lorsqu'ils verront votre conduite chaste et respectueuse
3. Qne leur parure ne soit pas celle du dehors, la frisure des cheveux, les ornements d'or, ou les habits qu'on revêt ;
4° Devoirs mutuels des époux chféLiens. HT, 1-7.
Ce même sujet est traité à plusieure reprises par saiut Paul. Cf. Eph. v, 22-23 ; Col. m, 18-19 ; Tit. II, 4-5, etc.
Chap. III. — 1-6. Obligations des femmes envers leurs maris. — Similiter: de même que les esclaves. Cf. ii, 18. — Subditae sint. C'est là leur principal devoir. Cf. Eph. vi, 22 tt Tit. n, 5. — Un motif excellent de cette soumission : ut... si qui... L'auteur suppose que quelquesunes des épouses chrétiennes auxquelles il s'adresse avaient des maris encore païens, qui
conversationem. Cela est évident d'après le grec (xrjV èv çoêo)... àvaaTpocp-rjv) : Votre chaste conduite associée à la crainte (une crainte respectueuse à l'égard du mari; cf. Eph. v, 33). — Quarum non sit... (vers. 3). Corap. I Tim. n, 9-13, où saint Paul parle aussi avec sévérité du trop grand soin de la chevelure et de l'abus des bijoux ch^z les femmes. Il existe une forte antithèse entre les vers. 3 et 4 : le premier décrit ce que les femmes chrétiennes doivent éviter; le second, ce qu'elles doivent pratiquer. — Dana le grec, au vei's. 3, le substantif x6(TtJ.oç, orae-
La chevelure f emiQine. ( D'après les monuments grecs.)
n'avaient pas accepté la parole évangélique (non credunt...). Or, ceux-ci pouvaient être gagnés au christianisme {lucrifiant), sans autre prédication que la c<mduite toute sainte et obéissante de leurs fem-'ics (per... conversationem...). CL I Cor. VII, 13-14. Voyez aussisaint Aug., Cow/.,ix,9. — Sine verbo.Jèans un mot, sans qu il soit besoin que la femme presse son mari de se convertir. Moins bien, selon d'autres : sans le secours de •,a prédication officielle. — Considérantes... (vers. 2). A l'aoriste dans le grec : ayant attentivement regardé. Les mots in timoré ne dé- -)endent pas de ce verbe, mais du sul> tantif
ment (Vulg., cultus), est seul au nominatif. Tous les autres sont au génitif et dépendent de lui ; ce qui rend la pensée beancoup plus claire. A l'a lettre : Desquelles soit, non l'ornement extérieur des cheveux tressés, et de l'entourage (de bijoux) d'or, ou du revêtement de lobes, mais... — Capillatura. Le texte grec ne mentionne pas seulement les cheveux, mais aussi les tresses (eixttXoxti; tptyoiv), qui étaient alors très à la mode chez les arecs et chez les Latins. Voyesi Ovide, de Arte am., m. 336 et ss.; Ch. Dezohry, Rome au siècle d' AuouHe, Paris. 1870, 3e é^\%., t. IV, p. 1-16: Daremberg et Saglio,
I Petr. III, 4-7.
4. mais celle qui convient à l'homme caché du cœur, par la pureté incorruptible d'un esprit doux et modeste, qui est d'un grand prix devant Dieu.
5. Car c'est ainsi qu'autrefois les saintes femmes qui espéraient en Dieu se paraient, soumises à leurs maris :
6. telle Sara , qui obéissait à Abraham, l'appelant son seigneur ; Sara dont vous êtes devenues les filles, en faisant ce qui est bien et sans vous laisser troubler par aucune crainte.
7. Vous de même, maris, montrez de la sagesse dans vos relations avec vos femmes, comme avec un sexe plus faible, les traitant avec honneur puisqu'elles sont, aussi bien que vous, héritières de la grâce de la vie, afin que vos prières ne soient point empêchées.
4. sed qui absconditus est cordis homo, in incorruptibilitate quieti et modesti spiritus, qui est in conspectu Dei locuples.
5. Sic enim aliquando et sanctse mulieres, sperantes in Deo, ornabant se, subjectse propriis viris :
6. sicut Sara obediebat Abrahse, dominum eum vocans ; cujus estis filiae benef acientes , et non pertimentes ullam perturbationem.
