‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 58 sur 873 · Qui accusera les élus de Dieu · texte numérisé non relu

Qui accusera les élus de Dieu

C'est Dieu qui justifie.

cavit; quos autem justificavit, illos et glorificavit.

31. Quid ergo dicemus ad heec? Si Deus pro nobis , quis contra nos ?

32. Qui etiam proprio Filio suo non pepercit, sed pro nobis omnibus tradidit illum, quomodo non etiam cum illo omnia nobis donavit?

33. Quis accusabit adversus electos Dei ? Deus qui justificat.

qui marque des faits déjà accouiplis dans le plan de Dieu. — Et justificavit : à la manière indiquée tout le long de cette épître, c.-à-d., par la foi en Jésus - Christ. — Et glorificavit. C'est le dernier degré : la glorification de l'âme et du corps des élus dans le ciel , « la mise en possession du salut sous sa forme parfaite et définitive ». Les cinq anneaux de cette chaîne d'or sont donc : l'élection, la prédestination, la vocation, la justification, la glorification. Saint Paul abrège ici et ne cite que « les jalons principaux de l'activité divine » dans l'œuvre de notre salut. S'il eût voulu être complet et exposer tous les éléments, soit divins , soit humains de cette ceuvi'e, il aurait aussi nommé la foi, entre la vocation et la justification, et la sanctification, entre la justification et la glorification. — Quid ergo...? La certitude de notre gloire éternelle apparaît aussi dans l'exécution même du décret relatif à notre salut, verset 31-38. Autre commentaire admirable du vers. 28. a Le chrétien n'a plus rien à craindre, mais tout à espérer; son salut est basé d'une manière inébranlable sur l'amour de Dieu et du Christ. »

La question : Que dirons nous donc? revient à celleci : Quelles conséquences tirerons-nous des détails qui précèdent ? — Si Deus pro nobis.

Les faits signalés dans les vers. 28-30 démontrent précii-ément de la façon la plus indubitable que Dieu est pour nous et avec nous. — Dans ces conditions, quels ennemis pourrions - nous craindre (quis contra...)? Notez la ferme assurance avec laquelle est proférée cette interrogation. — Qui etiam... (vers. 32). Saint Paul prouve, par un fait éclatant entre tous les autres, que Dieu est réellement avec les chrétiens pour les sauver : proprio Filio... Tous les mots sont accentués et relèvent l'amour extraordinaire de Dieu pour nous. Non seulement il nous a donné son Fils unique, ce qu'il avait de plus cher; mais il l'a livré pour nous à une mort ignominieuse et cruelle : tradidit illum. Comment. — ■ VIII.

Tout le reste est peu de chose à côté de cela, et Dieu nous le donnera comme par surcroit : quomodo non etiam...? — Donavit. Au lieu du prétérit, le grec a le futur. — Quis... (vers. 33). Le vers. 32 a développé les mots « Si Deus pro nobis » du vers. 3l«> ; celui-ci et le suivant commentent le trait a Quis contra nos ?» A la suite de saint Augustin, quelques interprètes lisent ici quatre questions au lieu de deux : Qui. accusera...? Est-ce Dieu qui justifie? Qui condamnera? Est-ce Jésus, qui est mort...? Ce serait une sorte d'argument « per absurdum ». D'autrea regardent les mots « Deus qui l.ustiflcat » et

J6su8 ea croix. ( D'après un évangéliaire syriaque.)

« Christus... qui mortuus est... » comme une double réponse aux deux questions « Quis accusabit...? » et « Quia est qui...? » Suivant Origène, saint Jean Chrys., Théodoret, etc., après la première question, l'apôtre établit un fait : C'est Dieu qui Justifie. Vient ensuite une seconde question : Qui est-ce qui condamnera? Puis Paul établit un autre fait (Jésus - Christ est mort...), suivi d'une troisième question : Qui nous séparera...? Ce dernier arrangement semble être le plus naturel; le sens reste d'ailleurs le même dans les trois cas. — Accusabit. Le grec èyxa- \é(Tei est un terme de barreau. — Deus qui justificat. Dieu justifie ses élus; ce n'est pas lui qui les accusera; ou bien, Bi quelque autre

Rom. VIII, 34-38.

34. Quis est qui condemnet ? Christus Jésus, qui mortuus est, immo qui et resurrexit , qui est ad dexteram Dei , qui etiam interpellât pro nobis.

• 35, Quis ergo nos separabit a caritate Christi? tribulatio? an angustia?

an famés? an nuditas? an periculum?

an persecutio? an gladius?

36. (Sicut scriptum est : Quia propter te mortiiicamur tota die, sestimati sumus sicut oves occisionis.)

37. Sed in his omnibus superamus propter eum qui dilexit nos.

. 38. Certus sum enira quia neque mors, neque vita, neque angeli, neque principatus, neque virtutes, neque instantia, neque f utura , neque f ortitudo ,

34. Qui les condamnera ? C'est le Christ Jésus qui est mort pour eux; bien plus, qui est ressuscité , qui est à la droite de Dieu, et qui intercède pour nous.

