sachant que l'épreuve de votre foi produit la patience
4. Mais la patience doit être parfaite dans ses œuvres, afin que vous soyez parfaits et accomplis, ne laissant rien à désirer.
5. Si quelqu'un de vous manque de sagesse, qu'il la demande à Dieu, qui donne à tous libéralement et sans rien reprocher ; et elle lui sera donnée.
6. Mais qu'il demande avec foi, sans hésiter. Car celui qui hésite est semblable au flot de la mer, qui est agité et poussé de côté et d'autre par le vent.
7. Que cet homme -là ne s'imagine pas qu'il recevra quelque chose du Seigneur.
8. C'est un homme à l'esprit partagé, inconstant dans toutes ses voies.
Uté et sa solidité. — Patientiam. Le grec ùnop.o\-l\v dit plus, car il désigne une persévérance que rien ne peut ébranler. Cf. Matth. x , 22; XXIV, 13, etc. A la lettre, l'action de « demeurer » ferme « sous » l'adversité. — Patientia autem... (vers. 4). Au lieu de habet au temps présent, le grec a èx^to) à l'optatif : Que la patience ait...; c.-à-d. , qu'elle possède, qu'elle soit accompagnée de... — Par opus perfectum saint Jacques entend une activité qui développe la persévérance chrétienne, de manière à la rendre conforme au plan divin, idéalement parfaite. — Dt sitis... L'œuvre de la perse Férance des fidèles doit être parfaite, afin qu'ils le deviennent eux-mêmes entièrement. — Perfecti et integri. Deux adjectifs à peu près synonymes , pour renforcer la pensée. Une troisième épithète, in nullo déficientes, exprime encore la même idée en termes négatifs : quiconque supporte patiemment et courageusement la souffrance pour le Christ arrive bientôt par Ih même à la perfection chrétienne.
2° Il faut demander à Dieu la sagesse. I, 6-8.
5-8. Cette qualité est indispensable au chrétien. — Si quis... indiget. 'Ei:x faisant cette hypothèse, l'auteur suppose que la sagesse est une condition ea^^entielle de la persévérance malgré l'adversité. En fait, elle doit être pour ainsi dire la foi'ce motrice de toute la vie chrétienne. Comp. III, 13 et ss. — Postulet... La prière est notre grande ressource dans nos divers cas d'Indigence spirituelle ou temporelle. — Qui dot. L'emploi du temps présent met en relief la pensée qu'il est dans la nature de Dieu de donner sans se lasser. Aussi serait-il contraire au sens de sous -entendre « sapientiam » api es « dat » .-l'objet du verbe demeure indéterminé, pour mieux montrer que Dieu nous donne tout ce qui nous est nécessaire. — Affluenter. L'adverho grec à7rXâ)ç signifie à la lettre : simplement; c.-à-d., sans réseive, sans arrière-
pensée ; ce qui sert de transition au sens adopté par la Vulgate : richement, abondamment. — Cet adverbe est développé par les mots et non improperat : Dieu ne faic aucun reproche ii ceux qui lui présentent des suppliques. QuaMtô bien rare chez les hommes. Cf. Eccli. xx, 15 ; XLi, 28. — Dabitiir ei. Heureux résultat obtenu par la prière. Tout ce verset est comme un éolio d'une promesse faite par Notre-Seigneur Jésus- Christ. Cf. Matth. vil, 7; Luc. xi, 9. — Comme le divin Maître, saint Jacques exige de la part des suppliants une confiance entière dans la toute-puissance et la bonté de Dieu : postulet... in file (ve^-s. 6). Cf. Matth. xvii, 18 ; xxi, 20 et ss. ; Marc, xi, 23, etc. — Nihil hœsitans. Autre écho de l'enseignement du Sauveur. Cf. Matth. XXI, 21. Le grec serait peut-être mieux traduit par « nihil dubitans ». On ne prie pas avec une foi parfaite, lorsque le doute se mêJe plus ou moins à la demande. — Qui... hœsitat... Petit portrait intéressant de l'àmc qui s'abandonne à la défiance dans ses prières. Elle ressemble aux vagues d'une mer agitée, qui sont par momeîits soulevées en haut et qui s'abîment ensuite dans Its ■profondeurs: similis... fluctui... Saint Jacques avait eu ce spectacle sur le lac de Génésareth. Cf. Matth. viii, 24 ; Joan. vi, 18. — Non ergo œstimet. . . ( vers. 7 ). Si quelqu'un permettait au doute de pénétrer dans sa prière et espérait être exaucé de Dieu , il serait dans une grande illusion. — Aliquid. C.-ù-d., quelqu'une des choses demandées. — Au vers. 8, l'auteur continuf^ de caractériser ceux qui doutent et se défient de Dieu. Par vir duplex animo (à^'r^p 6i^v'/0Z, l'homme à deux âmes), il ne désigne donc pas ceux qui pratiquent la fraude, mais ceux qui, dans leurs prières, sont pour ainsi dire agités entre deux opinions. — Le verbe est manque dans le texte original. Suivant ce qui nous paraît être la meilleure interprétation, les mots « vir duplex... » ne sont (ioao pas un sujet, pas plus que les mots inconstauB...
Jac. I, 9-12.
9. Que le frère de condition humble se glorifie de son élévation ;
10. et le riche, au contraire, de son abaissement, parce qu'il passera comme la fleur de l'herbe.
11. Car le soleil s'est levé brûlant, et il a desséché l'herbe, et sa fleur est tombée, et la grâce de son aspect a disparu ; ainsi le riche se flétrira dans ses voies.