‹ La Sainte Écriture et la règle de foiChapitre 17 sur 106 · FIXER LE CANON DES ÉCRITURES · texte numérisé non relu

FIXER LE CANON DES ÉCRITURES

Uniquemenl sur la tradition catholique ; il n'y a pas d'autre base possible.

La troisième, c'est que cette seconde épître de saint Pierre est précisément l'un de ces livres dont on ne saurait démontrer l'autheulicilé et l'origine apostolique que par l'intermédiaire de la tradition.

Laqualrième, c'est que les protestants qui n'admettent pas la canonicité de cette seconde épître de saint Pierre, n'ont absolument aucun autre moyen d'établir l'inspiration des livres du Nouveau Testament que l'autorité et le témoignage de l'Eglise catholique. Or ils rejettent ce témoignage. Donc il leur est absolument impossible de démontrer pourquoi ils admettent tel et tel livre dans leur Bible.

La conséquence évidente de tout ce qui précède, c'est que les protestants sont incapables de rendre raison du choix qu'ils font de leur Bible, qui ne renferme que les livres protocanoniques, de préférence à la Bible catholique dans laquelle se trouvent en outre les deutérocanoniques.

Nulle part dans les Ecritures on ne trouve un catalogue tout dressé des Livres Saints. Ici et là seulement, quelques courtes citations des livres de l'Ancien Testament, ou une confirmation tout-à-fait vague de ce qui est contenu dans la Loi, les Prophètes et les Psaumes ; mais que désignent ces appellations si générales? La tradition poiuTa bien nous guider jusqu'à un certain point, mais elle ne saurait préciser considérablement, et pour plusieurs livres du Nou-

veau Testament la démonstration est radicalement impossible.

Je me résume donc en leur disant : Vous posez en principe que les seuls livres renfermés dans vos Bibles, dans voire canon, contiennent la parole de Dieu et sont divinement inspirés, et que la tradition ne peut avoir d'autorité par elle-même qu'en tant qu'elle se trouve conforme à rEcritiire,

Or l'Ecriture ne renferme aucun témoignage positif concernant le nombre et le canon des livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, que tous les protestants regardent cependant comme inspirés.

Donc, si le silence de l'Ecriture suffit pour faire considérer une tradition comme fausse ou douteuse, il s'ensiil nécessairement que la tradition historique n'est d'aucime valeur pour prouver l'inspiration des livres de l'Ancien et du Nouveau Testament. • Donc il faut absolument ou renoncer au principe fondamental de la Bible seiih^ ou bien renoncer à l'idée de pouvoir démontrer quels sont les livres inspirés^ qui composent les Saintes Ecritures ou la Bible.

Maintenant, voyons un peu les variations du protestantisme au sujet du canon et du nombre des Livres Saints. «Luther rejetait du canon des Ecritures Job, l'Ecclésiaste, l'épître aux Hébreux^ la deuxième épîlre de saint Pierre, la deuxième et la troisième de saint Jean, celle de saint Jude et l'Apocalypse. Calvin en retranchait encore les livres d'Esther, de Baruch, de Tobie, de Judith, de la Sagesse^

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