‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 645 sur 873 · Addixistis et occidistis justum, et non restitit vobis · texte numérisé non relu

Addixistis et occidistis justum, et non restitit vobis

7. Patientes igitur estote, fratres, usque ad adventum. Domini. Ecce agricola expectat pretiosum fructum terrse,

dra donc tour à tour les liches-es et leurd poseeeseurs. — Folie de la conduite de ces misérables avares : thesaurizastis... Ils croyaient avoir entassé, pour en jouir, de précieux trésors; en réalité, c'est la colère de Dieu qu'ils ont accumulée contre eux, pour les derniers jours. Le texte grec a une leçon légèrement différente, car il dit seulement : Vous avez thésaurisé dans les derniers jours; c.-à-d., au moment où vous allez être atteints par le jugement divin et où il y aurait tout autre chose à faire.

4-6. Moyens injustes par lesquels ces richesses avaient été acquises, et usage profane qu'en avalent fait leurs propriétaires. — Merces operariorum... Ces riches avaient fraudé de leur salaire de pauvres journaliers qui avaient travaillé pour eux à la sueur de leur front. Voyez, en sens contraire, Deut. xxiv, 4-15; Tob, iv, 14, etc. — Clamât. Personnification tiès vivante, qui relève l'énormité du crime. La même expression est employée dans l'Ancien Testament au sujet du fratricide de Caïn (Gen. iv, 10), du péché des habitants de Sodome (Gen. xviii, 20) et des tourments endurés en Egypte par les Hébreux (Ex. ii, 23). Voyez aussi Job, xxxt, 38. — Clamor eorum (d'après le grec : le cri des moissonneurs)... Ce cri monte vers Dieu pour implorer sa justice vengeresse. — Sur l'expression in aures... introivit, voyez Ps. xvir, 7; Ps. V, 9, etc. — Domini salaoth (xupto'j caêatoO). Juxtaposition extraordinaire d'un nom grec et d'un nom hébreu. La formule équivaut à Y'hoiiah §'bâ'ôt, titre par lequel les Israélites désignaient leur Dieu, en tant qu'il est le Seigneur des armées célestes (des astres), l'Être tout - puissant. Comp. Rom. ix, 29, où saint Paul l'emploie Identiquement comme saint Jacques. — Epulati estis... (vers. 5). Usage honteux et égoïste que ces riches faisaient de leurs biens mal acquis. Les deux verbes grecs ÈTpuçTjaaxe (vous avez vc'cu dans les délices) et e(Tu-/7a).r)(TaTe (vous vous êtes livrés au plaisir) sont très énergiques. La Vulgate ne rend le second que par les mots in luxuriis. — Enutristis corda... Manière de dire que ces

mauvais riches ne pensaient qu'à satisfaire leur sensualité grossière et insatiable. — In die occisionis. Expression d'une grande vigueur ; elle paraît empruntée au prophète Jérémie (xii, 3 et xxv, 34), qui représente le jour du jugement divin sous la figure d'un grand carnage.

— Addixistis et... (vers. 6). Autre forfait de ces grands coupables : ils avalent persécuté (■ans pitié les justes. Le verbe xaTeôixàaaTe se dit de juges qui portent une sentence de condamnation. Occidistis marque le châtiment Infligé par cette sentence; mais nous pensons, comme à propos de iv, 2, qu'il faut pren*e ces deux expressions dans un sens large, pour désigner la persécution violente. — Le mot jw^tum ne représente pas Notre- Seigneur Jésus- Christ, comme l'ont pensé sans motif quelques commentateurs, mais les justes en général, auxquels les riches s'attaquaient de préférence. — Le trait final et non restitit... (au temps présent dans le grec : et il ne vous résiste pas) relève la malice des oppresseurs, qui s'en prônaient à des hommes sans défense.

2« Paroles de consolation et de réconfort pour les affligés. V, 7-11.

7 - 9. L'apôtre les invite à pratiquer une courageuse patience. — La particule igitur rattache cet alinéa au précédent. Saint Jacques s'adresse maintenant aux chrétiens opprimés pai les mauvais riches , et il les exhorte à supporter leurs épreuves avec patience, puisque, en fin de compte, c'est à eux qu'est réservée la récompense finale. — Usque ad adventum. Dans le grec : Jusqu'à la présence (Trapoucrta). Cf. Matth. XXIV, 37; II Thess. ii, 1; I Joan. II, 28, etc. L'expression est en quelque sorte technique pour désigner le second avènement de Jésus -Christ. A cette époque, chacun sera traité selon ses œuvres. — Ecce agricola... L'exhortation est confirmée par une excellente comparaison, empruntée aux mœurs agricoles. Cf. Eccli. VI, 19; Marc, iv, 26-27. — L'épithète pretiosum contient un motif d'attente patiente.

— Temporaneiim et serotinum. C.-à-d., la pluie (quelques manuscrits insèrent précisément le mot ûexdv, a pluviam ») d'automne et

Jac. V, 8-11.

patienter ferens donec accipiat temporaneum et serotinum.

