I. La salutation. Vers
EUe est notablement plus courte que dans la seconde épître. Elle se compose aussi de l'adresse et d'un souhait affectuenx.
1. L'adresse. — L'auteur: Senior, à Trpscrëjrepoç. Voyez II Joan. 1, et les notes. — Gaio carissimo. Il n'est malheureusement pas possible d'identifier ce personnage. Dans l'empire romain, Gains était « peut-être le plus commun de tous les noms », On ne saurait dire non plus d'une manière certaine quelle situation cet ami de Jean occupait dans l'Église à laquelle il appartenait. L'épithète ci.yaTir\-z6^, bieu-aimé, reviendra trois fois encore (voyez les vers. 2, 5 et 11 ), mais seule, sous la forme d'apostrophe. — Quem ego... L'apôtre insiste sur le vif dévouement personnel qu'il ressentait pour Gaïus. Sur la formule diligo in veritate (sv à AT, Os l'a), voyez les notes de II Joan. 1^. Excellente réflexion de l'ancien commentateur grec Œcuménius : « Celui-là aine en A'érité, qui aime selon le Seigneur. »
2. Souhait de saint Jean pour Gaïus. Ce souhait n'apparaît pas ici sous ea forme accoutumée. Cf. II Joan. 3; Rom, i, 7; I Cor. 1,3; II Cor. I, 2, etc. Nous avons du moins une pensée équivalente. — De omnibus : izepX rcàvxwv, au sujet de toutes choses, sous tous rapports (et non : avant tout). Ces mots ne retombent point sur « orationem facio », mais sur « prospère... ingredi » ; tel est du moins le sentiment le plus probable. — Orationem facio. Le verbe •e'J-/oaa[ peut signifier : Je prie, ou : Je souhaite. La seconde sigoifioation est plus
généralement adoptée en cet endroit. D'ailleurs, a le souhait du chrétien est une prière ». — Prospère te ingredi est une bonne traduction du verbe eùoôoùaôat (qu'on trouve aussi Rom. I, 10 et I Cor. xvi, 2). Étymologiqueroent, ce mot désigne la prospérité dans un voyage; puis, par extension, la prospérité en général. — Valere, ûyiatvHiv. Ce second verbe représente la santé physique. Cf. Luc. vu, 10; xv, 27, etc. On a conclu parfois de ce souhait que Gaïus était d'un tempérament maladif; mais ce n'est là qu'une conjecture. — Sicut prospère... (eùo- SoOrai). Compliment délicat. Saint Jean désire que la prospérité extérieure et la santé de son ami soient égales à son bien-être spirituel. — Anima tua. C.-à-d., ta vie chrétienne. L'âme (4'JXYi) «st envisagée ici comme le principe de la vie supérieure, de la vie spirituelle.