JE3 DEUX ALLIANCES. I, 1-IV
Les médiateurs de l'Ancien Testament étaient d'une part les anges, de l'autre Moïse : le Christ l'emporte sur eux tous.
§ I. — Le Christ est de beaucoup supérieur avx anges. I. 1-11. 18.
10 TJlYordp. snlftnnp.l. I, 1-3.
Chap. I. -rr:^]^.-j. Ces premières lignes, d'une él:0Tinante richesse, nous fournissent un résumé très clair et très énergique de toute l'épître, car elles opposent la révélation nouvelle, apportée aux hommes par Jésus - Christ , aux révéla- JtiQps antérieures, dont les prophètes de l'Ancien Testament avaient été les intermédiaires, et elles montrent que celle-là l'emporte incontestablement sur celles-ci. Les vers. 1-4 ne forment qu'une seule phrase, parfaitement rythmée et cadencée, admirée à bon droit sous le rapport du style. Dans les deux premiers, nous Voyons Dieu le Père, parlant successivement au monde par les prophètes et par son Fils ; le troisième expose la nature et l'œuvre du Fils. — Dans le contraste sommairement établi entre l'Ancien ft le Nouveau Testament, vers. 1-2, l'écrivain sacré signale trois détails principaux : les deuz alliances formant comme deux révéla-
tions distinctes, ces révélations diffèrent sous le rapport soit de la méthode, soit du temps , soit des agents. Sous l'Ancien Testament, porr ce qui est de la méthode, les enseignements et les . oracles célestes furent distribués multifariam ^ / (de « multum » et « fari ») multisq7ie modi sj^ f D'après le grec : TioXufjiep&ç xat TioÀurpÔTco);. r^ C.-à-d., d'un côté, par fragments nécessairement ^y incomplets, communiqués selon les besoins et aussi selon les capacités de ceux auxquels ils étaient de£'.,inés (« Dieu a levé le voile pli par pli » ; ses révélations étaient « cojume des éclairs qui illuminaient de temps en temps les ténèbres universelles ») ; de l'autre côté, sous des formes /^/ très variées (parfois des révélations proprement dites , des promesses , des menaces , etc.). Le contraste est frappant entre cette méthode compliquée et l'unité, la simplicité, la plénitude de la révélation évangélique. — En ce qui concerne le temps, les anciennes communications divines avaient eu lieu iiim, TtaXai : à l'époque de l'enfance et de l'adolescence de l'humanité, époque qui dura jusqu'à l'apparition du Messie. — Les messagers de Dieu furent alors les prophètes ( in prophetis ; avec l'article dans le grec, pour déterminer une catégorie de personnes connues de tous), groupe de personnages admirables par leur sainteté, mais qui n'étaient au fond que des hommes. Le mot prophète est employé dans le sens large, pour représenter tous ceux qui parlèrent au nom de Dieu sous l'ancienne Alliance, tels qu'Abraham (Gen. xx, 7), Moïse (Deut. xxxiv, 10), David (Act. ii, 30), etc. La locution èv, « ia », au lieu de 5ià|
Hebr. I, 2-3.
2. novissirae diebus istis locutus est nobis in Filio, quem constituit heredem univerborum , per quem fecit et saecula ;
3. qui cum sit splendor glorise, et figura substantiae ejus, portansque omnia
2. dans ces derniers temps, nous n parlé par le Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses, par lequel aussi il a fait les mondes ;
3. et qui, étant la splendeur de sa gloire, et l'empreinte de sa substance,
« per », est à remarquer ; T)lftii sVst adrpgst^ an plus intime du cœur des prophètes. — L'auteur de ces révélations, qlest le Seigneur lui-même (D3US lOQuens ; plutôt: ayant parlé, AaA-/icraç). — Ceux en faveur desquels elles avaient été faites, c'étaient les pères (^patribus) ; titre qui désigne ici d'une manière générale les ancêtres du peuple Juif. Cf. Joan. vu, 22; Rom. ix, 5, Otc. — Avec le vers. 2 nous passons aux révélations divines sous le Nouveau Testament. Il y a une opposition très marquée entre ce passage et celui qui précède. — Novissime diebus
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^i.xt^. Dans le grec : zn ea/atcav xœv ri^z-epcov TOTjTwv (Itala : « in novissimis diebus his »). Cette expression est celle par laquelle les Septante traduisent la célèbre formule hébraïque b"aharît hayyâmîm , qui désigne toujours l'époque du Messie, en tant qu'elle devait amener le dernier développement du royaume de Dieu sur la terre. Voyez G-en. xlix, 1 ; Is. ii, 2, et les notes. — Locvtus est nobis. C.-à-d., à la génération judéo-chrétienne d alors, dont l'auteur . et les destinataires de l'épître faisaient partie.
