Ergo'fides ex aiiditu, auditus autem per veibum Christi
18. Sed dico : Numquid non aiidierunt? Et quidam in omnem terram exivit sonus eoriim, et in fines orbis terras verba eorum.
19. Sed dico : Numquid Israël non cognovit? Primus Moyses dicit : Ego ad œmulationem vos adducam in non gentem, in gentem insipientem, in iram vos mittam.
20. Isaias autem audet, et dicit : Inventas sum a non quaerentibus me, palam apparui iis qui me non interrogabant.
bonne nouvelle. Aussi Isaïe dit -il : Seigneur, qui a cru à notre prédication?
17. La foi donc vient de ce qu'on a entendu, et l'on entend grâce à la parole du Christ.
18. Mais je dis : Est-ce qu'ils n'ont pas entendu? Certes, leur voix est allée par toute la terre, et leui-s paroles jusqu'aux extrémités du monde.
19. Mais je dis encore : Est-ce qu'Israël n'a rien connu ? Moïse le premier a dit : Je vous rendrai jaloux d'un peuple qui n'en est pas un, et je provoquerai votre colère contre une nation insensée.
20. Mais Isaïe s'enhardit jusqu'à dire : J'ai été trouvé par ceux qui ne me cherchaient pas; je me suis manifesté ouvertement à ceux qui ne me demandaient pas.
sont représentés, d'après le contexte, par l'adjectif omnes. Au lieu de obediunt au présent, le grec a l'aoriste : Tous n'ont pas obéi... Très peu d'Israélites avaient obéi dans le sens Indiqué; aussi la formule était -elle une litote évidente. Fait douloureux que l'apôtre constate en gémissant. — Isaias enim... Autre texte emprunté à ce royal prophète, d'après la version des LXX. Au début de son magnifique oracle relatif à la passion du Messie (lui, 1 ; voyez le commentaire), Isaïe contemple les Juifs de l'avenir, désolés do leur manque de foi envers le Christ et s'adressant d'amers reproches. — Quis credidit. . . ? Manière de dire que presque personne n'a cru, que bien peu ont cru. — Anditui nostro. Hébraïsme : à la prédication que nous avons entendue. — Ergo fides... (vers. 17). Raisonnant sur ce texte, Paul conclut de nouveau, comme dans ses questions du vers. 14, qiio la foi suppose la prédication, et que celle-ci suppose de son côté un mandat divin, lequel est désigné ici par les mots verbum Christi (la parole par laquelle Jésus-Christ a envoyé ses apôtres prêcher à travers le monde). On peut aussi adopter le sentiment de divers interprètes d'après lesquels « la parole du Christ » serait le message relatif au Messie, l'évangile. Le sens du verset serait alors : Pour croire, il faut entendre ; pour qu'on entende, il faut qu'il y ait une prédication. — Sed dico... (vers. 18). A deux reprises, ici même et au verset 19, saint Paul se pose une objection, comme s'il cherchait à trouver une excuse à l'incrédulité de ses malheureux coreligionnaires. — Première excuse : Numquid non...? Peut-être n'ont-ils pas entendu le message évangélique. Mais cette allégation est rejetée promptement et vivement : Et quidem... D'après le grec : « Immo vero », mais plutôt. Pour mieux exprimer sa pensée, l'apôtre .s'approprie le vers. 5 du Ps. xvili, qu'il cite littéralement d'après les LXX. Le sens de cette accommodation est très clair ; Comment ! ils n'auraient paa entendu les messagers divins? Mais
la terre entière a été remplie du bruit de leur prédication. C'est donc que les Juifs ont fermé volontairement leurs oreilles pour ne pas entendre. — Seconde excuse : Numquid Israël... (vers. 19). Peut-être serait-ce par ignorance qu'Israël n'a point adhéré à la foi chrétienne? Les Juifs ont entendu l'évangile ; mais il serait possible qu'ils ne l'eussent pas compris : Non cognovit. Comme la précédente, cette excuse est immédiatement rejetée au moyen de textes de l'Ancien Testament , desquels il ressort qu'Israël avait été très explicitement averti qu'il répudierait le Messie, et que les Gentils accepteraient la foi. — Primus Moyses. C.-à-d., Moïse dont les livres ouvrent la longue série de l'Ancien Testament. — Dicit : Ego... Passage extrait de Deut. xxxii, 21, selon la version des LXX. Saint Paul substitue le pronom vos h « eos », pour rendre l'application plus directe. — Ad œmulationem... Dans les lignes qui précèdent ce texte, le Seigneur se plaint en ces termes de l'idolâtrie des Hébreux : Ils ont provo<4ué ma jalousie en adorant ce qui n'était pas Dieu, et ils m'ont Irrité par leurs Amanites (les idoles). Puis il ajoute : Et moi je provoquerai aussi leur jalousie... Les mots non gentem, gentem insipientem, désignent les pa'iens, par opposition à Israël, qui était le peuple de Dieu, le peuple intelligent par excellence, grâce aux révélations dont il jouissait. En accordant à l'avenir ses faveurs aux Gentils, le Seigneur voulait exciter la jalousie et la colère des Israélites ingrats. — Isaias autem... (vers. 20). Autre citatiou , tirée d'isaïe Lv, 1, d'après les LXX; seulement, l'apôtre change l'ordre des deux propositions parallèles qui la composent. La formule d'introduction audet (àiTOToXy.à : verbe composé, qui fortifie la pensée) et dicit montre qu'il fallait un vrai courage au prophète pour tenir un tel langage à ses coreligionnaires, si Jaloux de leurs privilèges nationaux. — Inventas sum... Les païens, qui ne recherchaient pas le vrai Dieu,
Rom. X, 21 — XI, 3.
21. Mais à Israël il dit : Tout le jour j'ai tendu mes mains à un peuple incrédule et qui contredit.
21. Ad Israël autem dicit : Tota die expandi manus meas ad populum non credentem , et contradicentem.