‹ La Sainte Écriture et la règle de foiChapitre 16 sur 106 · FIXER LE CANON DES ÉCRITURES · texte numérisé non relu

FIXER LE CANON DES ÉCRITURES

aux protestants de constater si leur canon de l'Ancien Testament est complet ou incomplet (i).

On me dira peut-être que les livres protocanoniques sont cités dans le Nouveau Testament pour confirmer et prouver des dogmes, et que, par conséquent, Jésus-Christ et les Apôtres les i egardaient comme divins et inspirés.

A cela je réponds qu'il est faux qu'il y ait des citations de tous les livres, même protocanoniques de l'Ancien Testament ; car on n'y trouve aucun vestige du livre des Juges, de l'Ecclésiastique, du Cantique des Cantiques, d'Esther, du premier et du second livre d'Esdras. D'ailleurs, en supposant même qu'ils fussent tous cités dans le Nouveau Testament, cela ne démontrerait pas encore que ce sont les seuls inspirés, attendu qu'on ne peut produire aucun témoignage en faveur de cette assertion. En outre, on rencontre môme des citations d'auteurs profanes, telsqueEpiménideetAratus, et d'ouvrages qui ne font certainement pas partie du canon des Ecritures et qui ne nous sont pas même parvenus, tels que le livre des guerres du Seigneur (2~>, etc.

Mais venons-en aux livresdu Nouveau Testament C^),

(1) Voir le discours du Rév. M. Doudiet, prononcé à l'assemblée de la Société Biblique, tenue à Québee, le 14 février, 1872, et reproduit dans le Morning Ckronicle du lendemain.

(2) Cf. Perrone, Bègle de foi, t. 1, p. 145.

(3) Bon nombre do communions protestantes admettent maintenant dans leurs Bibles tous les livres du Nouveau Testament que nous admettons nous-mêmes. Cependant sur ce sujet, comme sur

dont on ne pourra encore constater l'inspiration que par la tradition seule, ou en même temps par les écrits apostoliques. Il n'y a que saint Pierre 0), qui fasse mention des épîtres de saint Paul, comme appartenant aux i'm^Mres. Il dit qu'elles «renferment des choses difficiles à comprendre que des hommes ignorants^ et inconstants corrompent, comme les autres Ecritures, pour leur propre perdition. »

11 ne sera pas inutile de faire, à ce sujet, quelques courtes remarques : \ai première, c'est que saint Paul n'avait pas encore écrit la seconde épître à Timothée, lorsque saint Pierre écrivait celle dont nous parlons : preuve bien évidente que le Prince des Apôtres ne pouvait pas encore ranger au nombre des livres inspirés cette épître à Timothée, puisqu'elle n'existait pas.

La seconde, c'est que ni l'Evangile ni l'Apocalypse de saint Jean n'étaient encore composés, et qu'aucun des autres Evangiles n'est mentionné dans ce texte de saint Pierre ; cependant les prolestants admettent ces livres dans leur Bible. Sur quoi s'appuient-ils ?

beaucoup d'autres, il y a eu des variations presque infinies. Les parties qu'on a le plus généralement considérées comme deutérocanoniquti sont l'épître de saint Paul aux Hébreux, celle de saint Jacques, la seconde de saint Pierre, la seconde et la troisième de saint Jean, celle de saint Jude et l'Apocalypse de saint Jean. Oa enveloppait dans cette capricieuse réprobation quelques fragmenta des Evangiles, tels que Mr. XVI, 9-20; Luc. XXII, 43,44; Jean VIII, 2-12.

(1) II Petr. III, 16.

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