Quis est mendax, nisi is qui negat
hérétiques dont les enseignements pervers ne tendaient à rien moins qu'à renverser le Christ. On pouvait donc les regarder comme des précurseurs de l'Antéchrist, Voyez le vers. 22^ et IV, 3. — Unde scimus quia... De même que l'avènement de ce personnage néfaste annoncera que la fin du monde approche, de même l'apparition de ces docteurs de men'onge atteste qu'une époque de crise s'est ouverte pour l'Église inovissima hora...). — Ex noUs... (vers. 19). L'apôtre les stigmatise par quelques paroles émues. Ils avaient d'abord appartenu h l'Église du Christ, et ce fait même accroissait leur influence, car ils proposaient leurs erreurs comme des dogmes chrétiens. Le verbe è^ïiXGav a été fort bien traduit par prodierunt. L'apôtre ne veut pas dire, c>)mme on l'a pensé pjirfois : lis nous ont quittés en apostasiant; mais : Ils faisaient partie de notre corps social , ils nous étaient unis par la foi. — Sed non erant... Restriction très significative. L'union de ces hommes avec l'Église n'était qu'extérieure et apparente ; ils n'étaient pas véritablement chrétiens. La place distincte donnée aux mots ex nobis dans les deux propositions en rehausse l'emphase. — Nam si fuissent... Le fait même de leur séparation avait manifesté combien leur attachement à l'Église était peu réel. De là cette réflexion énergique de saint Augustin, h. l.: « Sic sunt in corpore Christi, quomodo humores mali. » Jean suppose que la vérité chrétienne « exerce sur l'homme qu'ejle saisit une influence telle, et le transforme si parfaitement, qu'il ne saurait être question de scission ou de schisme. » C'est ce qui faisait dire aussi à TertuUien : « Nemo christianus, nisi qui ad flnem perseveraverit. » — L'adverbe utique manque dans le grec. — Sed ut ('.'va) mani/esti... Plus exactement, suivant ritala : « Sed ut manifestarentur... » Il y a une petite ellipse : Cela est arrivé afin que... Dans l'intention divine, l'apostasie de ces faux docteurs a eu lieu pour les Manifester sous leur vi'ai jour, et pour donner une preuve palpable, décisive, du fait qu'ils n'appartenaient pas foncièrement à l'Église, mais que leur liaison ave^ elle n'a été que fortuite et passagère. — Non Bunt ofhnes...ha meilleure traduction est celle-ci :
(Afin qu'il fût manifeste qu') eux tous ne sont pas de nous; c.-à-d., qu'aucun d'eux n'est vraiment de nous. Moins bien, selon quelques auteurs : Que tous ne sont pas de nous; c.-à-d., que tous^ ceu:; qui semblent être chrétiens ne le sont pas en réalité.
20-23. De quelle manière les fidèles peuvent reconnaître les faux docteurs. Ils ont pour cela un critérium interne, vers. 20-21, et un critérium externe, vers. 22-23, — Sed vos... Le pronom est accentué. De même au début des vers, 24 et 27, où saint Jean oppose encore les vrais croyants aux hérétiques. — Unctionem : •/pi<y[iix sans article, une onction. Ici et au vers, 27, ce mot désigne métaphoriquement l'Esprit -Saint, que les chrétiens reçoivent du ciel pour les éclairer et les diriger. Comp. Act. IV, 27 et II Cor. I, 21, où le verbe XP^X^I"^ est employé dans le même sens, à propos de Jésus- Christ et des chrétiens. Sur ce don divin de l'Esprit -Saint, fait par Dieu (a Sancto) aux fidèles, voyez aussi Joan. xvi, 13; Rom. viii, & et ss., etc. — Et nostis omnia. La Vulgate a suivi la meilleure leçon (TiâvT a, toutes choses, au lieu de Tïàvteç , « omnes », tous tant que vous êtes). L'apôtre énonce un très heureux effet que produit la présence de l'Esprit de Dieu : à ceux qui l'ont reçu il communique la connaissance complète des vérités chrétiennes, de sorte qu'aucune erreur ne peut les séduire, s'ils veulent demeurer fidèles. Cf. Judae, 5. — Non scripsi... quasi... (vers. 21). Puisque les lecteurs connaissent à fond le christianisme, Jean leur écrit moins pour les instruire que pour les exciter à profiter pratiquement de leur science. — Et qvoniam (ellipse : Et parce que vous savez aussi que) omne... Connaissant la vérité, ils pourraient voir sans peine que les doctrines mensongères enseignées par les hérétiques n'avaient rien de commun avec elle (mendacium ex veritate non...). L'apôtre rappelle ce grand principe aux fidèles, pour les protéger contre l'erreur, — Quis... mendax (ô ij/euaTYjÇ, avec l'article: le menteur), nisi... (vers. 22). Cette question est posée d'une façon très abrupte. Saint Jean a prononcé le nom du mensonge ; il se demandetout à coup : Quel est le menteur par excel-
JoAN. II, 23-27.
quoniam Jésus est Christus? Hic est antichristus, qui negat Patrera et Filium,
23. Omnis qui negat Filium , nec Patrem habet; qui confitetur Filium, et Patrem habet.
24. Vos quod audistis ab initio, in vobis perraaneat. Si in vobis permanserit quod audistis ab initio, et vos in Filio et Pâtre manebitis.
25. Et hsec est reproraissio quam ipse pollicitus est nobis, vitam œternam.