7. Viri, simili ter cohabitantes secundum scientiam, quasi infirmiori vasculo muliebri impartient.es honorem, tanquam et coheredibus gratise vitse, ut non impediantur orationes vestrse.
Dict. des Avtiq. grecq. et rom., au mot « Coma •>. — Circumdatio. L'expression est bien choisie, car les femmes portaient alors, comme aujourd'hui, des ornements d'or autour de la tête, du cou, des bras et des doigts. Voyez Tertullien, de Cuit, femin., i, 2 et ii, 10. — Sed... (vers. 4).
Ornement d'or. (D'après les monuments grecs.)
Saint Pierre « va dire où se trouve le charme qui convient à la femme chrétienne. » — Qui absconditus... L'expression est remarquable : l'homme caché du cœur: c.-à-d., l'être intime, l'être moral, Comp. Rom. vri. 22 ; II Cor. iv, 16 ; Eph. III, 16, où saint Paul distingue aussi entre l'homme extérieur et l'homme intérieur. — L'auteur qualifie en quelques mets cet homme caché. Il consiste in incorruptibilitate... D'après le grec : « in incorriipto... » ; dans l'ornement incorruptible (par conséquent, surnaturel et céleste) d'un esprit (d'une disposition, d'une nature) paisible et suave. — La disposition dont il s'agit est d'un grand prix aux yeux de Dieu : in conspectu.. locaples. Tel est donc l'ornement idéal que doivent rechercher les épouses chrétiennes , sûres de plaire ainsi à Dieu et à leurs maris. -- Sic enim... (vers. 5). Selon sa coutume, le prince des apôtres va chercher dans l'Ancien Testament des exemples à l'appui de sa thèse. — Sperantes in Dco. Mieux : « in Deum ». La confiance aux promesses divines formait un élément essentiel de la piété des saintes Israélites.
— Ornabant se. Elks ornaient leurs âmes à la manière qu'a indiquée le vers. 4 (« sic »). — En même temps, elles vivaient dans un esprit de soumission perpétuelle à leurs maris : subjectx...
— Parmi les pieuses femmes de l'Ancien Testament, l'apôlre en choisit une des plus célèbres, pour la citer comme un modèle spécial : Sicut Sara... (vers. 6). — Obediebat... Les rabbins aussi mentionnent Sara comme un exemple de parfaite obéissance envers son mari. — Dominum... vocans. Allusion au fait raconté Gen. xviii, 12. — Cujus eslis... Dans le grec : dont vous êtes devenues les enfants. De même qu'Abraham est le père des croyants, Sara peut aussi être regardée comme la mère des chrétiennes.
— Non pertimentes... Heureuse conséquence de cette imitation, empruntée au livre des Prov., m . 25, d'après les LXX. L'épouse chrétienne ne redoute aucune alarme pénible au sujet de son mari, de ses enfants, de ses biens, etc.. car elle envisage l'avenir en toute confiance, s'appuyant sur Dieu.
7. Obligations des maris. Saint Pierre glisse plus rapidement sur ce point. — Cohabitantes : habitant sous le même toit. Ce mot résume tout l'ensemble de la vie commune des époux. — Securidum scientiam. G.h,-d., comme des hommes intelligents et sage.*. — Infirmiori vasculo... Métaphore élégante. L'homme et la femme sont deux précieux ustensiles de la maison de Dieu ; mais le premier est pfus robuste et le second plus faible. C'est précisément pour cela que ce dernier doit être plus honoré : impariientes honorem. Ainsi donc, « que la faiblesse n'amène pas le mépris; que la faiblesse même devienne un titre au respect. ^> — Tanquam et coheredibus... Raison spéciale de ce respect : le mari ne doit pas oublier que, si elle est son inférieure de par la nature et de par la loi, elle est son égale, et peut-être même sa supérieure, aux yeux de Dieu. En effet, elle participe à la même foi, aux mêmes grâces, et elle a droit au même héritage. — Gratise vitse : la grâce de la vi©
I Petr. m, 8-12.
8. In fine autcra, omnes unanimes, coinpatientes, fraternitatis amatores, miséricordes, modesti, hurailes ;
9. non reddentes malum pro raalo, nec maledictum pro maledicto, sed e contrario benedicentes, quia in hoc vocati estis, ut benedictionem hereditate possideatis.
10. Qui enim vult vitam diligere, et dies videra bonos, coerceat linguam suam a malo, et labia ejus ne loquantur dolum ;
11. declinet a mulo, et faciat bonum ; inquirat pacem, et sequatur eam :
12. quia oculi Domini super justos, et aures ejus in preces eorum ; vultus autem Domini super facicntes mala.
