‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 659 sur 873 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

1. Christo igitur passo in carne, et vos eadem cogitatione armamini ; quia qui passas est in carne, desiit a peccatis ,

2. ut jam non desideriis hominura, sed voluntati Dei, quod reliquum est in carne vivat temporis.

1. Ainsi donc, puisque le Christ a souffert dans la chair, vous aussi armezvous de la même pensée; car celui qui a souffert dans la chair en a fini avec le péché,

2. afin de vivre, non plus selon les convoitises des hommes, mais selon la volonté de Dieu, pendant le temps qui lui reste à passer dans la chair.

bonne conscience h Dieu; c.-à-d., la demande qu'une bonne conscience adresse à Dieu, demande qui n'est autre que celle du salut. Ou encore : L'aspiration d'une b^nne conscience vers Dieu. Ou bien : La demande faite à Dieu d' (avoir) une bonne conscience. D'autrfs traduisent eTtepcô- TYj.aa par « stipulatio, sponsio », engagement, alliance. Le sens est alors : L'engagement d'une bonne conscience envers Dieu : ou : L'alliance d'une bonne cimscience avec Dieu. Dans ce f-econd cas, qui est paut-être le meilleur, il y aurait ici une allusion au dialogue (en supposant qu'il remonte à l'époque de Paint Pierre) qui avait lieu entre le prêtre et le baptisé : « Renonces -tu à Satan? J'y renonce. Crois- tu au Christ ? J'y crois. » De là le mot de Tertullien, de Res. cam.: a Anima non lavatione sed responsione sancitur. » — Per resurrectionem... Ce trait dépend du verbe salvos fecit. Sans la résurrection du Christ, le baptême n'aurait pas le pouvoir de sauver et de régénérer. Comp. i, 3, où la régénération est également associée à la résurrection du Sauveur. — Qui... in dextera... (vers. 22). Le divin ressuscité est monté au ciel, où il trône désormais à la droite de ton Père; il peut donc protéger et sauver les siens, comme il le leur a promis. — DegiuVenS mortem. Ces mots et les suivants, jusqu'à efficeremur, manquent totalement dans le grec, comme aussi dans plusieurs manuscrits latins. Le verbe très expressif « deglutlens » a la signification de détruire. Par sa résurrection, Jésus-Christ a donné un coup terrible à la mort, afin de nous procurer la vie éternelle, comme le dit si bien le langage liturgique : « Viiain nostram resurgendo reparavlt. » — PiofccVas... Ce détail explique pour-

quoi Notre - Seigneur est maintenant à la,droite de son Père : il est monté au ciel après sa lésurrection. — Subjectis sibi. G.- à - d., d'après le grec ; les anges lui ayant été soumis (par Dieu). Sur cet assujettissement des esprits célestes au Christ, voyez Eph. i, 21; Col. ii, 10. — Potestatibus et virtutibus. Deux catégories ou chœurs angéliques, comme dans les passages de saint Paul qui viennent d'être cités. Voyez aussi Rom. viii, 38 ; I Cor. v, 24.

4° Effets salutaires que la souffrance peut et doit produire pour les chrétiens. IV, 1-6.

Chap. IV. — 1-2. Le principe : l'idéal du chrétien, c'est de mener une vie toute sainte.

— L'écrivain sacré va tirer la conséquence pratique de ce qu'il vient de dire : Christo igitur... Cf. III, 18 et ss. — Eadem cogitatione: la pensée, la résolution de souffrir avec patience, puisque le chrétien ne peut pas vivre sans épreuves. Cf. ii, 21, etc. — Anwamiwi est uns métaphore poétique. Le souvenir de la passion du Christ est pour les fidèles comme une armure invincible. Ce détail suppose qu'ils ont à lutter pour vaincre. — Suit un développement remarquable, qui a pour but d'expliquer (quia) pourquoi le vrai croyant doit s'armer de la résolution de supporter courageusement ses épreuves.

— Qui pasi-us... fleslit... Saint Pierre ne veut pas dire ici que la mort nous délivre du péché (cf. Rom. VI, 7). La pensée est que, lorsqu'on souffre pour Dieu, on cesse de pécher. Ce qui doit s'entendre d'une manière morale, assurément. Quand on supporte volontiers l'épreuvo pour Dieu, on a le péché en horreur et on le fuit.

— Ut jam non... (.vcr^. 2). Résultat de la cessation du piché : ou ne vit plus conformément au:< désira

I Fetr. IV, 3-5.

