Or, en ces jours-là, vint Jean
Rama. Au témoignage d'Eusèbe, [il y avait] un lieu appelé Rama près de Bethléem. » Il paraît plus exact [à d'autres] de prendre ici simplement ce mot dans le sens de hauteur. Ce fut là qu'on entendit les cris déchirants qui s'élevérent jusqu'au ciel des mères de Bethléem et des environs, personnifiées dans Rachel, la mère des enfants d'Israël. — Pourquoi, se demande saint Jérôme, ces enfants sont-ils plus particulièrement attribués à Rachel, tandis qu'elle est la mère de Benjamin et non de Juda, dans la tribu duquel est située la ville de Bethléem? Il répond : « Parce que Rachel est ensevelie prés de Bethléem, et qu'elle ἃ pris le titre de mére de la terre qui a donné l'hospitalité à son corps; ou encore, parce que les deux tribus de Juda et de Benjamin se touchaient, et qu'Hérode avait ordonné de mettre à mort non seulement les enfants de Bethléem, mais ceux de tous les environs. »
22, * Archélaüs, fils d Hérode le Grand et dela samaritaine Malthace, avait été désigné par son père pour être son successeur dans le royaume de Judée. Les soldats le proclamèrent roi, mais il ne voulut prendre ce titre qu'après y avoir été autorisé par Auguste. Avant de partir pour Rome, il fit périr prés de trois mille Pharisiens pour réprimer une sédition. Il revint de la capitale de l'empire avec le titre d'ethnarque et épousa Glaphyra, veuve de son frére Alexandre. Son mépris de la loi mosaique et ses cruautés révoltèrent les Juifs qui portérent leurs plaintes à Auguste. Archélaüs fut déposé (an 7 de Jésus-Christ) et exilé à Vienne, dans les Gaules, où il mourut. Quelques commentateurs ont vu une allusion au voyage d'Archélaüs à Rome dans la parabole de Notre Seigneur rapportée dans saint Luc, xix, 12-14. — Archélaüs végnait en Judée, et non en Galilée, οὐ était située Nazareth. L'autorité d'Archélaüs s'étendait sur la Judée, l'Idumée et 18 Samarie. Le reste du royaume d'Hérode avait été partagé entre ses deux autres fils : Hérode Antipas avait eu la Galilée etla Pérée,
et Philippe la Batanée, la Trachonitide et l'Hauranitide. La Judée proprement dite correspondait à peu près à l'ancien royaume de Juda, formé par la Palestine du Sud. — Le pays de Galilée. Sur la Galilée, voir la note 4 à la fin du volume.
23. * Nazarelh. Voir sur Nazareth la note 5 à la fin du volume.
1. En ces jours-là, c'est-à-dire au temps de Jésus-Christ dont ce livre contient l'histoire; car cette expression n'indique pas toujours que les faits qui la suivent soient immédiatement arrivés après ceux qui la précédent. — * Jean (Yohanan, Jéhovah fait grâce), surnommé Baptiste, parce qu'il baptisait dans le Jourdain, était de race sacerdotale, fils de Zacharie et d'Elisabeth, cousine de la sainte Vierge, Luc, 1, 5-80. Destiné par la Providence à être le précurseur du Messie, il se prépara à sa mission
[ca. ur.) L'ÉVANGILE SELON SAINT MATTHIEU. 9331 Baptiste préchant dans le désert 3. C'est lui dont a parlé le prode Judée, phéte 18816, disant : Voix de quel-
9. Et disant : Faites pénitence, | qu'un qui crie dans le désert : car le royaume des cieux ap- | Préparez la voie du Seigneur proche. faites droits ses sentiers.