8. Enfin, soyez d'un même senlîment, vous aimant comme des frères, compatissants, miséricordieux, doux et humbles.
9. Ne rendez pas Je mal pour le mal, ni l'injure pour l'injure ; mais au contraire, bénissez, car c'est à cela que vous avez été appelés, afin de recevoir en héritage la bénédiction.
10. Si quelqu'un, en effet, veut aimer la vie et voir des jours heureux, qu'il préserve sa langue du mal, et que ses lèvres ne profèrent pas le mensonge ;
11. qu'il se détourne du mal et qu'il fasse le bien ; qu'il cherche la paix, et qu'il la poursuive;
12. car les j^eux du Seigneur sont sur les justes, et ses oreilles écoutent leurs prières; mais la face du Seigneur est contre ceux qui font le mal.
éternelle. — Ut non imieiUmitur... Le pronom vestrse rotombj sans doute à la foH sur le mari et sur la femme. Si les deux époux ne se conduisaient pas comme il convient à l'égard l'un de l'autre , les prières qu'ils font à Dieu pour le bonheur de leur vie conjugale « seraient empêchées », demeureraient sans fruit.
§ II. — Eu ho ri allons générales, qui s'adressent à tous les fidèles sans distinction. III, 8-1 V, 6.
10 Charité, patience et paix avec tous. III, 8-12.
8-12. Sommaire des devoirs du chrétien à l'.gard du prochain. — In fine autem. Cette formule sert ici de transition à des recommandations d'un caractère général. — L'adjectif unanimes (o[xôcppove: : pas ailleurs dans le Nouveau Testament) marque l'identité des pensées et des dispositions , l'entente parfaite (cf. II Cor. XIII, 11; l'hil. 11,2); compatientes (cru(jL7ia6£tç), l'identité des sentiments et des affections (cf. Rom. XII, 15). — Fraternitatis aotatores. Il n'y a qu'un mot dans le grec : cptXàôeXçpoi, aimant les frères. Comp. i, 22, où nous avons trouvé le substantif (pcXaosXcta. — miséricordes est une bonne traduction de euo-TiXay- ^vot (ici seulement et Eph. iv, 32). D'après la Blgniflcation classique de ce mot : ayant du courage ; d'après l'usage biblique : ayant de la pitié. — Modesti, humiles. Les meilleurs manuscrits grecs n'ont qu'un seul adjectif : Ta7retv6ppove:, ayant d'humbles sentiments. — Non reddenie."... (vers. 9). Conduite que doivent tenir les chrétiens à l'égard de leurs ennemis. Saint Paul adresse la même exhortation aux Romains , presque dans les mêmes termes (Rom. xii, 17 ; Toyez aussi I Thess. v, 15). — Non maledictum pro... Cf. Il, 23. Les mots qui précèdent interdisaient les représailles en action ; ceux-ci prohibent le talion en paroles. Dans le grec : injure pour injure. — <Sed e contrario... C'est un écho
de la doctrine du Maître. Voyez Matth. v, 38 et ss. — Quia in hoc... Comme plus haut, ii, 21. — La recommandation est motivée : ut benedictionem... Bénissez, a9n de mériter d'être vous-mêmes bénis de Dieu en ce monde et dans l'autre. — Qui enim... (vers. 10). Raison pour laquelle les chrétiens doivent pratiquer les vertus qu'ont énumérées les vers. 8 et 9. Elle est tirée du Ps. xxxui, vers. 13-17, passage que saint Pierre cite presque littéralement d'apiès les LXX, Jusqu'à la fin du vers. 12. La principale divergence se trouve dans les premiers mot>4 de la citaiion, où on lit, suivant la traduction d'Alexandrie : « Quel est l'homme qui désire la vie, qui aime à voir des jours heureux? » Question à laquelle répondent les propositions qui suivent. — Vitam diligere: se réjouir pleinement de la vie. Dans le psaume, il s'agit de la vie présente, rendue heureuse par la pratique de la vertu; dans l'épître, vraisemblablement de la vie future, avec son bonheur sans fin. — Coerceat labia... Première condition exigée pour obtenir des Jours heureux. — Declinet... et faciat... (vers. 11). Seconde condition, exprimée successivement en termes négatifs et en termes positifs. — Inquirat..., sequatur... Troisième condition. Il y a gradation dans la pensée : chercher et poursuivre. Pacem : la paix avec le prochain. — Quia oculi... (vers. 12). L'apôtre indique le motif pour lequel celui qui désire être heureux ici -bas doit vivre saintement: Dieu voit tout, 11 sait tout, et II traite chacun selon ses œuvres. VuHus : son visage Irrité.