35. Qui donc nous séparera de l'amour du Christ? Sera-ce la tribulation, ou l'angoisse, ou la faim, ou la nudité, ou le péril , ou la persécution, ou le glaive ?

36. (Selon qu'il est écrit : A cause de vous , nous sommes mis à mort tout le jour ; on nous regarde comme des brebis destinées à la boucherie.)

37. Mais en tout cela nous demeurons victorieux, par celui qui nous a aimés.

38. Car je suis certain que ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les principautés, ni les puissances, ni les choses présentes, ni les choses à venir, ni la violence.

accusateui' se présentait, il perdrait certainement sa peine. Cf. Is. l, 8-9. — Qui condemnet (vers. 34). Il y a gradation dans l'idée : la condamnation après l'accusation. — Christus... qui... L'apôti'e énumère quatre actes du Sauveur, qui s'opposent tous énergiquement à ce que nous soj^ons condamnés par Jésus ou par son Père : il est mort pour nous éviter la damnation éternelle: il est ressuscité pour nous ouvrir le ciel ; il est assis à la droite de son Père, muni d'une toute - puissance divine; enfin il est notre souverain prêtre et intercède contiouelleraent pour nous. Comment donc nous condamnerait -il, ou nous laisserait - il condamner? Par conséquent, aucun pouvoir extérieur ne peut éloigner les vrais chrétiens du salut; s'il leur échappe, ils ne pourront s'en prendi'e qu'à eux-mêmes. — Quis ergo.,.? C'est ici, vers. 85-39, « le lyrisme de l'amour », Comp. I Cor. XIII, 1 et ss. — A caritate Christi. Les commentateurs ee partagent au sujet de cette expression, qui peut désigner l'amour de Notre- Seigneur Jésus -Christ pour nous, ou notre amour pour lui. La seconde interprétation nous paraît préférable, car l'énumération contenue au vers. 35 suppose des obstacles à notre amour pour le Sauveur. Au vers. 39, il n'y a pas de doute que les mots « caritate Dei » ne représentent l'amour de Dieu pour nous. — Tribulatio? an...? an...? L'apôtre signale quelques terribles épreuves qui pourraient mettre notre salut en péril. — Sicut scriptum est (vers. 36). La citation est empruntée au Ps. xltii, 23, et faite d'après les LXX. Ce cantique décrit les rudes tribulations que les Israélites avalent à souffrir pour leur fol, à une époque de grande oppression. — Mortiflcamur... C.-à-d., nous sommes tout le jour, constamment, en danger de mort. — Oves nccisionis : des brebis destinées à la boucherie. Cf. Zach.^xi, 4, etc. — Scd in his... (vers. 37). Réponse aux interrogations multiples du vers. 35. — Superamus. Le grec

u7r£pvtxâ)[X£v (à la lettre : Nous sommes vainqueurs par -dessus, c.-à-d., plus que vainqueurs. « supervincimtis », comme traduisent Tertullien et saint Cyprlen, dénote une parfaite victoire, un triomphe complet. — Propter eum... D'après le grec, il faudrait : « per eum qui..., » grâce à celui qui... La victoire ne doit pas être attribuée à nos propres forces; elle est due au secours que Jésus -Chiist nous accorde au milieu de la lutte. — Certus sum... (vers. 38). Saint Paul appuie sur sa propre expérience l'assertion qui précède. Il défie avec fierté toute puissance humaine ou surhumaine de lui enlever l'amour du Christ. — Neque..., neque... Autre énumération très éloquente. Ce ne sont pas seulement les souffrances et la mort qui sont Incapables de séparer le chrétien de son Dieu ; rien au monde ne saurait opérer cette séparation. — Mors, vita. Comp. la pensée analogue , xiv, 8 : Soit que nous vivions , soit que nous mourions, nous sommes au Seigneur, La mort, c'est le martyre, d'après le contexte. La vie aussi, avec ses jouissances, ses séductions, ses distractions, pourrait nous rendre infidèles à Jésus -Christ. — Angeli, principatus, virtutes. Trois catégories d'anges. Comp. I Cor. xv, 24; Eph. i, 21; Col. i, 16, etc., où saint Paul les mentionne avec d'autres encore. Les meilleurs manuscrits grecs ne nomment ici que les deux premières , qui désignent peut - être , par mode de contraste , les bons anges (ayyeXoi) et les mauvais (le mot àç>y^a.l a précisément ce sens aux deux passages Eph. vi, 12 et Col. ii, 15). — Instantia, futura. Formule très générale : les choses présentes et les choses futures, tout ce qui existe dans le temps. — Les vaoVtf^neque /ortitudo n'ont rien qui leur corresponde dans plusieurs témoins grecs. D'autres manuscrits les ont sous la forme ouxe ôuvà(xeis. au pluriel («ni les puissances »). S'ils sont authentiques, Ils représenteraient les pouvoirs civil.», qui étalent alors habituellement hostiles au chris-

Rom. VIII, 39 — IX, 3.

39. ni ce qu'il y a de plus élevé, ni ce qu'il y a de plus profond, ni aucune autre créature, ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu, manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur.

39. neque altitude, neque profundum, neque creatura alia poterit nos se^xirare a caritate Dei, qude est in Christo Jesu Domino nostro.

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