Cf. Rom. m, 2; 1 Cor. IX, 17 ; Gai. ii, 7, etc.

4» Comment la grâce apportée par l'évangile s'est visiblement manifestée dans la personne de Paul. I, 12-17.

12-16. Le Christ a daigné faire de lui un apôtre, quoiqu'il eût été un violent persécuteur de l'Église. — Gratias ago. . . Cette action de grâces s'échappe tout ardente de son cœur, en souvenir de ce que Jésus-Christ avait fait pour lui, souvenir que lui rappelle le simple trait « quod creditum... mihi ». — Qui... confortavit. Paul ne' dit pas uniquement cela par rapport à sa conversion ou à ses soufifrances, mais au sujet de tout son ministère d'apôtre. — Quia fidelem... Motif direct de l'action de grâces. La fidélité est la qualité par excellence des serviteurs de l'évangile. Cf. I Cor. iv, 2. — Ponens in... C'est précisément en confiant à î'aul le miniaière apostolique que Dieu lui avait

témoigné de la confiance. — Qui prius... (verset 13). Cii'constance qui semblait rendre Saul abiOlument impropre à ce rôle sacré. — Blasphemus, persec'iitor, contumeliosus (ûêpiaTT^ç). Paul avait blasphémé le nom et la doctrine de Jésus, persécuté l'Église en paroles et en actes, violemment outragé les dirfciples du Christ. Cf. Act. vu, 58 et ss. ; viii, 1 et 3 ; ix, 1 et ss. ; xxir, 4; XXVI, 11 ; Gai. i, j.3. — Misericordiam... consecutus... Simplement et énergiquement dans le grec : YiXerjôvjv, j'ai été un objet de pitié. C'est dans le cœur de Dieu qu'il faut chercher l'explication du fait qui étonne l'apôtre. D'ailleurs, sa conduite, quoique inexcusable, était moins coupable qu'on pouvait le supposer d'après les apparences : quia ignorans... in... Il ne croyait pas que Jésus fût le Messie, et il n'avait pas péché contre sa conscience, contre la pleine lumière. C'était par suite d'un zèle fanatique pour la religion de ses pères qu'il avait persécuté l'Église. Cf. Gai. i, 14. — Superabundavit autem... (vers. 14). Locution, expressive : relativement à Saul, la grâce divine, quoique toujours si abondante, avait pour ainsi dire débordé par- dessus ses rives. — Cum fide et dilectione. Ces deux vertus théologales avaient inondé l'âme du persécuteur converti, en même temps que la grâce et la miséricorde du Christ. — Quse... in Christo... C.-à-d., la foi et l'amour dont Jésus- Christ est la source, et que possède quiconque lui demeure uni. — Fidelis sermo (vers. 15). L'adjectif est très accentué : Fidèle (c.-à-d. digne de foi, vraie) est la parole. Cette formule, employée cinq fois dans les épîtres pastorales (cf. m, 1 ; IV, 9 ; II Tim. ii, 11 ; Tit. ni, 8), sert habituellement d'introduction à quelque importante vérité. Comp. ii, 7 ; Rom. ix, 1, etc. Ici et IV, 9, elle est renforcée par les mots et omni acceptione...: digne d'être reçue par tous, en tous lieux, avec toutes sortes d'égards. — La

I TiM. I, 16-18.

16. Sed ideo misericordiam consecutus sum, ut in me primo ostenderet Christus Jésus omnem patieiitiam, ad informationem eorum qui credituii suiit illi , in vitam aeternam.

17. Régi autem saeculorum immorlali, invisibili, soli Deo, honor et gloria in sascula sseculorum. Amen.

18. Hoc preeceptum commendo tibi, fili Timothee, secundum praecedentes in te proplietias, ut milites in illis bonam militiam ,

16. Mais j'ai précisément obtenu miséricorde, afin que le Christ Jésus fît voir en moi le premier toute sa patience, pour que je servisse d'exemple à ceux qui croiront en lui , pour posséder la vie éternelle.