2" Demeurer fidèles malgré les épreuves. III, 13-17.
13-17. La souffrance bien supportée est par elle-même une récompense pour le chrétien, — Quis est qui...? Les mots xl; ô otaxaxrwv ûfAâ? sont une réminiscence probable d'Isaïe, x., 9, où on lit d'après les LXX : Voici, le Seigneur me secourra , qui me fera du mal (xiç -/axioo-ei \xt) ? Il y a comme un accent de triomphe dans
1 l'ETR. 111, 13 -lo.
13. Et qui pourra vous nuire, si vous êtes zélés pour faire le bien?
14. Et si même vous deviez souffrir pour la justice, vous êtes bienheureux.
Ne les craignez pas, et ne soyez pas troublés.
15. Sanctifiez dans vos cœurs le Seigneur Jésus- Christ, étant toujours prêts à répondre pour votre défense à quiconque vous demandera compte de votre espérance ;
15. mais avec douceur et respect, ayant une bonne conscience, afni que ceux qui décrient la bonne conduite que vous menez dans le Christ soient confus de ce qu'ils vous calomnient.
17. Car il vaut mieux souffrir, si telle* est la volonté de Dieu, en faisant bien qu'en faisant mal.
18. En effet, le Christ aussi est mort une fois pour nos péchés, lui juste pour
13. Et quis est qui vobis noceat, si boni œmulatores f ueritis ?
14. Sed et si quid patimini propter justitiam , beati. Timorem autem eorum ne timueritis, et non conturbemini.
15. Dominum autem Christura sanctificate in cordibus vestris, parât i sempcr ad satisfactionem omni poscenti vos rationem de ea quae in vobis est spe ;
16. sed cum modestia et timoré, conscientiam habentes bonam , ut in eo quod detrahunt vobis, confundantur qui calumniantur vestram bonam in Christo conversationem.
17. Melius est enim benefacientes (si voluntas Dei velit) pati, quam malefacientes.
18. Quia et Christus semel pro peccatis nostris mortuus est, jiistus pro inju-
la qiiestlon posée par saint Pierre : Personne , veut- il dire, ne peut vous faira vraiment du mal si vous menez une vie parfaite. — Si... semulatores... Le mot boni est un substantif au génitif : Si vous êtes les zélateurs du bien ; c.-à-d., pleins de zèle pour le bien. Quelques manuscrits ont {X'-îASTaf, imitateurs, au lieu de CrAwxat ; mais c'est une correction faite par les copistes. — Manière dont le chrétien doit se comporter, si Dlriu permet qu'il ait à souffrir pour sa religion : Sed et si quid... (vers. 14). L'ii^pothèse est très légitime, puisqu'il a été dit plus haut, II, 21, que la vocation des chrétiens est de souffrir. Au lieu de l'indicatif présent, patimini, le grec emploie l'optatif : Dussiez -vous souffrir. — Propter justitiam. Souffrir pour la justice, c'est souffrir pour le bien, pour la bonne cause, et spécialement ici pour le christianisme. En écrivant ces mots, ainsi que le suivant (beati), l'apôtre avait sans doute à la pensée la huitième béatitude, Matth. v, 10. — Timorem autem... Le pronom eorum se rapporte aux ennemis de la religion chrétienne. Jusqu'aux mots « Dominum sanctiftcate », vers. 15», la phrase est imitée d'Isaïe, viii, 12-13, où on lit : Ne craignez pas ce qu'il (le peuple Israélite) craint et ne vous épouvantez pas; mais sanctifiez le Seigneur des armées. L'apôtre a légèrement modifié le texte, pour rendre l'application plus complète. — Dominum... sanctificate (vers. 15). C. à-d., traitez -le et regardez -le comme saint, et par suite ayez pour lui une crainte respectueuse. — En insérant le nom Christum, saint Pierre applique directement les paroles d'Isaïe à Notre- Seigneur Jésus -Christ, duquel 11 est d'ailleurs trôî évidemment question dans ce passage du prophète. — In cordibus...: au plus intime de l'êcie. — Parati... « Prêts, avec une ]o3euse con (lance ». L'enchaînement des pensées est celui-ci ; Vous montrerez à vos adversaires que