2. Mare, r, 4; Luc, 111, 3. — 8. Iseie, xr, 3; Marc, 1, 3; Luc, ri, 4.
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par une vie rude et austère, et il l'accomplit en préchant la pénitence, en annonçant la venue du Messie, en baptisant Jésus et en montrant en lui l'agneau qui efface les péchés du monde, celui auquel il était chargé de préparer lui-même les voies. Il mourut martyr de son zèle à défendre la sainteté du mariage et fut décapité à Machéronte par ordre d'Hérode Antipas. Voir Matt., xiv, 1-12. — Le désert de Judée, ainsi appelé, non qu'il fût stérile et sans paturages, mais parce qu'il était inhabité, est la région située à l'ouest de la mer Morte. « ll consiste en un plateau déchiré par de profonds ravins, et sur lequel s'élévent des monticules coniques. C'est un désert jaunátre et sans eau, d'une largeur de 25 kilométres et d'une longueur d'environ 100 kilométres. La chaleur de cette contrée dépourvue d'arbres est considérable. » (A. Socix). La tradition fixe le séjour du Précurseur à trois heures de Bethléem, à la Grotte de S. Jean-Bapliste ou désert de S. Jean, appelé dans le pays ei-Habiz. « Cette grotte est située sur le haut d'une colline très escarpée, tournée au nord-ouest, et qui domine la vallée du Térébinthe. Elle est d'un accès assez difficile; mais quand ou est dedans, on la trouve si bien appropriée à la destination qu'elle a eue, à la vie d'ermite, qu'on la croit faite de main d'homme. C'est une cellule naturelle, longue de dix à douze pieds, large de six; elle a deux ouvertures, dont l'une sert de porte et l'autre de fenétre: celle-ci donne sur la vallée et ἃ une trés belle vue. Au fond de la grotte, il y a un rocher qui semble taillé tout exprés pour servir de siége et de couche; on l'appelle lit de S. Jean. Une source d'eau fraiche et limpide sort d'une fente de montagne: elle forme au pied de la grotte un petit bassin et s'épanche dans la vallée en traçant un étroit ruban de verdure. » (Misu.)
2. Le royaume des cieux. — «Le mot, royaume de Dieu, employé plus de cinquante fois par saint Marc et par saint Luc; celui de royaume des cieux, non moins souvent répété par S. Matthieu; ceux de royaume du Christ ou simplement de royaume par excellence, semblent pris indistinctement ou à prés peu dans le méme sens. Ils sont propres à la révélation chrétienne, dit saint Augustin. Néanmoins l'expression royaume des cieux était déjà employée par le Précurseur pour annoncer l'avènement du Sauveur, et nous avons lieu de croire qu'elle était dès lors en usage pour désigner l'œuvre du Messie ou le nouvel état religieux et politique qu'on s'attendait à lui voir fonder. Dans l'esprit de Notre Seigneur, ces mots avaient un sens non moins précis qu'étendu. Ils signifiaient la société chrétienne, l'Eglise dont il devait être le fondateur et le chef; le grand royaume prédit par Daniel, comme supérieur à tout autre ; royaume véritablement céleste, qui ne tire 0101-2885 ni son origine, ni son autorité, ni sa constitution, ni sa hiérarchie; royaume surnaturel, qui n'admet dans son sein que des hommes régénérés, élevés à la dignité d'enfants de Dieu; royaume universel, dont l'autorité s'étend sur le monde entier et qui aspire à s'incorporer tous les peuples; royaume toujours combattu et toujours incomplet sur la terre; royaume éternel néanmoins, qui ne finira pas ici-bas avant la fin des temps, et qui doit se perpétuer et se consommer dans le ciel pour l'éternité. Mais il s'en faut que ces expressions aient éveillé dés lors des idées aussi nettes et aussi exactes dans tous ceux qui les entendaient. Comme elles n'énoncaient clairement qu'une chose, à savoir, que le Messie régnerait et que sa royauté ne serait pas terrestre comme les autres, elles permettaient à chacun de faire ses conjectures et de garder les vues qu'il pouvait avoir sur les caractères, les prérogatives et les destinées de cette royauté à venir. On ne la désirait pas avec moins d'ardeur: au contraire. Ce qu'il y avait de vague dans l'idée qu'on s'en formait servait à écarter les difficultés; et les ennemis du Sauveur, comme ses disciples, s'accordaient pour désirer de voir bientót s’accomplir les desseins du ciel. ₪ (L. BAcuez.)
4. Or Jean avait un vétement de poils de chameau et une ceinture de cuir autour de ses reins; et sa nourriture était des sauterelles et du miel sauvage.
5. Alors accourait à lui Jérusalem, toutela Judée et toutle pays autour du Jourdain ;
6. Et ils étaient baptisés par lui dansle Jourdain, confessant leurs péchés.
1. Or voyant beaucoup de Pharisiens et de Saducéens venant à son baptéme, il leur dit : Race de vipères, qui vous a montré à fuir devant la colère qui va venir?