17. Au roi des siècles, immortel, invisible, seul Dieu, honneur et gloire dans les siècles des siècles! Amen.

18. Voilà la recommandation que je t'adresse, mon fils Timothee, conformément aux prophéties faites autrefois à ton sujet, afin que tu combattes, aidé par elles, le bon combat,

vérité en question, c'est quod Christus... venit... salvos. . . Ces mots résument toute la vie incarnée du Sauveur et le mystère entier de notre rédemption. — Peccatores..., quorum primus... L'expression est hyperbolique, assurément ; mais elle est bien conforme au langage des saints. Paul ne manque aucune occasion de s'humilier au souvenir de sa vie passée. Cf. Act. xxii, 4, 19 ; XXVI, 9, etc., et surtout I Cor. xv, 9 et Eph. m, 8. — Sed ideo... (vers. 16). Antithèse semblable à celle du vers. 13. L'idée de ses péchés ramène l'apôtre à celle de la miséricorde de Dieu envers lui. — Primo contraste avec « primus » du vers. 15. De même que Paul avait été un exemple saisissant des égarements d'un grand pécheur, de même Jésus avait voulu- le proposer comme un modèle , instructif entre tous, de ce que peut accomplir la bonté divine. — Omnetn patieutiam. L'adjectif est accentué. Il avait fallu toute la patience de Dieu pour supporter les crimes de Saul et pour les lui pardonner. — But de cette manifestation de la générosité divine : ad informationein (uTTOTUTto)- CTiv, ici seulement et II Tim. i, 13)... Saul, devenu Paul, est devenu pour tous un exemple des plus encourageants ; en pensant à lui , personne ne peut douter de son propre salut. — In vitam. seternam : pour posséder la vie éternelle. C'est le résultat qu'obtiendra la foi en Jésus -Christ (eorum qui credituri...).

17. Doxologie suggérée à l'apôtre par la vue des bontés de Dieu à son égard. — Eegi sseculorum. Cette expression équivaut à roi éternel. Cf. Tob. xxiii, 6, 10, dans le texte grec ; Ec -li. XXX VI, 19. — Immortali. A la lettre dans le grec : « incorruptibili »; qui ne peut ni changer, ni mourir. Cf. vi, 16 et Rom. i, 23. — Invisibili. Non seulement qu'on ne voit pas, mais qu'on ne peut pas voir. — Soli Deo. Au Dieu unique ; et non pas : à Dieu seul. — Honor et gloria. La combinaison de ces deux substantifs n'apparaît qu'ici dans les écrits de saint Paul. Voyez des doxologies analogues Rom. xi, 36 et XVI , 27 ; II Co*. Il , 14 et ix , 15 ; Eph. m , 20 ; Phil. IV, 20.

6«' Il faut combattre le bon combat. I, 18-20.

18-20. Être un fidèle soldat du Christ, et ne pas suivre l'exemple des faux docteurs. — Com-

mendo... D'après le grée : Je te confie comme un dépôt. — Fili (tÉxvov, mon enfant) Timothee. Apostrophe affectueuse et solennelle tout ensemble.— Secundum prsecedentes in te (sut as: sur toi, à ton sujet)... Ces mots font allusion, cela paraît évident , à des paroles prophétiques

Soldat sur une stèle d'Icouium.

qui avaient été prononcées en vertu d'une inspiration spéciale de l'Esprit -Saint au sujet de Timothee, avant son ordination sacerdotale. C'étaient, d'après le contexte, des paroles élogieuses pour lui, et annonçant qu'il serait un excellent ministre du Christ. Voyez iv, 14, où le présent passage est complété. — Ut milites... bonam. . . Cette métaphore est familière à saint Paul, « qui aime à comparer la carrière chrétienne en général, et plus particulièrement la carrière apostolique, à un service militaire. »

I TiM. I, 19 — II, 2.

19. conservant la foi et une bonne conscience ; quelques-uns, la rejetant au loin , ont fait naufrage par rapport à la foi.

20. De ce nombre sont Hyraénée et Alexandre, que j'ai livrés à Satan, pour qu'ils apprennent à ne plus blasphémer.

19. habens fidem, et bonam conscientiam, quam quidam repellentes ,. circa fidem naufragaverunt ;

20. ex quibus est Hymenseus et Alexander, quos tradidi Satanae, ut discant non blasphemare.

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