vous u3 les redoutez pas, si vous êtes toujours prêts à rendre compte de votre foi devant n'importe qui (semper... omni...). — Ad satisfactionem (Trpô; ànoXoYtcxv) : de manière à faire une sorte d'apologie de la religion. — De ea... spe. C.-à-d., de l'espérance en vertu de laquelle tout chrétien digne de ce nom est sûr d'obtenir la récompense du ciel. Cf. i, 3, 13. — Sedcum... (ver:?. 16). Deux dispositions doivent accompagner cette apologie : la doucetir, par opposition à la violence fanatique ; la crainte, « une sainte timidité qui exclue la uffisance et l'audace ». — Conscientiam habentes... Sans cette bonne conecienco, ou, ce qui revient au même, sans une vie parfaite, il eût été impossible aux fidèles, malgré le langage le plus habile, de convaincre les païens de la sincérité de leur foi. — Ut in co quod... Comp. ii, 12, où nous avons rencontré une pensée toute semblable. — Vestram in Ch. isto...: la bonne conduite que vous tenez en vertu de votre union avec le Christ. Expression très fréquente dans les écrits de saint Paul. — MeHus... enim... (vern. 17). Comp. le vers. 14»; ii, 19 et 20. Il est bon de souffrir sans l'avoir mérité. — Si voluntas... velit. Pléonasme expressif. L'auteur ramène la souffrance endurée par les chrétiens à son motif suprême, la volonté divine, que nul d'entre eux ne saurait refuser a'accomplir.
3« Exemple du Christ, qui a souffert pour nous, tout innocent qu'il fût. III, 18-22.
18-22. Saint Pierre exhorte ses lecteurs, en leur proposant ce grand modèle, à se montrer, sans peur comme sans reproche devant leurs adversaires. Voyez ii, 12 et ss. — Christus semel. Comme dans l'épître aux Hébreux, ix, 28, cet adverbe établit un contraste entre le sacrifice unique du Christ et les victimes iraparf lite.^. sans cesse réitérées, de l'ancienne loi. — Mortuus est. C'est la leçon de la plupart des
I Petr. III, 19.
stis, ut nos offerret Deo, mortificatus quideni carne, vivificatiis autem spiritii ;
19. in qiio et his qui in carcere erant spiritibus veniens prsedicavit,
des injustes, afin de nous offrir à Dieu, ayant été mis à mort quant à la chair, mais rendu à la vie quant à l'esprit ;
19. par lequel aussi il est allé prêcher aux esprits qui étaient en prison,
meilleurs manuscrits grecs (àuÉôavev) et de toutes les anciennes ver-ions; quelques documents ont ïnxbe, il a souffert. — Justus pro... Ce trait souligne l'idée contenue dans les mots pro peccalis nostris: Jésus a été une victime absolument innocente. — But de son sacrifice : ut nos offerret... Â.vec ce sens, d'après le grec : Pour nous permettre d'approcher bien près de Dieu, dont le péché nous avait éloignés. Cf. n,
Descente de Jésus aux enfers. (D'après un ancien ivoire.)
18 et III, 12; Hebr. iv, 16 ; vu, 25, etc. — Mortiflcatuft..., vivificatus . . . Double antithèse. Le Christ a été mis à mort, il est ressuscité. Il est mort dans ea chair, dans son corps ; il est ressuscité dans son esprit, dans son âme. Les mots in carne, in spiritu, désignent la sphère dans laquelle se sont opérés les deux faits mentionnés. Non que l'âme du Christ ait été atteinte par la mort; saint Pierre veut seulement dire que, grâce à la résurrection , elle a reçu comme une vigueur nouvelle et une perfection plus grande. Le mot « spirltus », ainsi opposé à « caro », ne désigne donc pas l'Esprit -Saint, ni la nature
divine de Jésus-Christ, comme le pensent quelques interprètes. — In quo et... (vers. 19). Ce passage a une importance particulière ; mais il présente aussi d'assez grandes difficultés. On a beaucoup écrit à son sujet. D'après l'interprétation commune des exégètes anciens et modernes, il se rapporte au fait remarquable que le symbole des apôtres signale en ces termes : a Descendit ad inferos ». Cf. Eph. iv^ 9. Voyez les commentaii-es de Cornélius a Lapide, de Calmet, etc., et aussi une excellente étude historique de J. Turmel , dans les Annales de philosophie chrétienne, février 1903, p. 508-533.
