CHAPITRE XIII
1. Omnis anima potestatibus sublimioribus subdita sit : non est enim potestas nisi a Deo ; quae autem sunt, a Deo ordinatas sunt.
2. Itaque qui resistit potestati, Dei ordinationi resistit ; qui autem resistunt, ipsi sibi damnationem acquirunt.
3. Nam principes non sunt timori boni opeiis, sed mali. Vis autem non timere
1. Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures : car il n'y a pas d'autorité qui ne vienne de Dieu , et celles qui existent ont été instituées par Dieu.
2. C'est pourquoi celui qui résiste à l'autorité résiste à l'ordre étdbli par Dieu ; et ceux qui résistent attirent la condamnation sur eux-mêmes.
3. Car les princes ne sont pas à craindre pour les bonnes actions, mais pour les
§ II. — Règles pour la conduite des chrétiens dans la sph're de la société civile. XIII, 1-14.
Il était naturel que saint Paul traitât aussi ce point important et délicat. Il ne semble pas qu'il y ait été déterminé par des circonstances particulières, car son langage est très général et s'applique h tous les temps, à toutes les contrées. Aucune persécution n'avait encore éclaté à Rome contre les chrétiens, et, dans les provinces, les magistrats de l'empire avaient plus d'une fois défendu Paul et les fidèles contre les Juifs. C'étaient ceux-ci qui se révoltaient intérieurement contre le joug romain, en attendant qu'ils le fissent d'une manière ouverte. Peutêtre l'apôtre a-t-il voulu prémunir les chrétiens contre des sentiments semblables.
l" Les devoli"6 des chi'étiens envers l'État. XIII, 1-7.
Comparez le passage analogue de la première épître de saint Pierre, ii, 11-14. Rien de plus digne, et en même temps de plus sage, que ces règles tracées par les deux apôtres. C'est le commentaire de la parole du Sauveur : Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu (Matth. xxii, 21).
Chap. XIIT. — 1. Principe général : il faut obéir h l'autorité civile. — Omnis anima. Hébraïsme : tout homme. Cf. ii, 9; Act. m, 23, etc. — Potestatibus. L'abstrait pour le concret : à ceux qui sont au pouvoir. L'épithète sublimioribus ('juepe'/ouaaiç) fait image; elle montre les gouvernants placés dans une position supérieure à celle de leurs sujets. — Subdita sit. C'est la note dominante de cet alinéa, le mot d'ordre auquel les chrétiens ont fidèlement obéi, môme sous le coup de la pereécution, et auquel l'Église doit en grande partie de n'avoir pas succombé durant les premiers siècles de son existence. — Non est enim... Saint Paul motive très nettement son injonction , par deux assertions Indiscutables : l'une générale et négative, l'autre plus spéciale et positive. — Nisi a Deo. Aucune autoMté humaine ne peut exister que par la volonté de Dieu; tout pouvoii-,
politique ou religieux, a en lui son origine et sa source. « Ce n'est qu'en tant qu'il est le représentant de Dieu qu'un homme peut avoir le droit de commander à d'autres hommes. » — Quœ autem sunt... L'apôtre passe de l'abstrait au concret. Les autorités qui existaient alors de fait avaient donc été constituées par Dieu lui-même. C'était, lorsque saint Paul écrivait ces mots, l'empereur romain avec ses fonctionnaires ou officiers de tous rangs. On voie ce que le principe émis par saint Paul a de beau et d'ennoblissant pour l'obéissance des sujets.
