‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 722 sur 873 · Scène d'hospitalité. (Peinture de Pon)i>éi · texte numérisé non relu

Scène d'hospitalité. (Peinture de Pon)i>éi

faisant lire au fond de son âme, l'auteur signale le motif de la grande joie qu'il a mentionnée ci-dessus. Le' mot [j.£tJ|oTspav, qui correspond h «. majorem », est un double comparatif. — Gratiam désigne une faveur divine. La Vulgate a lu x^P''^ ^■^ec divers documents anciens; mais la leçon la mieux accréditée est );apâv, joie, qui se rattache mieux au contexte. — Le pronom horum (ces joies, ou ces choses) est expliqué par les mots quam ut audiam... — Filios mto.< (xà l\}.y. xïy.vx, mes propres enfants). Appellation de tendresse, qui reprérsente les membres des Églises d'A.f-le gouvernées par Baint Jean. Cf. I Joan. ii, 1, 18, etc.

5-8. L'apôtre loue spécialement l'esprit hospitalier de son ami à l'égard des chrétiens. — Fideliter facis. Le grec ttkjtôv Tioieîç est diversement interprété. D'après Œcuménius et d'autres : Tu fais une chose digne d'un fidèle, d'un chrétien. Mais Ttt(7TÔç n'a pas d'ordinaire cette signification. Il vaut donc mieux traduire : Tu fais une chose sûre; c.-à-d. , tu accomplis un acte dont le fruit ne sera pas perdu. — Quidquid operaris. Ce tx'ait désigne, d'après le contexte, des œuvres miséricordieuses de différente nature (hospitalité, secours en argent, etc.). — Les mots et hoc in... rehaussent le mérite de l'acte : Envers des frères, et des frères qui sont étrangers. Les frères et les étrangers ne forment donc pas deux catégories distinctes, mais une seule (c'est la vraie leçon du grec: xa\ toOto Eévou:;, au lieu de xal elç tou; Eévouç, et envers les étrangers). — Qui testimonium. . . ( vers. 6 ). Ceux qui, dans une circonstance particulière , avaient été ainsi l'objet de la bonté de Gaïus, avaient fait publiquement son éloge dans la ville qu'habitait saint Jean, devant les chrétiens réunis en assemblée religieuse. — Caritati tuse. Comme plus haut (voyez les notes du vers. S*"), le pronom est fortement accentué dans le grec : aou x^ àyaTr-/].— Qu 'S benefaciens deduces. Mieux, d'après ' d'anciens manuscrits latins : «Quos benefacies deducens... » C'est la leçon des meilleurs manuscrits grecs. Les chrétiens que Gaïus avait si bien nccueillis naguère devaient prochainement retourner dans le lieu de sa résidence, et de là continuer leur voyage : Jean invite son ami à les aider encore. — Deduces. Le grec 7ipouH[J.Tra) suppose très souvent des s 'cours pécuniaires fournis pour le voyage, et tel est ici le cas. Cf. Act. xv, 3; Rom. XV, 24; I Cor. xvi, G, 11; Tit. m, 13, etc.

7. Car c'est pour son nom qu'ils se sont mis en route, sans rien recevoir des païens,

8. Nous devons donc accueillir de tels hommes, afin de travailler avec tux pour la vérité.

9. J'aurais écrit à l'église ; mais Diotréphès, qui aime à tenir le premier rang parmi eux, ne nous reçoit pas,

10. C'est pourquoi, lorsque je viendrai, je rappellerai les actions qu'il commet, se livrant contre nous à de méchants propos ; et comme si cela ne lui suffisait pas , non seulement il ne reçoit pas lui-même les frères, mais il empêche ceux qui voudraient les recevoir, et les chasse de l'église.

7. Pro nomine enim ejus profecti sunt, nihil accipientes a gentibus,

8. Nos ergo débemus suscipere hujusmodi, ut cooperatores simus veritatis.

9. Scripsissera forsitan ecclesi?e ; sed is qui amat primatum gerere in eis, Diotrephes, non recipit nos.

10. Propter hoc si venero, commonebo ejus opéra quse facit, verbis malignis garriens in nos ; et quasi non ei ista sufficiant, neque ipse suscipit fratres, et eos qui suscipiunt prohibet, et de ecclesia ejicit.

