CHAPITRE XV
1. Je vis aussi dans le ciel un autre signe grand et admirable : sept anges.
1. Et vidi aliud signum in cselo magnum et mirabile : angelos septem , ha-
un ange. — De templo : du temple céleste. Comp. le vers. 17"; xi, 19, etc. — Aruit... La moisson est donc plus que mûre, puisqu'elle est tout à fait sèche. — ^fmfsif... (vers. 16). L'ordre est exécuté intégralement.
17-20. La vendange mystique. — Et ipse falcem. Cet instrument n'avait sans doute pas la même forme que la faucille du vers, lé^ ; avec celle-ci il eût été diflficile de couper les grappes de raisin. — De altari (vers. 18). L'autel d'or, ou de l'encensement (voyez viii, 3 et le commentaire). — Potestatem supra... Plus loin, XVI , 5 , il sex-a parlé de l'ange des eaux; celui-ci était préposé soit au feu d'une manière générale, soit en particulier au feu de l'autel. Voyez aussi vii, 1 et sa. — In lacum (vers. 19).
C.-à-d. dans la cuve (Atl. arch., pi. XXXVI , flg. 8). La colère de Dieu est représentée comme une cuve gigantesque, dans laquelle sont foulés et écrasés les impies, à, la manière du raisin : et calcatus est... (vers. 19). Comp. Is. Lxiii, 2-3 ; Joël, m, 13*'; Thren. i, 15. — Extra civitatC'n. Le pressoir était d'ordinaire dans la vigne même. Cf. Is. v, 2 ; Matth. xxi,
Couteau a élaguer la vigne.
( D'après les monuments grecs.)
33 , etc. -^ Exivit sang lis. Le narrateur, laissant de côté la métaphore de la vigne, passe à la teiTible réalité. Le tableau est maintenant celui d'une bataille, dans laquelle un carnage épouvantable sera fait des ennemis de Dieu. — Usque ad frenos... Le sang formait donc comme une vraie mer, à une distance de 296 kil. (per stadia...), puisque le stade grec équivalait à 185 m.
§ IV. — Signes qui annoncent l'exécution prO' chaîne des jugements divins. XV, 1-XVI, 21.
Rappelons - nous que le rouleau dans lequel étaient écrits les secrets de l'avenir (cf. v, i) était fermé au moyen de sept sceaux. Ceux-ci furent brisés l'un après l'autre sous les yeux de Jean. Le septième fit apparaître les sept anges munis de trompettes (viii, 1 et ss.). A son tour, la septième trompette (xi, 15 et ss.) amène sur la scène, quoique après un certain intervalle , les sept anges qui ont reçu la mission de vider sur le monde les sept coupes remplies de la divine colère. Tout est admirablement symétrique dans ce livre.
10 L'envoi des sept anges auxquels ont été confiées les coupes. XV, 1-8.
Chap. XV. — 1-4. Prélude : les bienheureux du ciel louent Dieu de ce que la terre entière le
Apoc. XV, 2-5.
bentes plagas septem novissimits , quoniara in illis coiisummata est ira Dei.
2. Et vidi tanquara mare vitreum mistum igné ; et eos qui vicerant bestiam, et imaginem ejus, et numerum nominis ejus, stantes super mare vitreum, habentes citharas Dei,
3. et Gantantes canticum Moysi , servi Dei, et canticum Agni, dicentes : Magna et mirabilia sunt opéra tua, Domine Deus omnipotens ; justse et verae sunt vise tuae, rex sseculorum.
4. Quis non timebit te. Domine, et magnificabit nomen tuum ? quia solus pius es ; quoniam omnes gentes venient, etadorabunt in conspectu tuo, quoniam judicia tua manifesta sunt.
5. Et post hsec vidi, et ecce apertum est templum tabernaculi testimonii caelo ;
in
qui tenaient les sept dernières plaies , car c'est par elles que la colère de Dieu est consommée.
2. Et je vis comme une mer transparente, mêlée de feu ; et ceux qui avaient vaincu la bête, et son image, et le chiffre de son nom, se tenaient sur cette mer transparente, ayant des harpes de Dieu.
3. Et ils chantaient le cantique de Moïse , serviteur de Dieu , et le cantique de l'Agneau , en disant : Grandes et admirables sont vos œuvres, Seigneur Dieu tout- puissant ; justes et véritables sont vos voies, ô roi des siècles.
4. Qui ne vous craindra, Seigneur, et qui ne glorifiera votre nom? Car vous seul êtes plein de bonté, et toutes les nations viendront et vous adoreront, parce que vos jugements ont été manifestés.