2-5. Les conséquences du principe. — Itaque... Première conséquence (vers. 2»). Elle relève la culpabilité morale de la rébellion à l'égard de l'autorité civile, — Qui resistit, ô àvTtTacr<TÔ- [j.£voç. Plus haut, nous lisons UTroTacra-écrOto (« subdita sit ») et xex<xy\Li\oi (« ordinatae »), et plus bas, èia.zxyr, ordinationi. L'écrivain sacré, on le voit, joue sur le verbe TOfo-ao), « constitue », et ses dérivés. — Qui avtem... ipsi... Deuxième conséquence (vers. 2*>). Après l'appel à la foi et à la conscience, vient l'appel à la crainte du châtiment (sibi damnationem...). Ce châtiment sera infligé non seulement par les autorités temporelles, ainsi qu'il est dit plus loin, mais aussi par Dieu lui-même, puisqu'il sera offensé le premier. — Nam principes ( o\ apxovTSç, les chefs, les gouvernants). Suint Paul continue de parler d'une manière générale ( vers. 3 ), comme on le voit par l'emploi du pluriel. Ce qu'il dit s'applique à toutes les formes de gouvernement et à toutes les régions du monde. — Non sunt... L'apôtre exprime admirablement ici le but idéal pour lequel le pouvoir civil a été Institué : exciter au bien, favoriser le bien et ceux qui le pratiquent (cf. I Tim. II, 1-2); entraver le mal et punir ceux qui le commettent (cf. I Petr. li, 14). C'e^t là une politique sublime, dont l'application rendrait le monde entier aussi heureux que parfait. — Timori. Mieux « timor » au nominatif, d'après le grec : Ils ne sont pas une crainte, une menace. — Boni operis. Expression collective qui désigne toutes sortes de bonnes actions. — Vi$
Rom. XIII, 4-7
mauvaises. Veux -tu ne pas craindre les autorités? fais le bien, et tu recevras d'elles des éloges.
4. Car le jyrince est le ministre de Dieu, pour ton bien. Mais si tu fais le mal, crains; car ce n'est pas en vain qu'il porte l'épée. En effet, il est le ministre de Dieu pour le venger, en montrant sa colère a celui qui fait le mal.
6. Il est donc nécessaire do vous soumettre, non seulement par crainte de la colère, mais aussi par conscience.
6. C'est aussi pour cela que vous payez les impôts ; car les princes sont les ministres de Dieu, le servant en cela même.
7, Rendez donc à tous ce qui leur est dû : le tribut à qui vous devez le tribut.
potestatem ? bonum fac, et habebis laudem ex illa.
4. Dei enim minister est tibi in bonum. Si autem malum feceris, time; non enim sine causa gladium portât. Dei enim minister est, vindex in iram ei qui malum agit.
5. Ideo necessitate subditi estote, non solum propter iram, sed etiam propter conscientiam.
6. Ideo enim et tributa prsestatis ; ministri enim Dei sunt, in hoc ipsum servientes.
7. Reddite ergo omnibus débita : cui tributum , tributum ; cui vectigal , vecti-
au(cm..? Cette apostrophe Eoudaine communique beaucoup de vie à la pensée. Saint Paul reprend en sous -œuvre les mots « non sunt timori... sed... », pour les développer. L'État existant pour une fin excellente, quiconque fait le bien n'a rien à redouter de lui ; tout au contraire : habebis laudem...; Dei... minister...
(vers. 4). Cela résulte du vers. 1 : par leur origine même, les autorités civiles sont les représentants et les délégués de Dieu. — Tibi. A l'avantage et dans l'intérêt de chaque citoyen ; pour la préservation de l'ordre soit moral, soit matériel, dans la société.
— Si., malum. Alternative opposée à celle du vers. 3^. Le verbe iime est particulièrement énergique dans ce passage. Il est Immédiatement commenté : Non...
sine causa (d'après le grec :en vain, pour ne pus s'en servir) gladium...
Le glaive est l'emblème de la juridiction des magistrats; il symbolise le droit de vie et de mort qu'ils exercent pour le bien et la sécurité de tous. — Dei enim minister... Comme au début du verset. Mais l'auteur ajoute cette fois: vindex in iram...; c-à-d.,
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Épée dite de Tibère.
vengeur pour satisfaire les exigences de la colère divine, justement txcitée par les crimes de lèse -société. — Jdeo (vers. 5): parce que les gouvernants sont les serviteurs de Dieu. — JVecessitate subditi... Nuance dans le grec : C'est une nécessité d'être soumis (uTîOTcxaaecrôaO. — Non solum..., sed... Deux motifs d'obéissance et de soumission : au dehors, la crainte de la colère du Seigneur, dont les chefs civils sont les agents; au dedans, la voix de la conscience, qui affirme qu'on doit obéir h ceux qui représentent l'autorité divine.
6-7. Conclusions pratiques.— Ideo. C.-à-d., pour les raisons supérieu"es qui ont été signalées depuis le vers. 1. Selon d'autres : parce que votre conscience vous dit qu'il faut agir ainsi.
