Secoud motif : la certitude parfaite
des vérités évangéliques. Cette certitude est basée, d'une part, vers. 16-18, sur le témoignage des apôtres, qui ont contemplé de leurs yeux les merveilles qu'ils racontent au sujet du Christ, et d'autre part, vers. 19-21, sur les oracles prophétiques de l'Ancien Testament. — Non enim... secuti. Saint Pierre commence par mettre de côté une origine entièrement fausse qu'on aurait pu attribuer à la prédication apostolique. Ni lui ni ses collègues ne se sont laissés induire en erreur en suivant doctas fabulas (d'après le grec : des fables habilement composées). Cf. I Tim. i , 4 et iv, 7 ; II Tim. IV, 4 ; Tit. 1 , 14. Quelques-uns des faux docteurs auxquels il est fait allusion en cet endroit prétendaient sans doute, comme le font nos rationalistes contemporains, que les faits racontés dans l'évangile n'étaient que des allégories ou des légendes. — Notam fecimus... Ce trait ne suppose pas nécessairement que saint Pierre, ou quelque outre membre du collège apostolique, avait prêché en personne l'évangile aux lecteurs ; il indique simplement que la doctrine chi-étlenne enseignée à ceux - ci remontait aux apôtres d'une manière soit médiate, soit immédiate. — Jesu... prsesentiam (uapoucriav) : le second avènement du Sauveur, dont il sera plw longuement parlé au chap. m. La lettre est surtout dirigée contre ceux qui niaient la puissance divine et le retour futur de Jésus-Christ. — Seâ... Saint Pierre indique la vraie source de sa science et de celle des autres apôtres, en ce qui concerne le Sauveur : ils étaient des témoins oculaires. Telle est la signification du mot speculutores (ETicni-cat). — MagnUudinis: la divine majesté du Christ, contemplée par l'auteur, d'après le contexte, sur la montagne de la transfiguration. Cette majesté était une preuve directe de la puissance de Jésus, et un gage de la réalité de s on second avènement. — Acci! ie)is enim... L'écrivain sacré raconte brièvement, vers. 17 et 18, le miracle de la transfiguration, mettant en relief celles des circonstances de cet éclatant prodige qui démontrent le mieux lapuissancede Jésus-Christ. Cf. Mat th. xvii, 1-7 ; Marc, ix, 1-7 ; Luc. ix, 28-36. La phrase qui commence au vers. ]7est demeurée in.'ichevée; l'attention de l'apôtre a.yant été particulièiement saisie par la mention de la voix céleste, il s'in-
II Petr. I, 18-20.
neur et gloire, lorsque la gloire magnifique lui fit entendre une voix qui disait : Celui-ci est mon Fils bien -aimé, en qui je me suis complu ; écoutez - le.
18. Et nous avons entendu nous mêmes cette voix qui venait du ciel, lorsque nousétions avec lui sur la sainte montagne.
19. Nous avons aussi la parole des prophètes, d'autant plus certaine, à laquelle vous faites bien de prêter attention comme à une lampe qui luit dans un lieu obscur, jusqu'à ce que le jour vienne à paraître, et que l'étoile du matin se lève dans vos cœurs ;
20. étant persuadés avant tout qu'aucune prophétie de l'Ecriture ne s'explique par une interprétation particulière.
rem et gloriam , voce delapsa ad eum hujuscemodi a magnifica gloria : Hic est Filius meus dilecius, in que mihi complacui ; ipsum audite.
18. Et hanc vocem nos audivimus de cselo allatam, cum essemus cum ipso in monte sancto.
19. Et habemus firmiorem propheticum sermonem, cui benefacitis attendentes, quasi lucernse lucenti in caliginoso loco, donec dies elucescat, et lucifer oriatur in cordibus vestris ;
20. hoc primum intelligentes, quod omnis prophetia Scripturae propria interpretatione non fit.
terrompit et commença une nouvelle péi'iode an vers. 18. — Honorem et gloriam. Deux expressions synonymes, qui représentent le phénomène proprement dit de la transfiguration. Cf. Matth. xvn,2, etc. — Magnifica gloria est une périphrase très respectueuse pour désigner Dieu. Les locutions de ce genre n'étaient pas rares chez les Juifs d'alors.
Ils disaient aussi : la grande gloire, etc. Cf. Matth. xxvi, 64, etc.
— Hic est. . . Comme dans saint Matth. XVII , 6 , et dans les deux autres synoptiques. — Les mots ipsum audite sont omis ici dans le grec. Ils ont été ajoutés par la Vulgatc. — Hanc vocem nos...
(vers. 18). Ceci est dit avec un accent joyeux et triomphant.Comp.
Joan. I, 14*", etc. — In vnonte sancto. La montagne fut sanctifiée par la transfiguration du Christ et par l'apparition divine.
Sur son identification, voyez le t. VII, p. 118.
— Ethahemus... (vers. 19). L'apôtre passe à un autre témoignage de la toute puissance du Sauveur : propheticum sermonem. Il s'agit de tous les oracles messianiques, considérés dans leur admirable unité. — Firmiorem.
Non pas : plus ferme, plus certain que la voix de Dieu entendue par les apôtres; mais : rendu plus fort, ratifié par l'accomplissement des oracles en question. — Cui benefacitis... Invitation tacite à lire et à étudier soigneusement ce corps d'oracles. — Quasi lucernse. Les prophéties de l'Anf-ien Testament sont, en effet, une brillante lumière, qui continue de nous éclairer, après avoir illuminé les Juifs. Cf. Ps. cxviii, 105. — In caligirioso loco. D'après le sens primitif du grec : « in squalido loco ». Mais la Vulgate donne bien la signification courante de l'expression. C'est le monde actuel, avec toutes ses misères morales, qui est ainsi désigné. — Donec dies... Continuation delà métaphore, en un beau langage poétique. Le substantif cpcaacpopoç, porte-
lumière (luci/er), représente le soleil selon les uns, l'étoile du matin d'après les autres. Par ce langage figuré, saint Pierre désigne sans doute le second avènement de Jésus -Christ. Jusqu'à
La transfiguration du Sauveur. (D'après une mosaïque de Ravenne.)
cette époque, la voix des prophètes doit guider et instruire les chrétiens, de concert avec celle des apôtres , qu'elle corrobore. Lorsque le Christ sera de retour, toute obscurité disparaîtra, et ce sera pour nous la pleine lumière. — Hoc... intelligentes (vers. 20). Condition à laquelle la parole prophétique sera vraiment une lumière pour les chrétiens. Il ne faut pas que chacun l'interprète selon son sens personnel et privé : prophetia... propria... Règle importante, qre l'on peut commenter ainsi : Vous avez raison de lire et d'étudier les prophéties anciennes ; mais rappelez-vous que personne n'a le droit de les interpréter à son gré, car on pourrait facilement s'égarer à leur sujet. Dans l'Eglise primitive, on admettait universellement ce fait, que nous devons admettre à notre tour sans hésiter : c'est que les saints Livres ont besoin de nous être expliqués, « ouverts » pour ainsi dire (cf. Luc, XXIV, 45), Ils l'ont été sur certains points par Jésus -Christ lui-même et par ses apôtres; c'est à l'Église qu'est réservé mainte-
II Petr. I, 21—11, 1.
21. Non enim voluntate humana allata est aliquando prophetia ; sed Spiritu sancto inspirât! , locuti sunt sancti Dei ho mines.
21. Car ce n'est point par une volonté humaine que la prophétie a été autrefois apportée; mais c'est inspirés par l'Esprit-Saint que les saints hommes de Dieu ont parlé.