6. Après cela, je regardai, et voici, le temple du tabernacle du témoignage s'ouvrit dans le ciel;
vénère et reconnaît la justice de ses œuvres. a La certitude absolue de l'issue ne pouvait être mieux marquée que par ce cantique du triomphe anticipé. » Comp. viii, 2-5, où l'envoi des anges chargés de sonner de la trompette pat précédé d'un prologue solennel, semblable à celui-ci. Voyez aussi xi, 15-19; xiv, 1 et ss. — Le vers. 1 sert de transition : Et vidi aliud... Formule presque identique à celles de xii , 1 et 3.
— Magnum et... La seconde épithète, mirabile (ôa^ixacTTOv), n'a pas encore été employée dans ce livre. Bile reviendra plus bas, au vers. 3''. — Plagas septem. Ces fléaux sont appelés les derniers (yiovissimash par opposition aux précédents (chap. VI, VIII et ix) et surtout parce qu'en réalité il ne doit pas en exister d'autres après eux, puisque par eux la colère divine sera tout à fait assouvie (in illis consummata. . .).
— Tanquam mare... (vers. 2). La même assurément qu'au début de la seconde partie de ce livre. Voyez IV, 6 et le commentaire. — Mistum igné. C'est le feu de la colère divine qui la fait paraître tout embrasée. — Eos qui vicerunt... C.-à-d., les chrétiens qui ne s'étaient pas laissé séduire par rAntechrist,et qui étaient maintenant dans le ciel après une sainte mort. Cf. xiv, 13. — ' Stantes super... : tout près de Dieu et de l'Agneau, formant un cercle autour d'eux. — Habentes citharas... : pour accompagner leur chant, comme les vieillards (v, 8) et les 144 000 (xiv, 2*'). Le mot Dei dénote le caractère tout céleste et religieux de ces cithares. — Canticum Moysi (vers. 3). C.-à-d., un cantique de délivrance, semblable à celui que Moïse chanta après le passage de la mer Rouge ( Ex. xv, 1 et ss.). L'allusion peut porter aussi sur l'autre cantique, également admirable, que Moïse
composa peu de temps avant sa mort, et dans lequel il célèbre la bonté de Dieu à l'égnrd d'Israël. Cf. Deut. xxxii, 1 et ss. Un emprunt va être fait à ce poème. — Canticum Agni, Le chant des bienheureux, vers. S*" et 4, est nommé tout à la fois cantique de Moïse et cantique de l'Agneau, parce qu'il va proclamer la rédemption opérée par le Christ, de même que ceux de Moïse avalent proclamé le salut des Hébreux. — Dicentes. La plupart des expressions de ce petit cantique sont un écho de divers passages de l'Ancien Testament. — Magna et... Comme dans les Psaumes ex , 2 et cxxxviil, 14. — Justœ et verse... Cf. Deut. xxxii, 11 et Ps. cxLTv, 17. Ces mots contiennent la note dominante du cantique. — Rex sseculorum. Suivant une autre leçon, également accréditée : roi des peuples. Cf. Jer. x, 7; Zach, xiv, 9. — Quis non timebit... (vtra. 4). Ce verset est pi'esque entièrement extrait de Jer. x, 7 et du Ps. Lxxxv, 9. — Quia... pius. L'adjectif ocioç a plutôt la signification de saint.
5-8. Sept coupes, remplies de la colère divine, sont confiées aux sept anges, pour qu'ils aillent les répandre sur la terre coupable. — Sur la formule Et post hase vidi, voyez iv, 1 et le commentaire. — Apertum est... : ainsi que cela avait eu lieu naguère. Cf. xi, 19. L'expression templum tabernaculi est assez extraordinaire. Elle désigne le temple du ciel, en tant qu'il présentait de l'analogie avec le tabernacle primitif d'Israël. Sur le nom « temple du témoignage », voyez Ex. xxvii, 20; Act. vn, 44, etc. D'après Ex. xxv, 16, les tables de la loi étaient appelées témoignage, parce qu'elles étaient comme les témoins de Dieu devant son peuple; or, elles étaient renfermées dans le tabernacle.
Apoo. XV, 6 - XVI, 1.
6. et les sept anges qui tenaient les sept plaies sortirent du temple, vêtus de lin pur et éclatant, et ceints sur la poitrine de ceintures d'or.
7. Et l'un des quatre animaux donna aux sept anges sept coupes d'or, pleines de la colère du Dieu qui vit dans les siècles des siècles.
8. Et le temple fut rempli de fumée, à cause de la majesté de Dieu et de sa
fmissance ; et nul ne pouvait entrer dans e temple, jusqu'à ce que les sept plaies, des sept anges fussent accomplies.
6. et exierunt septera angeli habentes septem plagas de templo, vestiti lino mundo et candido, et praecincti circa pectora zonis aureis.
7. Et unum de quatuor animalibus dédit septem angelis septem phialas aureas, plenas iracundiae Dei viventis in saecula sseculorum.
8. Et impletum est templum f umo a majestate Dei, et de virtute ejus ; et nemo poterat introire in templum, donec consummarentur septem plagae septem angelorum.