— Tributa prsestatis. Le payement des impôts par les chrétiens de Rome était, dit l'apôtre, une preuve manifeste qu'ils reconnaissaient les autorités civiles placées à leur tête comme ayant été Instituées par Dieu. — Ministri enim... Ici le grCi n'emploie pas le substantif ôiaxovo;, comme au vers. 4, mais Xeixoupyot, expression significative en cet endroit, puisqu'elle désigne directement des fonctions sacrées. Cf. xv, 16 ; Hebr. viii, 2, etc. — Les mots in hoc ipsum seraient peut-être mieux rattachés à « ministri... sunt » qu'au participe « servientes ». Il» sont ministres de Dieu pour cela même , c.-à-d., pour le but indiqué dans les vers. 3 et 4. L'autre construction donne cependant un excellent sens.
— Servientes. Le grec signifie « assidue incumbentes », persévérant fidèlement dans leurs fonctions. — Reddite ergo... (vers. 7). L'idée, d'abord toute générale, est immédiatement précisée : cui tributum (soua-ent. « debetis »)... A celui auquel vous devez le tribut, payez le tribut. Dans le grec : iù> ton cpopov (sous-ent. ôtTtaiToOvTi) ; à celui qui réclame le tribut, payez le tribut.
— Vectigal, xkXoç. L'impôt sur les marchandises, tandis que cpopo? représente la cote personnelle et l'impôt foncier. — Timorem : avec le sens de respect, de révérence, comme le disait déjà
gai; cui timorem, timorem ; cui hono rem, honorem.
8. Neniini qmdquam debeatis, nisi ut inviceru diligatis ; qui enim diligit proximum, legem implevit.
9. Nara : Non adulterabis, Non occides, Non fiiraberis, Non falsum testimonium dices, Non concupisces, et si quod est aliud raandatum, in hoc verbo instauratur : Diliges proximum tuum sicut teipsum.
10. Dilectio proximi malum non ^^peratur. Pleuitudo ergo legis est dilectio.
11. Et hoc, scientes tempus, quia hora est jam nos de somno surgere; nunc
Rom. XIII, 8-11.
l'impôt à qui vous devez l'impôt, la crainte à qui vous devez la crainte, l'honneur à qui vous devez l'honneur.
8. Ne soyez les débiteurs de personne , si ce n'est de vous aimer les uns les autres ; car celui qui aime le prochain a accompli la loi.
9. En effet, ces commandements : Tu ne commettras pas d'adultère, Tu ne tueras point, Tu ne déroberas point, Tu ne porteras pas de faux témoignage, Tu ne convoiteras point, et s'il y a quelque autre commandement, tout se résume dans cette parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
10. L'amour du prochain ne fait pas de mal. L'amour est donc l'accomplissement de la loi.
11. Faites cela, sachant le temps où nous sommes, car il est déjà l'heure de
saint Jean Chrysostome. Honorem : l'honneur proprement die.
2° L'amour du prochain envisagé comme devoir social. XIII , 8-10.
Des devoirs envers les supérieurs civils, l'apôtre revient à la grande obligation de la charité, qui doit régler toutes les relations des chrétiens entre eux. Plus haut, xii, 9 et ss., il a surtout tracé les détails pratiques de ce devoir; ici 11 pose le principe.
