‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 669 sur 873 · IJ · texte numérisé non relu

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L'im des deux écrivains sacrés a donc fait des emprunts à l'autre ; cela n'est pas douteux. Mais on argumente depuis trois siècles, sans pouvoir se mettre d'accord, pour déterminer celui qui a le premier composé son œuvre. Il est néan moins plus probable que la priorité revient à saint Jude. Cette opinion, communément adoptée de nos jours par les interprètes de toutes les nuances, s'appuie sur le caractère que présente la description des faux docteurs dans les deux compositions. Celte description est notablement plus courte dans la lettre de saint Jude, parce qu'elle expose les erreurs hérétiques telles qu'elles étaient à leur début; saint Pierre fournit plus de détails, parce qu'elles s'étaient ensuite développées notablement. On ne comprendrait pas que saint Jude eût purement et simplement abrégé l'épître de saint Pierre, tandis que l'on conçoit fort bien que le prince des apôtres, écrivant plus tard, ait ajouté de no iveaux traits et de nouveaux arguments^. En outre, saint Pierre explique certaines expressions obscures de saint Jude, les remplaçant par de plus claires, ou les complétant, les généralisant, elc''.

Saint Pierre aura donc lu l'épître de saint Jude, et, comme il avait à écrire contre les mêmes erreurs, il en aura utilisé certains passages. Il n'y a rien que de très naturel à cela, surtout lorsqu'on voit à quel point il a su demeurer personnel et original dans ses emprunts '.

' Il résulte de II Petr. in , 1 , qu'il n'y eut pa3 un intervalle très considérable entre notre épître et la première,

* Sans tomber toutefois dans les exagérations de quelques auteurs protestants et de la plupart des critiques rationalistes, d'après lesquels II Petr. ne serait qu'une copie développée de la lettre de saint Jude.

3 Comp. II Petr. i, 2 et Juda?, 1-2; Il Petr. 1, 5 et Judae, 3.

^ Comparez encore II Petr. m, 14 et Judae, U4; II Petr. jit, 18 (t .IuiLt, 25.

^ Cf. II Petr. II, 5; ni, 5 et ss., etc.

^ Comp. II Petr. ii, 1 et Judae, 4; le premier ajoute le trait àYopocoravra, « qui émit », qui précise l'idée. Voyez aussi II Petr. ii, 13, où le mot obscur (TTitXaoeç de Judae, 12, est devenu o-TctXoc xai fiwfjLOt; II Petr. ii, 15 et ce que dit saint Jude, 11, de la « récompense » de Balaam. Comp. aussi II Petr. ii, 17 et Judae, 12-13 ; Il Petr. Il, 4-9 et Judae, 5-7; II Petr. ii, 12 et Judae, 10.

"^ Voyez llundhausen, l. c, p. 100-112; Belser, EinleUung in das N. T., p. 707, 709, etc.

DEUXIÈME EPITRE

DE SAINT PIERRE

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