8. Patientes igitur estote et vos, et confirmate corda vestra, quoniam aHventus Domini appropinquavit.

9. Nolite ingemiscere, fratres, in altcriitrum, ut non judicemini. Ecce judex ante januam assistit.

10. Exemplum accipite, fratres, exitus maii, laboris et patientiae, prophetas , qui locuti sunt in nomine Domini.

11. Ecce beatificamus eos qui sustinuerunt. Sufferentiam Job audistis, et finem

terre, prenant patience jusqu'à ce qu'il ait reçu les pluies de la première et de la dernière saison.

8. Soyez donc patients, vous aussi, et affermissez vos cœurs, car l'avèiiement du Seigneur est proche.

9. Ne vous plaignez pas les uns des autres, frères, afin que vous ne soyez pas jugés. Voici, le juge est à la porte.

10. Prenez, frères, pour modèle de souffrance et de patience dans les afflictions les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur.

11. Voici, nous appelons heureux ceux qui ont tenu bon. Vous avez

celle du printemps. Voy. Deut. ii, 14; Jer, v, 24; Jcel, ii, 23; Zach. X, 1, etc. La première tombe après les semailles et facilite la germination du grain ; la seconde accélère la maturité des épis. — Application de la comparaison : Patuntes... et vos (vers. 8). — Confrmate corda... En effet, la patience dépend en grande partie de la force du cœur. — Quoniam adventus (Tcapoucru),.. Cet avènement sera soudain ; son souvenir ne peut qu'inspirer la patience aux justes opprimés, puisqu'il leur apportera une complète délivrance. Notons en passant qu'en mentionnant Ici la proximité de l'avènement du Christ ( appropinquavit), saint Jacques n'a pas plus songé que saint Pierre (I Petr. iv, 7) et que saint Paul (II Thess. ii, 2, etc.) à en détei-miner l'époque précise. Il ne parle point d'une proximité qui puisse être exactement fixée, mais d'une approche perpétuelle de ce grand jour, envisagée plutôt sous le rapport de la préparation morale qu'elle nécessite, que sous celui d'une date chronologique. — Nolite ingemiscere... (vers. 9). Cette exhortation complète celle qui précède. Sous le coup de la souffrance, on risque non seulement de s'impatienter, mais de murmurer contre le prochain, car on devient alors aisément impressionnable. Dans ce cas , on s'exposerait à la sévérité des jugements divins iut non...). — La proposition judex... assistit est synonyme des mots « adventus... appropinquavit ». — Ad^ jamiam : h la porte, tout prêt à entrer. Cf. Matth. xxiv, 33, etc.

10 - 11. Beaux exemples de patience sous l'Ancien Testament. — D'abord celui des prophètes, vers 10-11»: Exemplum... prophelas. La plupart de ces saints personnages avaient eu beaucoup à souffrir de leurs concitoyens (notamment Moïse, Élie, Amos, Isaïe, Jérémie), et Us avaient supporté leurs maux avec une grande patience. — Les mots exitus mali n'ont rien qui les représente dans le grec ; ils manquent aussi dans presque tous les manuscrits de la Vulgate. — Laboris : xaxo7ra6etaç, le support des maux, la souffrance. — Le trait qui locuti... Pn nomine... fait rcpsoi'tir la ornn- 4eur du rôle <îe3 prophètes et le dioi^ liuils

avaient d'être respectés de tous. — Ecce beatiflcamua... (vers. 11). La Vulgate a suivi la leçon Toùç uuo|j.£[vavTaç, eos qui sustinuerunt. Plusieurs des saints de l'Ancien Testament ont été indignement tiaités ; mais ils ont supporté patiemment les outrages, et maintenant nous les félicitons d'avoir souffert, à cause de leur grande récompense. D'après un autre texte, on lit : xoùç UTrofiévoviaç, au participe pi'ésent, ceux qui supportent. Dans ce cas, la phrase est une maxime générale (cf. Matth. y, 10), à laquelle l'exemple de Job sert de démonstration. — Sufferentiam Job... Mo lèle justement célèbre, déjà cité par l'auteur du livre de Tobie, ii. 12-15, et p,ar Ézéchiel . xiv 14 et 20.

'(^iiiiiiia^iiii^l.ai!!iii!^iiiiMa

Job et ses amis. (Sculptuî-e aiiliiiue.)

— Les mots finem Domini se rapportent encore à l'histoire de Job, et désignent l'heureuse destinée réservée dès ici-bas par Dieu à ce saint homme, en récompense de sa courageuse patience. Voyez Job, XLii, 10 et ss. Saint Augustin, le Vénérable Belle et d'antres à leur suite ont pensé qu'ils toai allusion à la mort du Sauveur; mai»

Jac. V, 12-15.

entendu parler de la patience de Job, er vous avez vu la fin que le Seigneur lui a accordée ; car le Seigneur est miséncordieux et compatissant.

12. Mais avant tout, mes frères, ne jurez ni par le ciel, ni par la terre, ni par tout autre genre de serment. Dites seulement : Oui, oui; Non, non; afin que vous ne tombiez pas sous le jugement.

13. Quelqu'un parmi vous est -il dans la tristesse? Qu'il prie. Est -il dans la joie? Qu'il chante des cantiques.

14. Quelqu'un parmi vous est -il malade? Qu'il appelle les prêtres de l'église, et qu'ils prient sur lui, l'oignant d'huile au nom du Seigneur.

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