8-10. La charité fraternelle est l'accomplissement de toute la loi. — Nemini quidquam... Pgrole très accentuée : ne rien devoir à qui que ce soit. — Nisi ut... Admirable restriction : il y a la dette permanente de l'affection mutuelle. On peut se libérer du devoir de l'obéissance, de l'obligation de payer l'impôt; jamais on ne s'acquitte complètement du devoir d'aimer le prochain. — Qui enim... Raison pour laquelle la pratique de la charité a une telle importance. Dans l'amour du prochain la loi entière se trouve condensée; quiconque aime toujours ses frères accomplit donc vraiment toute la loi. Cf. G-al. V, 14. Par legem il faut entendre la loi mosaïque, et non la loi en général, comme il ressort des citations qui suivent. — Nam... (vers. 9). Pour démontrer son assertion, l'auteur cite cinq préceptes du décalogue (quatre seulement , si les mots falsum testimonium dices sont apocryphes, ainsi que paraît le prouver leur absence dans la plupart des manuscrits grecs), tous relatifs au prochain, auquel ils Interdisent de faire du tort en actions (No7i adulterabis, Non occides, Non furaberis) , en paroles (Non falsum...), et en pensées (Non concupisces). L'ordre dans lequel ces commandements sont énumérés n'est pas tout à fait le même que dans l'Ex. xx, 13, et le Deut. v, 17. Il correspond h celui de Luc. xvrir, 20 et de Jac. ri, 11. On s'est étonné parfois que saint Paul ne mentionne pas en cet endroit l'amour
de Dieu; mais il le suppose évidemment, puisqu'on ne saurait aimer le prochain sans aimer Dieu. — Et si quod... aliud... Formule d'abréviation. L'apôtre n'a voulu signaler que quelques exemples, et non pas toutes les obligations réciproques des chrétiens. — Instauratur. Dans le sens de « recapitulatur », selon la traduction très exacte que saint Augustin donne du verbe grec àvaxsçaXaioOTat. Le texte Diliges... sicut... est empjjuntée à Lev. xviii, 18, où il résume aussi une liste de commandements. — Dilectio... malum... Cette première moitié du vers. 10 reprend brièvement la pensée exprimée au verset 9». Quiconque aime son prochain est incapable de lui faire volontairement du mal. — Plenitudo (TcXyjpwfjLa, accomplissement parfait) legis... C'est précisément ce qui devait être démontré. Comp. le vers. 6^
3° La proximité du salut final est un excellent mobile de perfection chrétienne. XIII, 11-14.
L'auteur trouve à bon droit dans cette pensée le thème d'une exhortation pressante, qui conclut toutes celles qu'il a adressées aux fidèles de Rome à partir du chap. xii.
11-14. Le jour approche, sanctifiez -vous. — Et hoc. Ces mots forment à eux seuls une petite proposition: Et je dis cela; ou bien: Et vous ferez cela. Les classiques grecs emploient cette formule au pluriel : xal raOta. — Scientes tempvs. Dans le texte original, tov xat'pov, avec l'article, pour montrer que l'heure présente a ix)ur les chrétiens une importance morale toute particulière. C'est comme si saint Paul eût dit : Le moment est solennel, vous le savez. — Quia hora est... Ici commence une exposition allégorique, que compléteront les vers. 12 et 13. Aux yeux de la fol, le temps de la vie terrestre est une époque d'épreuves, de tentations, sou» vent de péchés, une sorte de nuit obscure, ,â laquelle succédera l'aurore d'un jour éclatant, qui représente le bonheur éternel du ciel. Cette
Rom. XIII, 12-14.
nous réveiller du sommeil; maintenant, en effet, le salut est plus proche de nous que lorsque nous avons reçu la foi.
12. La nuit est avancée, le jour aj-iproche. Rejetons donc les œuvres de ténèbres, et revêtons -nous des armes de lumière.
13. Comme en plein jour, marchons avec honnêteté, non pas dans les excès de table et dans l'ivrognerie, non pas dans les impudicités et les dissolutions, non pas dans les querelles et dans l'envie ;
14. mais revêtez -vous du Seigneur Jécus-Christ, et ne vous préoccupez pas de la chair pour satisfaire ses désirs.
enim propior est nostra salus quam cum credidimus.
12. Nox praecessit, dies autem appropinquavit. Abjiciamus ergo opéra tene brarum, et induamur arma lucis.
13. Sicut in die honeste ambulemus, non in comessationibus et ebrietatibus, non in cubilibus et impudicitiis, non in contentione et semulatione ;
14. sed induimini Dominum Jesum Christum, et carnis curam ne feceritis in desideriis.
