‹ La Sainte Bible (volume 5)Chapitre 96 sur 873 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

1. Nous devons donc, nous qui sommes plus forts, supporter les faiblesses des infirmes, et ne pas nous complaire en nous-mêmes.

2. Que chacun de vous plaise à son prochain en ce qui est bien, pour l'éditication ;

3. car le Christ ne s'est pas complu en lui-même, mais, ainsi qu'il est écrit ; Les outrages de ceux qui t'outragent sont retombés sur moi.

4. Car tout ce qui est écrit a été écrit pour notre instruction, afin que, par la patience et par la consolation que donnent les Ecritures, nous possédions l'espérance.

1. Debemus autem nos firmiores imbecillitates infirmorum sustinere, et non nobis placere.

2. Unusquisque vestrum proximo suo placeat in bonum , ad aedificationem ;

3. etenim Christus non sibi placuit, sed sicut scriptum est : Improperia improperantium tibi ceciderunt super me.

4. Qusecumque enim scripta sunt, ad nostram doctrinam scripta sunt, ut per patientiam, et consolationem Scripturarum, spem habeamus.

péché. — IJon ex fide (s.-ent. « manducat »). Il mange contre sa conviction intime, contre sa conscience. En effet, telle est ici la signification du mot « foi ». — Omne autem... Du fait particulier, l'apôtre passe à un principe général , qui est devenu célèbre en théologie. — Au sujet de la doxolog'e xvi, 25-27, placée ici par divers manuscrits grecs, voyez l'Introduction, p. 15.

3° L'exemple du Christ nous apprend à pratiquer la tolérance. XV, 1-13.

Chap. XV. — 1-6. La conduite du Sauveur envers les hommes est un modèle parfait de tolérance pour les chrétiens. — Firmiores. Ceux qui sont forts moralement, forts dans la foi, par opposition aux faibles (infirmorum). Cf. xiv, 1 et ss. ; II Cor. xii, 10, etc. — Sustinere. Le grec ^ao-ràÇeiv signifie : porter à la manière d'un fardeau. L'expression est bien choisie, car les scrupuleux , les hommes aux principes étroits et méticuleux, fatiguent les esprits droits et les consciences bien formées. — Non nobis placere : ne pas rechercher avant tout nos intérêts personnels, mais penser aussi à ceux des autres. Cf. I Cor. X, 33. Cette pensée va être développée. — In bonum , in... ( vers. 2 ). L'auteur détermine ce qu'il entend par plaire au prochain ; c'est procurer son bien moral et contribuer à son édification. — Il propose ensuite l'admirable exemple du Christ sous ce rapport : Etenim Christus... (vers. 3). Il n'est pas un détai' de sa vie dans lequel Jésus se soit recherché lui-même. Au contraire, en luttant sans cesse contre le péché et en travaillant à sauver les hommes, il s'est attiré toutes sortes d'outrages. Saint Paul achève sa phrase au moyen

d'un texte sacré, emprunté au Ps. Lxviii, 10, et cité d'après les LXX : Improperia... Le héros du cantique adresse directement à Dieu cette parole. Il se sent, dit -il, tellement uni au Seigneur, que les blasphèmes dirigés contre celuici lui paraissent êti e des outrages personnels. Ce n'est pas sans raison que l'apôtre place ces mots sur les lèvres de Jésus - Christ ; car, alors même que l'on admettrait avec un certain nombre de commentateurs que le Ps. lxviii convient tout d'abord à David, il est certainement « messianique à un haut degré », et c'est pour cela que les écrivains du Nouveau Testament en appliquent des passages multiples au Sauveur. Voyez le t. IV, p. 205 et ss. — Qi/ge» cumque enim... (vers. 4). Réflexion générale, qui a pour but de justifier en quelque sorte la citation qui précède. L'Ancien Testament tout entier a une valeur permanente pour l'instruction religieuse et morale des chrétiens. Cf. iv, 23-24; I Cor. IX, 10 etx,ll; II Tim. m, 16-17. D'après les meilleurs témoins, l'équivalent grec de scripta sunt est TcpoeypàcpY) , « ante scripta sunt, » comme traduit saint Augustin. — Le substantif Scripturarum dépend tout à la fois de patientiam et de consolationem : par la patience et la consolation dont les Écritures sont la source. Il est certain que soit les leçons directes, soit les exemples de vertu dont les livres de l'Ancien Testament sont remplis ont une force remarquable pour exciter à la patience, et pour procurer de saintes consolations au milieu des épreuves de la vie. — Spem habeamus. C'est le résultat final. L'espérance, cette qualité spécifique du chrétien (cf. v, 4-5), lui

ÎG2

Rom. XV, 5-9.

5. Deus autem patientiae et solatii det vobis idipsura sapere in alterutrura secundura Jesum Christum,

6. ut unanimes, uno ore honorificetis Deum, et Patrem Domini nostri Jesu Christi.

7. Propter quod suscipite invicera, sicut et Christus suscepit vos in honorem Dei.

8. Dico enim Christum Jesum ministrura fuisse circuracisionis propter veritatem Dei, ad confirmandas promissiones patrum ;

9. gentes autem super misericordia honorare Deum", sicut scriptum est :

Propterea contilebor tibi in gentibus, Domine, et numini tuo cantabo.

5. Que le Dieu de patience et de consolation vous donne d'être unis de sentiment les uns avec les autres, selon Jésus - Christ ,

6. afin que, d'un même cœur et d'une même bouche, vous honoriez Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus- Christ.

