Oui diximus : Ire non possumus
Si frater noster minimus descendent noua, proficiscemur simul; alioquin,
illo absente, non audemus videre faciem viri.
27. Ad qure ille respondit : Vos scitis quod duos genuerit mihi uxor mea.
28. Egressus est unus, et dixistis : Bestia dévora vit eum, et hucusque non comparet.
29. Si tuleritis et istum, et aliquid ei in via contigerit, deducetis canos meos eum mœrore ad inferos.
30. Igitur si intravero ad servum tuum patrem nostrum, et puer defuerit, cum anima illius ex bujus anima pendeat,
31. Videritque eum non esse nobiscum, morietur, et deducent famuli tui canos ejus cum dolore ad inferos.
32. Ego proprie servus tuus sim, qui in meam hune recepi fidem, et spopondi dicens : Nisi reduxero eum , peccati reus ero in patrem meum omni tempore.
33. Manebo itaque servus tuus pro puero in ministerio domini mei, et puer ascendat cum fratribus suis.
34. Non enim possnm redire ad patrem meum, absente puero, ne calamitatis, quse oppressura est patrem meum testis assistant.
23. Vous dîtes à vos serviteurs : Si le dernier de vos frères ne vient avec vous, vous ne verrez plus mon v\
24. Lors donc que nous fûmes retournés vers notre père, votre serviteur, nous lui rapportâmes tout ce que vous aviez dit, mon seigneur.
25. Et notre père nous ayant dit: Retournez en Egypte pour nous acheter un peu de blé ,
26. Nous lui répondîmes : Nous ne pouvons y aller seuls. Si notre jeune frère vient avec nous, nous irons ensemble; mais à moins qu'il ne vienne, nous n'osons nous présenter devant celui qui commande en ce paya- là.
27. Il nous répondit : Vous savez que j'ai eu deux fils de Racket ma femme.
28. L'un d'eux étant allé aux champs, vous m'avez dit qu'une bête l'avait dévoré, et il ne paraît plus jusqu'à cette heure.
29. Si vous emmenez encore celui-ci, et qu'il lui arrive quelque accident en chemin, vous accablerez ma vieillesse d'une affliction qui la conduira au tombeau.
30. Si je me présente donc à mon père, votre serviteur, et que l'enfant n'y soit pas, comme sa vie dépend de celle de son fils,
31. Lorsqu'il verra qu'il n'est point avec nous, il mourra, et vos serviteurs accableront sa vieillesse d'une douleur qui le mènera au tombeau.
32. Que ce soit donc plutôt moi qui sois votre esclave, puisque je me suis rendu caution de cet enfant, et que j'en ai répondu à mon père, en lui disant : Si je ne le ramène, je veux bien que mon père m'impute cette faute, et qu'il ne me la pardonne jamais.
33. Ainsi je demeurerai votre esclave, et servirai mon seigneur à la place de l'enfant , afin qu'il retourne avec ses frères.
34. Car je ne puis pas retourner vers mon père sans que l'enfant soit avec nous, de peur que je ne sois moi-même témoin de l'extrême affliction qui accablera notre père.
Juda résume les faits précédemment racontés (19-23, l'histoire de leur premier voyage ; 24-2S, la manière dont les frères avaient décidé Jacob à leur confier Benjamin). Il signale ensuite, 30-31, les conséquences terribles et inévitables de la détention de Benjamin (cum anima illhis..., bien
beau détail). Enfin, 32-34, il offre généreusement sa liberté en échange de celle de son jeune frère. Ses dernières paroles, non enim possum..., terminent dignement cette magnifique page d'éloquence naturelle et spontanée.
Gen. XLV, 1-9.