CHAPITRE
1. Filioli mei, hsec scribo vobis ut non peccetis ; sed et si quis peccaverit, advo-
1. Mes petits enfants, je vous écris ces choses afin que vous ne péchiez
peccatum non... La formule « avoir le péché » est propre à saint Jean. Elle est très générale, et comprend toutes les espèces de péchés. Ce que l'auteur a dit à la fin du vers. 7 suppose l'existence et la conscience du péché dans tous les hommes : prétendre qu'on n'est pas pécheur est donc un gi'ossier mensonge. De là ce jugement sévère : ipsi nos seducimus... Le pronom sau- Toûç, nous-mêmes, fait bien ressortir la responsabilité et la culpabilité personnelles de quiconque se met dans le cas en question. Comme l'a défini le concile de Trente, vi, 23, il n'est pas permis d'affirmer sans erreur que l'homme peut, même après sa justification par le baptême, « in tota vita, peccata omnia, etiam venialia, vitare ». — Et veritas... non... Comme plus haut, vers, 6^ — Si confiteamur... (vers. 9): ouvertement, loyalement, devant Dieu et devant les hommes. Antithèse avec le vers. 8. — Peccata nostra. Le pluriel est très expressif. Il nous en coûte d'ordinaire fort peu de reconnaître en général que « nous avons le péché » (cf. vers. 8»); accuser ses fautes en détail est beaucoup plus pénible. Quoique ce passage, comme le texte analogue Jac. v, 16, parle de la confession des péchés, il est peu probable que les deux apôtres aient eu en vue directement la confession sacramentelle. — Fidelis... et justus : à savoir, Dieu, d'après le contexte. Comp. les vers. 5 et ss. Ces deux épithètes lui sont souvent appliquées dans le Nouveau Testament. Pour la première, voyez I Cor. x , 9, 13 ; I Thess. V, 24; II Tlm. ii, 13; Hebr. x, 23, etc., pour la seconde, Joan. xvii, 25; Rom. m, 26; Apoc. XVI, 5. Dieu est fidèle à ses promesses ; or, il a promis le pardon aux pécheurs repentants. Dieu est juste; or, il a accepté la propitiation offerte par Jésus Christ pour nos péchés, et sa justice demande qu'il nous pardonne quand nous sommes dans les conditions requises. — Ut remittat... et... Double effet produit par la fidélité et la justice de Dieu à l'égard de ceux qui confessent qu'ils ont péché : leurs fautes spécifiques (peccata...) sont remises; leur iniquité en
général (iniquitate) est pardennée. Le premier effet retombe sur l'épithète « fidelis » ; le second, sur « justus ». — Si dixerimus... (vers. 10). Cette fois la pensée n'est pas développée sous la forme d'une antithèse complète. — La formule non peecavimus désigne aussi des péchés personnels , actuels. — Mendacem /acimus... Conséquence très grave, puisqu'elle aboutit à un blasphème. Prétendre qu'on n'a pas péché, ce serait dire que Dieu nous trompe lorsqu'il affirme en termes si formels que tous les hommes sont des pécheurs (cf. Ps. xiii, 3; Rom. m, 10), ou lorsqu'il nous offre le pardon comme une chose nécessaire. — Et verhum ejus... Sa révélation n'a pas trouvé le chemin de nos cœurs; elle est redtée en dehors de nous.
Chap. II. — 1-2. Le remède contre le péché. Saint Jean a déjà indiqué plus haut ce « divin remède » (cf. i, 7^), mais seulement en passant. Il revient sur le sacrifice expiatoire de Jésus- Christ, pour ajouter quelques détails. Jésus est désormais notre avocat tout- puissant dans le ciel, vers. 1, après s'être fait ici -bas victime de propitiation pour nos péchés, vers. 2. Ces deux versets se rattachent donc très évidemment aux dernières lignes du chap. i*''". — Filioli (rexvca, petits enfants). L'apôtre interpelle pour la première fols ses lecteurs d'une manière directe, en se servant d'un diminutif très aimant, qu'il emploiera souvent encore dans la f-uite de l'épître. Cf. vers. 12, 14, 18; ni, 7, etc., et Joan. xiii, 33. — Hsec scribo. Le verbe e«t maintenant au singulier. De même plus loin (comp. les vers. 7, 8, 12, 13, 14, 21, 26 et V, 13). Le pronom « haec » désigne, comme à la fin du prologue, i, 4, le thème général de l'épître, et peut-être aussi le contenu du qua- ■ trième évangile. — Ut non peccetis. Autre but de l'apôtre dans cette lettre. Cf. i, 3 et 4. Puisqu'un chrétien doit vivre dans la lumière et la sainteté, Jean voudrait, si cela lui était possible, séparer entièrement ses lecteurs du péché. Mais il sait que cet idéal ne peut malheureusement pas être réalisé; aussi fait-il une hjpo-
point ; mais quand même quelqu'un aurait péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus -Christ le juste.
2. C'est lui qui est une propitiation pour nos péchés ; et non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier.
3. Et voici comment nous savons que nous l'avons connu : c'est si nous gardons ses commandements.