\^ — T"-^ Fi fin ( èv u'.ô) , sans article, le mot mo;, étant traité comme un nom propre). Cette fois, ce ne furent pas des hommes qui firent retentir les oracles divins, mais le Fils de Dieu luimême : aussi la révélation apportée par lui futelle parfaire sous le rapport du fond et de la forme, ^ par conséquent définitive. — Quem constituit... L'écrivain sacré détermine par deux traits importants la nature du Fils : l'envisageant dans ses relations avec le monde extérieur, il affirme qu'il est l'héritier et le créateur de toutes choses. Comp. Col. i, 15 et 16. — Hereclem. Un fils est tout natiuT-lleraent héritier ; les deux concepts sont donc corrélatifs. Évidemment c'est en tant qu'homme^ et non en ÇântT que Dieu, que Jésus -Christ a reçu cet héritageTrhc^odôret, etc.). — Universorvm est au neutre : tout pans exception, tout l'univers créé. — Per qupm (dans le grec : par qui aussi) feçit... Les créatures, que le Fils possède comme un héritage, sont venues à l'existence grâce à lui; il en est donc tout à la fois l'origine et le terme. Cf. Joan. i, 3, 10 ; I Cor. viir, 6 ; Col. i,
j^ 16, etc. — Sseçula (roùç alaivaç, les âges). C.-à-d., toutes les périodes du temps, avec ce qu'elles contiennent et manifestent ; les dlÊEérentes phases de l'existence du monde et de son développement. La locution « Il a fait les siècles » équivaut donc à celle-ci : Il a créé le monde. — Qvà çiim... Le vers. 3 décrit brièvement la nature et l'œuvre du Fils, ou, en d'autres termes, sa personnalité divine et son incarnation. — Cum sit... Note?, l'emploi du participe présent, tov, étant, qui marque ici une exis-
tence absolue, éternelle. Cf. Joan. i, 18 ; Col. i, 15, 17. — Pour décrire l'essence divine que possède le Fils, l'auteur de l'épître n'avait à sa disposition que des expressions et des métaphores humaines; mais les deux qu'il a choisies sont parfaitement appropriées à son but. En premier lieu, splendor gloriœ... ejus (c.-à-d., de Dieu), àTraùyaafxa ty^ç 56^"/](;..."aÙToO. Le substantif àTzoi.\)^a(7[iot. a en général le sens d'éclat , de splendeur ; mais II peut représenter soit le rayon même qui s'échappe directement de l'objet lumineux, eoit son reflet. C'est la première de ces deux significations que lui donnent à bon droit les exégètes, k la suite des Pères grecs. Comparez ce mot de TertuUien : « nie (Deus) tanquam sol, hic quasi radius a sole porrectus ». Éclat substantiel, mais distinct de la lumière qui le produit ; éclat éternel comme cetfe lumière même. On trouve au livre de la Sagesse, vu, 25-26, une expression semblable, appliquée à la sagesse Incréée. — Glorise... ejus. - La gloire ae uleu, cest la manifestation de ses attributs et de ses perfections, aussi pleinement que l'homme peut les comprendre. Les prophètes avaient prédit cette manifestation ( Is. XL, 5 ; xLVi, 13, etc.) ; le Christ l'a réalisée (cf. Joan. I, 14; xi, 40; Il Cor. iv, 4-6, etc.). — Figura ('/apàxT-<ip). L'ancienne version latine a « imago » ou a character » ; le syriaque, l'image. Le substantif YapàxTY|p ( de la racine '/gpàcraa), je grave) désigne tout d'abord l'instrument qui sert h graver, puis les traits gravés sur un sceau ou Imprimés en relief sur une monnaie , puis la reproduction de ce sceau ou de cette image, finalement les traits distinctifs ou caractéristiques d'une personne ou d'une
cliose; son expression, comme l'on dit, ce qui fàrC que nous la reconnaissons entre toutes. Le Christ est donc , « figura expressa substanti?e Patrls » (Origène). Comp. Col. i, 15, où saint Paul l'appelle l'Image ( elvccov ) du Dieu invisible. — .Substantiae est la traduction littérale de 'juoaxàcrefDÇ. A la lettre : ce qui se tient dessous, comme fondement et comme support; au sens dérivé, l'essence d'un être. Le Fils est donc l'expression de l'essence de Dieu, expression adéquate, absolue; d'où il suit qu'il eht Dieu lui-même et consubstantlel au Père. Aussi Jésus pouvait-il dire, Joan. xrv, 9 :« Quiconque me voit, voit le Père ». — Portansaue... De la nature du Fils, nous passons maintenant à son œuvre. Cette œuvre est double : il conserve tous les êtres et 11 a racheté les hommes. Le premier de ces actes n'est nullement passif de sa part ; « le Fils n'e«t pas un Atlas qui supporte la masse inerte du monde ». C'est une œuvre très active , car elle consiste à porterlei
CC^XZ
outes chosçrs par la parole ( v
et
de 8a yniissuuce, après avoir opéré la puritication des péchés, s'esl assis à la
iroite de la majesté, au plus haut des cieux ;
''* 4. devenu d'autant supérieur aux anges, qu'il a liérité d'un nom plus excellent que le leur.