7. C'est pourquoi accueillez - vous les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis pour la gloire de Dieu,

8. Car je déclare que le Christ Jésus a été le serviteur des circoncis, pour montrer la véracité de Dieu , pour confirmer les promesses faites à nos pères ;

9. et afin que les païens glorifient Dieu.de sa miséricorde, selon qu'il est écrit : C'est pour cela, Seigneur, que j,e vous louerai parmi les nations, et que je chanterai à la gloire de votre nom.

fait goûter pai" avance la réalisation du salut. — Le vers. 4 était une petite digression. Saint Paul revient maintenant à son thème, et prie Dieu ( vers. 5 et 6 ) de mettre au cœur de tous les chrétiens de Rome des sentiments de concorde et de paix. Le titre Deus patientiae et solatii est évidemment un écho de la ligne qui précède, et sert de transition à la prière. — Idem sapere in... Avoir tous une seule et même manière de penser et de juger... — Secundum Jesum... : d'une manière conforme h l'exemple du Sauveur. D'après d'autres commentateurs : selon sa volonté. — Ut... ( vers. 6 ). La conséquence de cette union des esprits et des cœurs sera l'harmonie parfaite dans l'adoration, dans le culte sacré. — La locution Deum et Patrem... se retrouve II Cor. i, 3 et xi, 31 ; Eph. i, 3, etc. Il n'y a qu'un seul article dans le grec pour les substantifs ôedv et Traxépa , d'où il suit que les mots Tou xuptou... 'IrjaoO... dépendent tout à la fols de l'un et de l'autre. Le premier titre. Dieu de Jésus- Christ , se l'apporte à la nature humaine de Notre -Seigneur; le second, Père de Jésus - Christ , à sa nature divine.

7- 13. Ce que Jésus a fait soit pour les Juifs, soit pour les païens. — Propter quod... : pour obtenir ce concert unanime d'adoration. ^ Suscipit''.... C.-à-d., accueillez -vous aimablement les uns les autres. Cf. xiv, 1 et 3»>. Cet ordre s'adresse à tous les chrétiens de Rome, sans distinction de forts et de faibles. — Siatt et Christus... Encore l'exemple du Christ, qui les a tous accueillis avec le même amour. — Les mots in honorem Dei marquent le but de cet aimable accueil fait par le Christ à tous les fidèles. — Dico enim... (vers. 8). L'apôtre écrit à une chrétienté composée en partie de Juifs et en partie de païens convertis, et il désire qu'entre eux tous règne une parfaite charité. Pour les aider à vivre dans une sainte union, quelle que puisse être la diversité de leurs sentiments sur des points indifférents en eux-

mêmes, il leur rappelle ce que le Sauveur a accompli pour chacun des deux groupes qu'ils formaient. — D'aboi-d , vers. 8, ce qu'il a fait pour la conversion des Juifs : niinistrum... circumcisioniH (l'abstrait pour le concret). Expresbion remarquable. Quoique Jésus soit devenu le serviteur de tous les hommes par son incarnation, il l'a été particulièrement des circoncis, c.-à-d. des Juifs, parmi lesquels il est né et a vécu, dont il a observé les lois, et auxquels seuls il a consacré son ministère personnel. — Propter veritatem... : pour démontrer la véracité de Dieu, et sa fidélité aux promesses qu'il avait faites aux patriarches (ad confirmandas...). Cf. IX, 4-5. Ces promesses annonçaient, en effet, que le Messie apporterait un jour le salut au monde entier, et spécialement au peuple théocratique. — En second lieu, ce que Jésus a fait pour les païens : G;ntes autem... (vers. 9). La construction de la phrase est imparfaite. Dans la Vulgate elle se rattache au verbe « dico » du vers. 8. — Super misericordia... Plutôt « propter misericordiam », d'après le tex(e grec. Par le seul fait de leur conversi(m, les païens rendent témoignage à la miséricorde du Seigneur à leur égard. — Sicut scriptum... Fidèle à sa méthode d'appuyer son enseignement sur des textes bibliques, saint Paul cite coup sur coup, vers. 9^-12, quatre passages de l'Ancien Testament , pour démontrer que les païens aussi devaient participer à la louange du Seigneur et procurer sa gloire. — Propterea confit ehor... Ce premier passage (vers. 9'') est extrait du Ps. xvii, fiO, à peix pi'ès littéralement selon les LXX. David y annonce qu'après avoir triomphé de tous ses ennemis, il chantera les louanges de Jéhovah parmi les nations païennes, soumises à son sceptre. Paul voit le Christ, dont David était le type, réaliser plus merveilleusement encore ce beau texte ; ce qui supposait la conversion des Gentils. — Et iterum... (vers. 10). Seconde citation, empruntée au Deut. xxxit, 43,

Rom. XV, 10-15.

10. Il est dit encore : Réjoiiissez-vous, nations, avec son peuple.

11. Et encore : Louez le Seigneur, vous, toutes les nations; célébrez -le, vo«s, tous les peuples.

12. Isaïe dit aussi : 11 paraîtra, le rejeton de Jessé, celui qui s'élèvera pour régner sur les nations ; les nations espéreront en lui.

13. Que le Dieu de l'espérance vous remplisse de toute joie et de .paix dans la foi , afin que vous abondiez dans l'espérance et dans la force de l'Esprit- Saint. '

14. Pour moi, mes frères, je suis certain , en ce qui vous concerne , que vous êtes pleins de charité, remplis de toute science, et qu'ainsi vous pouvez vous avertir les uns les autres.

15. Cependant je vous ai écrit, mes frères, avec quelque hardiesse à certains égards, comme pour raviver vos souvenirs, selon la grâce que Dieu m'a donnée,

Page 1