‹ La Sainte bible polyglotteChapitre 3323 sur 5262 · Mangeait du pain; hébraisme pour prenait sa nourriture · texte numérisé non relu

Mangeait du pain; hébraisme pour prenait sa nourriture

34. De sa vie (vitz ejus); de la vie de Joachin, quoique le pronom eus de la Vulgate semble se rapporter à Evilmérodach. Dans l'endroit parallèle (IV Rois, xxv, 30), la Vulgate porte-ortz suæ, Quant au texte hébreu, il est amphibologique dans les deux eudroils.

[cu. 1.[ LAMENTATIONS DE JÉRÉMIE. 1827

consacré pour le début d'une élégie. Les Septante substituérent à ce mot initial,

comme ils l'avaient fait pour le Pentateuque, un titre plus significatif, et les

désignèrent sous le nom de threnoïi. Notre dénomination, les Lamentations,

n'est que la traduction du grec. C'était un vieil usage de faire des élégies sur la mort des personnes aimées; il fut étendu aux malheurs publics. Jérémie déplora dans ses Lamentations la ruine de Jérusalem et du temple, comme il avait déploré auparavant la mort de Josias.

Les Lamentations se composent de cinq petits poèmes ou élégies distinctes, correspondant aux cinq chapitres de la Vulgate.

Les quatre premiers chapitres sont des pièces alphabétiques, c'est-à-dire que chaque verset commence par une des lettres de l'alphabet hébreu dans le texte original. La troisiéme élégie a cela de particulier, que la lettre initiale caractéristique reparait trois fois, ce qui a fait diviser le ni chapitre en 66 versets au lieu de 22; qu'on compte dans les deux premiers. La cinquième 616816 n'est pas alphabétique, mais elle se compose également de 22 versets.

Peu de livres ont obtenu aussi efficacement que les Lamentations de Jérémie le but que s'était proposé leur auteur. Que d'infortunés ont trouvé dans l'expression des douleurs du Prophéte un adoucissement à leurs propres douleurs! Elles séchérent sans doute plus d'une fois les larmes des captifs, sur les bords des fleuves de Babylone, et quand ils furent de retour dans leur patrie, ce fut le livre des souvenirs, qui leur rappelait leurs maux passés. Chaque année, le 9 ab (juillet), on jeüna et on lut dansles synagogues, au milieu des larmes, les Lamentations de Jérémie, en mémoire de ces mauvais jours. Et plus tard, quand la grande victime, l'agneau de Dieu qui devait effacer les péchés du monde, eut été immolée sur le Calvaire, l'Eglise, pour célébrer les mystères de la passion el de la mort de Notre-Seigneur, adopta les chants lugubres du Prophète : pendaut la Semaine-Sainte, on entend retentir dans toutes les églises du monde catholique les accents plaintifs de Jérémie, déplorant un malheur plus grand que celui de la ruine de Jérusalem et du temple, le supplice d'un Dieu, mis à mort par ceux qu'il était venu racheter.

i d'Israél eut été emmené en capti- CHAPITRE PREMIER. vité, et queJérusalem fut déserte, Jérémie déplore la désolation de Jérusa- | que Jérémie, le prophète, s'assit lem, et annonce les vengeances de Jé- pleurant, et quil fit entendre ses

rusalem contre ceux qui se réjouissent ΤΙΣ ^ 16 ddünanedr do EET. lamentations Sur Jérusalem, et que d'un cœur amer, soupirant

* ELil arriva, après que le peuple | et gémissant, il'dit :

a Ce préambule, qu'on lit dans les Septante, ne se trouve ni dans l'hébreu, ni dans le chaldéen, ni dans le syriaque, ni dans les plus anciens et les meilleurs manuscrits de la version de saint Jérôme. L'édition de Sixte V l'a joint à la fin du chapitre zu de Jérémie comme si elle en faisait partie. Saint Bonaventure, suivi du plus grand nombre d'interprétes, soutient que ce n'est pas une écriture canonique, mais une simple addition qui vient des Grecs et qui n'a jamais été dans le texte original. — Quant aux mots ALEPH, BETH, elc., ce sont les noms des lettres de l'alphabet hébreu, qui sont au nombre de vingt-deux, rangés dans leur ordre naturel,

ALEPH

1. Comment est-elle assise solitaire, la ville pleine. de peuple?

elle est devenue comme veuve, la maitresse des nations ; la reine des provinces a été assujettie au tribut.

2. Pleurant, elle a pleuré pendant la nuit, et ses larmes coulent sur ses joues ; et il n'est personne qui la console, parmi ceux qui lui étaient chers; tous ses amis lont méprisée et sont devenus ses ennemis.

GHIMEL

3. Juda a émigré à cause de son affliction et de la grandeur de son esclavage : il a habité parmi les nations, et n'a pas trouvé de repos : ses persécuteurs l'ont saisi dans ses angoisses.

DALETH.

4. Les voies de Sion sont en deuil, de ce qu'il n'y a personne qui vienne pour une solennité; toutes ses portes sont détruites; ses prétres gémissent, ses vierges sont défigurées; elle-méme est plongée dans l'amertume.

Cab. I. 2. Jérém., xiu, 17.

LAMENTATIONS DE JÉRÉMIE

(cu. 1.

HÉ

9. Ses ennemis sont devenus maîtres, ses adversaires se sont enrichis, parce que le Seigneur a parlé contre elle à cause de la multitude. de ses iniquités; ses petits enfants ont été emmenés en captivité devantla face de celui qui les tourmentait.

VAU

6. Toute la beauté de la fille de Sion s'est retirée d'elle; ses princes sont devenus comme des béliers ne trouvant pas de pâturages; ils s'en sont allés sans force devant la face de celui qui les poursuivait.

ZAIN.

1.Jérusalem s'est souvenue des jours de sonaffliction, et de la prévarication de toutes les choses précieuses qu'elle avait eues des les jours anciens, lorsqueson peuple tombait sous une main ennemie et qu'il n'avait pas de défenseur; ses ennemis l'ont vue, et ils sesontmoqués de ses sabbats.

HETH

8. Elle a beaucoup péché, Jérusalem; à cause de cela elle est

1. * Le 1er verset donne le ton de tout le morceau. La pensée qui frappe l'esprit du Prophète, c'est la solitude dans laquelle il se trouve. La princesse, /a maitresse des nations, est maintenant assise solitaire, comme la Jude capta qu'on voit plus tard sur les médailles romaines (Voir l'Appendice). Ses enfants lui ont été enlevés et elle est plongée dans la plus profonde misére.

2. Pleurant, elle a pleuré; hébraisme pour el/e a beaucoup pleuré.

Page 1