L'évangile apocryphe de Nicodème a pour thème principal cette descente de Jésus -Christ dans les limbes, et quelque légendaires que soient la plupart des détails, le fait principal demeure, attesté par toute la tradition. Le but de l'apôtre, dans les vers. 19-22, est de démontrer d'une manière incidente l'universalité du ealut apporté par le Christ : Jésus a sauvé les âmes détenues depuis longtemps dans les limbes, vers. 19-20; ir a sauvé aussi les chrétiens par le baptême, vers, 21 - 22. — Le pronom quo retombe sur le substantif « spiritu » du vers. 18 : dans lequel esprit. C'est en tant qu'esprit, pendant que son corps reposait au tombeau, que Jésus -Chri&t a fait ce mystérieux voyage.
— Et his. La conjonction « et »
(avec le sens de «etiam») n'est pas à négliger. « Il s'agit d'une , activité nouvelle du Sauveur,' se rattachant à l'œuvre rédemptrice. C'est un nouveau domaine qui s'ouvre. » — In carcere... spiritibus. QuelU prison saint Pierre a-t-il en vue, et quels esprits? La prison n'est autre que le séjour det morts, et cette image est fort bien choisie. Mail dans ce séjour il y a, d'après la parole de Jésus lui-même (cf. Luc. xvi, 22 et ss.), une partie réservée aux damnés, et une autre partie, qu'on a nommée « llmbus patrum », dans laquelle les âmes des justes attendaient que le Messie vint les délivrer et les conduire au ciel. C'est de cette dernière seulement qu'il est question ici. Quant aux esprits, il est évident d'après le vers. 20 que ce sont précisément ces âmes justes. — Veniens. Dans le grec : Ttopsuteîç, étant
I Petr. III, 20-21.
20. qui autrefois avaient été incrédules, lorsqu'au temps do Noé ils s'attendaient à la patience de Dieu, pendant qu'était préparée l'arche, dans laquelle peu de personnes, savoir huit seulement, furent sauvéea à travers l'eau.
21. Figure à laquelle correspond le baptême, qui vous sauve maintenant, non pas en enlevant les souillures de la
20. qui increduli fuerant aliquando, quando expectabaut Dei patientiam in diebus Noé, cum fabricaretur arca, in qua pauci, id est octo animae salvse factae sunt per aquam.
21. Quod et vos nunc similis formas salvos facit baptisma, non carnis depositio sordiura, sed conscientiae bonae in-
allé. Voyez le vers. 22*'. L'expression marque un déplacement réel, qui eut lieu entre la mort et la résurrection de Notre-Seigneur. — Pnedicavlt (sKYÎpuÇev). C'est par ce verbe que les évangéllstes désignent aussi l'annonce du salut que Jésus -Christ faisait aux hommes durant sa vie mortelle. Cf. Matth. iv, 17, 23, etc. Le Messie alla donc porter également aux morts la bonne nouvelle de leur prochaine rédemption. Voyez rv, 6, et le Catech. Rom., p. I, c. vi, q. 4-6. — Qui increduli... aliquando (vers. 20). D'après le grec : qui avaient été rebelles. De prime abord, ces mots semblent limiter d'une manière considérable le nombre des âmes emprisonnées auxquelles le Christ vint prêcher l'évangile, puisque r « aliquando » est restreint aux jours de Noé. Mais, en réalité, l'assertion du vers. 19 est générale et doit demeui'er telle ; seulement, l'apôtre caractérise au moyen de leur état antérieur, triste état d'incrédulité , les esprits auxquels Jésus -Christ annonça le salut dans les limbes. Il n'y a rien d'invraisemblable à ce que beaucoup de ces rebelles se soient convertis avant de périr dans les eaux du déluge. Si saint Pierre les mentionne à part entre tous les habitants des limbes, c'est parce qu'ils s'étaient montrés particulièrement coupables, et que l'efflcacité de la passion du Christ s'était manifestée à leur sujet d'une manière très spéciale. La théologie judaïque leur refusait toute participation au salut messianique. — Quando expectabant . . . Plutôt, d'après le grec: Lorsque la longanimité de Dieu attendait (la conversion de ces inci'édules). Les meilleurs manuscrits de la Vulgate portent aussi : « Quando expectabat Dei patientia. » Cette attente divine dura cent vingt ans. Cf. Gen. vr, 1 et ss. — In qua pauci... La patience de Dieu épi'ouva donc une défaite, puisque la famille de Noë fut seule sauvée, et que tous les autres hommes furent châtiés à cause de leur incrédulité. — Octo avimœ. C.