— Digne Dco. Par conséquent, d'une manièie généreuse, — Pro nomine enim... (vers. 7). L'apôtre motive ea recommandation du vers. 6, Caux en faveur desquels elle avait lieu étaient des missionnaires du Ciirist, et méritaient tout particulièrement qu'on leur vînt en aide dans Icîir noble entreprise. Le pronom ejus manque dans la plupart des documents grecs, où on lit seulement : pour le nom. Il s'agit évidemment du nom de Jésus-Chi'ist, qu'on employait pai'fois ain<i d'une manière absolue aux temps apostoliques. Cf. Act. V, 41; Jac. ii, 7; saint Ignace, ad Eph., 7 ; ad Philad., 10; saint Clémetit, pape, ïi et xiii, etc. — Profecti sunt : pour porter au loin la connal^^sance de ce nom béni. — NihiK ..a gentibus. C'était pour ces vaillants missionnaires une règle habituelle : ils ne demandaient jamais l'hospitalité ni aucun secours aux païens durant leurs voyages apostoliques, suivant en cela la pratique de saint Paul. On a parfois donné de ce passage une autre interprétation : saint Jean aurait voulu dire, pour apitoyer Gaïus, que ses protégés avaient été chassés de leur pays après leur conversion , et qu'ils n'avaient pu emporter aucune parcelle de leurs biens. Mais ce sentiment est injustiflable,

— Nos ergo (vers. 8). Avec beaucoup d'emphase. C'est à nous, leurs frères, qu'il appartient de les secourir. C'est cette pieuse pensée qui a donné naissance à l'œuvre de la propagation de la foi. — Suscipere : accueillir affectueusement.

— Ut cooperatores... Parole très encourageante. Les missionnaires du Christ travaillent au service de la vérité, c-à-d, de l'évangile ; quiconque leur vient en aide coopère à leur œuvre toute sainte, et se fait en quelques sorte le collaborateur de la vérité elle-même, dont 11 favorise la propagation,

2° Reproches h l'adresse de Diotréphès, félicitations pour Démétrius. Vers, 9-12.

Ces deux personnages étant inconnus, il règne nécessairement quelque obscurité dans les lignes qui parlent d'eux.

9-11. Plaintes au sujet de Diotréphès. — Scripsissem forsitan. La Vulgate, comme le syriaque,

a adopté la variante sypa'La av. Mais il vaut mieux lire : hfpiX'l^i Ti, j'ai écrit quelque chose (c.-à-d., une petite lettre). Cet écrit s'est perdu, supprimé peut-être par Diotréphès lui-même. — Ecclesiae , T/j sxxÀyjO-c'a : à l'Église particulière dont Gains et Diotréphès faisaient partie. — Qui... principatum. Le grec emploie une expression particulière, qui n'est pas usitée ailleurs dans le Nouveau Testament : o ipiXoTrpwteùcov, celui qui aime à être le premier. Elle caractérise fort bien Diotréphès, personnage ambitieux , qui voulait absolument jouer le pi'emier rôle dans la chrétienté en question, et qui se trouvait par là même en antagonisme avec l'apôtre. On a souvent supposé, avec beaucoup de justesse, qu'il était prêtre-évêque. En effet, il semble difficile qu'il ait pu excommunier ceux qui lui déplaisaient, comme il est dit au vers, lo'', s'il n'avait pas joui d'un situation officielle. Rien n'indique qu'il propageât une fausse doctrine ; son ambition seule est blâmée. — In eis : sur les membres de l'Église à laquelle il appartenait. — Non recipit nos. G. à-d. : il refuse de reconnaître notre autorité apostolique. — Propter hoc... (vers. 10). Sa lettre à l'Église n'ayant eu aucun succès , à cause de l'attitude arrogante de Diotréphès, Jean annonce qu'il viendra en personne, afin de rétablir l'ordre. — La formule si venero équivaut à celle-ci : Lorsque je viendrai. Comp. le vers. 14; I Joan. ii, 28, etc. — Commonebo : vno[ivr^(jo) , je rappellerai à la mémoire, je signalerai. — Ejus opéra quœ... L'apôtre mentionne dès maintent^nt deux traits particuliers de la conduite scandaleuse de Diotréphès. En premier lieu, verbis... garriens... Le verbe cpXuapetv (pas ailleurs dans le Nouveau Testament) désigne des paroles non seulement méchantes, mais dépourvues de sens. — Et quasi non... Petite transition au second fait. — Neque ipse..., et eos... Non content de refuser lui-même l'hospitalité aux chrétiens étrangers (fratres, xoùç àSeXcpoij;) dont il a été parlé ci-dessus, il allait jusqu'à excommunier ceux qui étaient disposés à les recevoir chez eux (d'après la meilleure leçon du grec : « eos qui volunt »,