aurore est proche; il faut sortir du sommeil, se lever, se préparer, car il n'y a pas un instant à perdre. — L'adverbe jam retombe sur le verbe surgere et non sur hora. Il signifie donc ici: immédiatement, sur-le-champ. — Au lieu de nos (r,[j,aç), de nombreux manuscrits ont «vos» (u(x5ç); mais presque toutes les versions anciennes et d'autres manuscrits grecs favorisent la leçon adoptée par la Vulgate. — De somno. Du sommeil de la tiédeur ou du péché. — Propior... salus. Le salut en question, c'est la rédemption sous sa forme finale et complète, durant toute l'éternité. Saint Paul rappelle à ses lecteurs l'approche de ce salut , pour les exciter à s'y préparer avec ardeur durant le temps qui les en sépare, temps très court, puisque la vie s'écoule avec une si granie rapidité. — Cum credidhnus : au moment où nous sommes devenus chrétiens, en recevant avec fol la prédication évangélique et le baptême. — Nox prœcessa (vers. 12;. Le verbe upoéxo-I/ev a plutôt la signification de « processit » (comme on lit en de nombreux manuscrits latins). La nuit B'est avancée dans son cours ; déjà le jour approche. ~ Abjiciamus (dans le grec : déposons) ergfo... Conclusion toute naturelle. Dans la pensée de l'apôtre, les opéra tenebrarum sont des œuvre» mauvaises, qu'on n'ose pas accomplir en plein jour et que l'on dissimule dans l'ombre. Il en énumère quelques-unes au vers. 13. Cf. Joan. III, 20; Eph. v, 11; I Thess. v, 7. — Induamus... C'est l'idée contraire, exprimée sous une autre image, que saint Paul emprunte cette fois à la vie guerrière. — Arma lucis. C.-à-d., des armes qui conviennent à la lumière, des armes destinées à lutter contre les œuvres des ténèbres et à conquérir un vaste champ aux bonnes œuvres. Ces armes sont les différentes vertus chrétiennes, comme saint Paul le dit expressément ailleurs. Cf. Eph. vi, 13-14. Ainsi donc, bien loin de se livrer à la somnolence, le chrétien doit agir et combattre, comme un vaillant soldat du Christ. — Honeste (vers. 13). Décemment , dit le grec avec une nuance. « La conduite chrétienne (ambulemus : une des expressions favorites de saint Paul ) est présentée comme la suprême décence, comparable à la
tenue pleine de dignité que commande le jour à l'homme qui se respecte. » — No,i in... Six œuvres de « l'indécence mondaine », qui se cache d'ordinaire pour les accomplir. Elles sont aissociées deux à deux : la sensualité grossière dans le manger et dans le boire (cf. Gai. v, 21), l'impureté et la débauche effrénée, les querelles et les rivalités violentes (cf. I Cor. m, 3; Gai. V, 20). — Sed induimini... (vers. 14). Contraste, et, en même temps, autre vivante image, qui exprime une intimité très grande, la participation aux mêmes sentiments. Le chrétien est revêtu de Jésus -Christ au moment de son baptême (cf. VI, 3; Gai. m, 27, etc.). Mais cela ne suffit pas ; il doit fait passer en lui - même à tout instant les pensées, les désirs et les affections du Christ, qui sont pour ainsi dire les vêtements de son âme. — Carv s curam ne...: puisque la vie chrétienne, la vie eu Jésus -Christ, est une lutte perpétuelle entre la chair et l'esprit, comme il a étîé dit au chap. viii. La chair est prise ici soit au propre, soit au figuré (la sensualité, la vie charnelle). ~ In desideriis. A l'accusatif dans le grec : « in desideria » , pour des convoitises. Ce trait marque le terme fatal des soins exagérés qu'on aurait pour la chair : la concupiscence serait excitée sur toute la ligne. Il n'est pas sans intérêt de rappeler que la conversion de saint Augustin se rattache aux vers. 13 et 14. Voyez les Conf., viii, 12, 23. — D'après de nombreux commentateurs protestants et quelques Interprètes catholiques , saint Paul supposerait dans tout cet alinéa (vers. 11 et *s.) que la fin du monde et le second avènement de Notre • Seigneur Jésus -Christ étaient proches. Bien plus, ajoutent ces mêmes auteurs, l'apôtre propose en d'autres endroits encore une doctrine semblable; par exemple, I Cor. xv, 51 ; I Thess. IV, 15-16; II Thess. ii, 1-2. Tel aurait été aussi le sentiment de eaint Pierre (I Petr. iv, 7). de saint Jacques ( v, 8 ) , et de saint Jean ( I Joan, II, 18). Les interprètes catholiques qui admettent cette opinion s'empressent de dire qu'elle ne nuit en rien à l'infaillibilité apostolique, attendu qu'il n'y aurait eu là qu'une conjecture personnelle, mentionnée comme telle, et nullement présentée comme une révélation et un dogme
Rom. XI V, 1-2.