-à-d., huit personnes (sur cette signification du mot « anima » voyez Act. ir, 41 et xxvii, 37 ; Rom. xiii, 1, etc.) : Noë et sa femme, ses trois fils et leurs femmes. Cf. Gen. VI, 18; vn, 7 et vni. 18. — Salvse... per aquam. Mieux peut-être : ils furent sauvés à travers l'eau. Les eaux les entouraient déjà lorsqu'ils se réfugièrent dans l'arche. Quelques interprètes suivent toutefois la Vulgate, et donnent à la préposition ôià une signification instrumentale : Ils furent sauvés par l'eau. La première interprétation semble préférable, car, dans le déluge, leau fut avant tout un instru- Bient de destruction. — Il est sui'prenaut que
saint Augustin, Epist., clxiv, 15 et le vénérable Bède, h. l., parmi les Pères, et saint Thomas d'Aquln parmi les théologiens (in Sent, m, dist. 22, art. 1) donnent un tout autre sens à ce passage. Sans doute Ils admettent le dogme de la descente de Jésus-Christ aux enfers; mais ils ne croient pas que saint Pierre ait voulu parler ici de ce mystère. D'après eux, ce n'est pas directement et personnellement, ni après sa mort, que le Christ aurait porté l'évangile aux esprits emprisonnés, mais avant son Incarnation, d'une manière indirecte, dans la personne de Noé. La prison désignerait au figuré les ténèbres de l'incrédulité. Ce sentiment, outre qu'il s'écarte de l'opinion commune, a aussi le grave inconvénient de s'éloigner du texte même, car il établit une séparation entre la prédication mentionnée par l'apôtre et la mort du Christ, à laquelle saint Pierre la rattache intimement. Nous ne parlons pas des rationalistes contemporains, qui ne voient ici qu'une légende sans fondement. — Quod et vos... (vers. 21). L'auteur va montrer que la grâce de Jésus, après avoir opéré le saint des pécheurs dans le passé, s'est manifestée d'une façon identique dans le temps présent, en faveur des lecteurs eux-mêmc?. La construction est tout d'abord embarrassée. Le pronon neutre o, « quod » (la leçon w, « quo », est inexacte), se rapporte à uSwp. « aquam », ou à toute la proposition qui précède (« octo anlmse salvae... »). — Similis formée. Dans le grec : àvriTuuov , adjectif qui qualifie pàTiTiafxa : le baptême, antitype. La mention du déluge amène saint Pierre à parler du baptême, qui est an?si un moyen de salut analogue à celui qu'on trouva dans l'arche. De même que Noé et sa famille franchirent les eaux du déluge pour entrer dans l'arche, de même les chrétiens traversent celles du baptême pour.entrer dans l'Église du Christ, où ils trouvent la délivrance. C'est en ce sens que le baptême est l'antitype du déluge, c.-à-d. la réalisation du type, de la figure. — Non carnis depositio..., sed... Ces deux expressions sont une apposition au substantif « baptisma ». Lapôlre, complétant sa pensée, insiste sur les heureux effets de ce sacrement, qui est une purification, non pas du corps, mais de l'âme. — Conscieniise... interrogatio in... Ces mots sont un peu obscurs, et n'ont pas toujours été expliqués de la même manière. Ils décrivent l'efficacité du baptême en termes positifs. Si l'on donne au substantif èTcspwTYjfxa sa signification primitive d'interrogation, question (comme l'a fait la Vulgate), on peut tiaduire : La demande d'une
I Petr. III, 22 — IV, 2.
terrogalio in Deum, per resurrectionem Jesu Christi ,
22. qui est in dextera Dei, deglutiens mortem, ut vitse seternae heredes efficeremur, profectus in caelum, subjectis sibi angelis, et potestatibus, et virtutibus.
chair, mais par l'engagement d'une bonyie conscience envers Dieu, grâce à la résurrection de Jésus -Christ,
22. qui est à la droite de Dieu, ayant détruit la mort, afin que nous devinssions héritiers de la vie éternelle; il est allé au ciel, où les anges, les dominations et les puissances lui sont assujettis.