11. Carissime, noli iraitari malum, sed quod bonum est. Qui beneEacit, ex Deo est; qui malefacit, non vidit Deura.

12. Demetrio testimonium redditur ab omnibus , et ab ipsa veritate ; sed et nos testimonium perhibemus, et nosti quoniam testimonium nostrum verum est.

13. Multa habui tibi scribere, sed nolui per atramentura et calamum scribere tibi.

14. Spero autem protinus te videre, et os ad os loqnemur. Pax tibi. Salutant te amici. Saluta amicos nominatim.

11. Bien -aimé, n'imite pas le mal, mais ce qui est bon. Celui qui fait le bien est de Dieu ; celui qui fait le mal n'a pas vu Dieu.

12. Tous, et la vérité elle-même, rendent un bon témoignage à Démétrius ; nous aussi, nous lui rendons témoignage, et tu sais que notre témoignage est véridique.

13. J'avais beaucoup de choses à t'écrire, mais je ne veux pas t'écrire avec l'encre et la plume.

14. J'espère te voir bientôt, et nous nous entretiendrons de vive voix. Que la paix soit avec toi. Les amis te saluent. Salue les amis, chacun en particulier.

B.-ent. « suscipere » ; au lieu de cos qui suscipiunt). Il regardait évidemment ces étrangers comme des rivaux, qui nuisaient à son autorité. On a parfois adouci tans raison suffisante la signification du trait de ecclesia ejicit, comme s'il avait consisté dans la menace d'excommunlcat'on, ou dans le fait d'être exclu de la chapelle domestique de Diotréphès. — Noli imitari... (vers, 11). Au récit de ces faits étranges, l'apôtre associe naturellement une exhortation, qui en déduit pour ainsi dire la morale pratique. — Bonum, malum. Ces deux mots sont au neutre : TO xaxov, TO àyaOdv, Tout en employant l'abstrait, saint Jean avait à la pensée des cas très concrets, dçs personnages parfaitement déterminés: Diotréphès, dont il fallait fuir le mauvais exemple, et Démétrins, qu'il fallait imiter. — Qui benefacit... malefacit. Encore à l'abstrait : Celui qui fait le bien, celui qui fait le mal.

Encrier, manuscrits et calame. (D'après les monuments romaïuà.)

L'auteur motive sa recommandation « Noli... ». — Ex Deo est. C.-à-d. : il a en Dieu la source de sa vie morale et spirituelle, il est fils de Dieu. Voyez I Joan. n, 16 ; iv, 1, 2, 3, 4, etc. — Non vidit... Comp. I Joan. m, e*" et le commentaire. Un tel homme n'a pas même fait les premiers pas dans la connaissance de Dieu.

12. Éloge de Démétrlus. — Demetrio. Nous ne savons de lui, comme pour Diotréphès, que ce que nous en apprend cette lettre. — Testimonium redditur. L'auteur cite trois témoignages favorables à D6m(!:trius. Le premier est

celui de tous les chrétiens qui le connaissaient : ab omnibus. — Le second , celui de la vérité même : ab ipsa... Cette locution est un peu obscure. Elle représenterait, suivant quelques interprètes, les faits eux-mêmes, c.-à-d., la conduite de Démétrius, qui attestait la réalité de ses vertus ; selon d'autres, la vérité divine, envisagée objectivement , c- à - d., l'idéal de la vie chrétienne, qu'on voyait réalisé par Démétrins; suivant d'autres encore, une révélation faite par Jésus - Christ ou par l'Esprit -Saint. Le premier sentiment est le plus simple de tous. — Sed et nos... Troisième témoignage, celui de l'apôtre en personne. Dans les mots et nosti qvxtniam,... on croirait entendre un écho ae Joan. xxi, 24"". Gaïus savait que la bouche et la plume du disciple bien -aimé ne proféraient que 1» vérité.

Elle a beaucoup d'affinité avec celle de II Joan.

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