Passez les mers, hurlez, vous qui habitez dans lile
7. N'est-elle pas la vôtre cette ville, qui des les anciens jours se glorifiait de son antiquité? Ses pieds la conduiront dans une terre étrangère pour demeurer.
8. Qui a formé ce dessein contre Tyr, autrefois couronnée, dont les marchands étaient des princes, et les trafiquants des personnages illustres de la terre?
9. C'est le Seigneur des armées qui a formé ce dessein, afin d'en-
ISAIE
lever l'orgueil de toute gloire et de conduire à lignominie tous les illustres de la terre
10. Traverse ta terre comme un fleuve, fille de la mer; il n'y a plus de ceinture pour toi.
11. Le Seigneur a étendu sa main sur la mer, 11 a ébranlé des royaumes, il a donné ses ordres contre Chanaan, afin de briser ses vaillants guerriers.
12. Et il a dit : Tu ne te glorifieras plus, souffrant violence, apres ton ignominie, vierge, fille de Sidon; lève-toi, passe à Céthim, là aussi il n'a pas de repos pour toi.
13. Voilà la terre des Chaldéens, il n'y eut point un tel peuple, Assur l'a fondée; cependant on a emmené en captivité ses hommes robustes, on a démoli ses maisons, et on en a fait des ruines.
14. Hurlez, vaisseaux de la mer, parce que votre force est détruite.
4. * Je n'ai pas enft té. Tyr est considérée comme la mère de Sidon, parce qu'elle en était la métropole Il y a des monnaies de Tyr qui portent plus tard comme légende: « De Tyr, mére des Sidoniens. » — La force de la mer est Tyr, qui, dans son ile, paraissait à l'abri de toutes atteintes.
6. * Passez les mers ; réfugiez-vous dans vos colonies. Quand Alexandre assiégea Tyr, les assiégés envoyérent les vieillards, les femmes et les enfants dans la ville phénicienne de Carthage.
10. Fille de la mer; c'est-à-dire ville maritime. — 17 n'y a plus, etc. Tu seras nue, sans méme conserver ta ceinture. Compar. xx, 4. — * La plupart des commentateurs modernes expliquent ainsi ce verset, d'aprés l'hébreu, en l'appliquant aux colonies de Tyr qui deviennent indépendantes par suite de la ruine de la métropole : Répandsloi sur la terre comme le Nil, qui déborde comme il lui plait; 6 fille de Tharsis, il n'y a plus de ceinture pour toi, de barrière qui t'arréte.
12. Tu ne te, etc.; littér. tu n'ajouteras plus pour le glorifier. Voy., sur cet hébraisme, t. IT, pag. 342, 20. — * Passe à Céthim, en Chypre. C'était l’île la plus proche où pussent se réfugier les Phéniciens et nous avons vu en effet plus haut que c'était là que Luli, roi de Phénicie, avait cherché un asile en fuyant devant Sennachérib.
13. * Isaie rappelle ici les victoires de Sargon sur le roi des Chaldéens ou Kasdim, Mérodach-Baladan, qui s'était emparé de Babylone, et qui était primitivement maitre seulement du Bas-Euphrate, où il commandait à la tribu proprement dite des Kaldi ou Chaldéens. Le texte original de ce verset doit être traduit de la manière suivante : « Vois la terre des Chaldéens: ce peuple n'est plus; Assur l'a livré aux bêtes sauvages, il a renversé ses tours, détruit ses palais; il en a fait une ruine. »
15. Et il arrivera en ce jour-là que tu seras dans l'oubli, ὃ Tyr, soixante-dix ans, comme sont les jours d'un seul roi; mais apres soixante-dix ans, Tyr chantera comme une prostituée.
16. Prends ta harpe, et parcours la ville, prostituée livrée à l'oubli; chante bien, réitere souvent ton chant, afin qu'il y ait souvenir de toi. :
17. Et il arrivera aprés soixante-dix ans, que le Seigneur visitera Tyr, et qu'il la ramenera à son commerce, et que de nouveau elle forniquera avec tous les royaumes de la terre, sur la face de la terre.
18. Et ses affaires et ses profits seront consacrés au Seigneur; ils
ISAIE
(cn. xxiv.]
ne seront pas renfermés, ni mis en réserve, parce que c'est pour ceux qui habitent devant le Seigneur, que sera leur commerce, afin qu'ils mangent à satiété, et qu'ils soient revêtus jusqu'à la vieillesse.