3. C'est assez, en effet, d'avoir, dans le temps passé, accompli la volonté des païens, en vivant dans le désordre, les coivoitises, l'ivrognerie, les excès du raaiiger et du boire, et le culte sacrilège des idoles.

4. Ils trouvent maintenant étrange que vous ne couriez plus avec eux à ce débordement de débauche, et ils vous outragent.

5. Ils rendront compte à celui qui est prêt à juger les vivants et les morts.

3. Sufficit enim praeteritum tempus ad voluntatem gentium consummandam , his qui ambulaverunt in luxuriis. desideriis, vinolentiis, comessationibus, potationibus, et illicitis idolorum cultibus.

4. In quo admirantur non concurrentibus vobis in eamdem luxuriae confusionem, blasphémantes.

5. Qui reddent rationem ei qui paratus est judicare vivos et mortuos.

coupables de la nature humaine, mais pleinement soumis à la volonté de Dieu. Or, cette volonté, c'est que nous soyons des saints. Cf. I Thess. IV, 3. — Quod reliquum... C.-à-d., pendant le reste de sa vie. En effet, vivre in carne, c'est vivre ici -bas, en ce monde.

3-6. Appli ation et développement du principe. — Sufficit enim... Quelques manuscrits grecs ajoutent :r,[jLÏv, «nobis», ou utxtv, «vobis ». C'est une glose pour expliquer la pensée.

ger et dans le boire, les pratiques Idolâtrlques. Conip. Rom. i, 24-32; Col. m, 5-8, etc. — Par comessationibus il faut entendre des repas accompagnés d'orgie et de débauche. Cf. Rom. XIII, 13 ; Gai. v, 21. — In quo... (vers. 4) : dans la conduite ignoble qui vient d'être décrite. — Admirantur j ^evtÇovTai : ils (les païens) sont dans l'étonnement. L'objet de cet étonnement est marqué par les mots non concurreniibus vobis... Les païens ne pouvaient comprendre que

Procession bacljia»e. (Antique médaillon)

Après avoir dit que les chrétiens sont obligés de vivre saintement, l'auteur ajoute qu'ils n'ont que trop suffisamment mené, avant leur conversion (p?ndant ce qu'il nomme prœteritum tempus), la vie coupable des païens : il est temps de changer cela. Cf. Rom. xiii, 11-12. — Ad voluntatem gentium... Par opposition à la volonté de Dieu. Ce que voulaient les païens, c'était le plaisir sous toutes ses formes, sans s'inquiéter de la moralité. Le mot latin consummaridam traduit fort bien le grec xaxstp- YxcrOït, accomplir entièrement. — lis qui ambulaverunt... Il faudrait, d'après le texte original ; « qui ambulavistis », (à vous) qui avez marché. L'écrivain sacré continue de s'adresser ilirectement à ses lecteurs. — In luxuriis, décideras... Cette triste énumération commente les mots « ad voluntatem gentium », et décrit très exactement les mœurs abominables du Vaganisme ; l'impudicité, le-i excèô dans le man-

ies chrétiens, après leur conversion, cessassent tout à coup de prendre part aux joies impures du monde, et ils se vengeaient d'eux en les calomniant ou en les persécutant. — In eamdem (la même qu'autrefois, ou la même que celle des païens)... confusionem. Mieux vaudrait : « effusionem », car le substantif àva)(ucrtç reptésente un fleuve, ou la mer, qui déborde. — Blasphémantes. Dans le sens strict, d'après quelques interprètes : blasphémant *eu, ou le chi'istianisme. Mieux dans le sens large : calomniant les chrétiens et les accusant de toutes sortes de vices. Cf. Tit. m, 2, etc. — A ce sujet, saint Pierre menace en passant les païens du jugement divin : qui reddent... (vers. 5). C'était en même temps dire aux lecteurs : No vous inquiétez pas trop de ces injures ; ceux qui les profèrent en rendront compte à Dieu. — Ei qui paratus... Ce juge terrible est tout prêt à lancer la sentence de condamnation contre los

I Petr. IV, 6-8.

6. Propter hoc enim et mortuis evangelizatum est, ut judicentur quidem secunduni homines in carne, vivant autem secuudum Deum in spiritu.

7. Omnium autem finis appropinquavifc. Estote itaque prudentes, et vigilate in orationibus.

8. An te omnia autem, mutuam in vobismetipsis caritatera continuam habontes , quia caritas operit multitudinem peccatorum.

6. Car c'est pour cela que l'ovangîle a été aussi annoncé aux morts, afin qu'après avoir été jugés selon les hommes quant à la chair, ils vivent selon Dieu quant à l'esprit.

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