TOUCUANT LE CANON DES ÉCRITURES
de l'Ecclésiastique, et les deux des Macliabées. Spinosa et d'autres critiques révoquent en doute l'authenticité duPentateuque, des Juges, des Rois, des Taralipomènes, d'Isaïe, de Jérémie, d'Ezéchiel, de Daniel et des douze petits prophètes ; Ilobbes, celle de Ruth ; Pereyre celle de Josué. Grotius prétend que le Cantique des Cantiques, le livre de la Sagesse, et les deux dernières épîlres de saint Jean ne sont pas inspires. Les Sociniens niaient la divinité du livre des Proverbes ; les Anabaptistes, celle des Psaumes et des livres d'Rsdras. Strauss conteste l'authenticité de l'Evangile saint Matthieu ; Griesbach, celle de saint Marc- Evanson et Wetle, celle de saint Jean, qu'avait déjà tronqué Théodore de Bèze ; Semler, March et Collins, celle des quatre évangélistes à la fois. Sleimacher refuse l'inspiration divine à la première épîlre à Timothée ; Eichorn, à la seconde et à celle de Tite • Rreilschneider, aux deux dernières de saint Jean' Baltcn, à celle de saint Jude ; Cludius, à la première de saint Pierre, et les mythologues, ainsi que les rationali^tes, à toutes les épîtres des Apôtres, a tous les livres quelconques de P Ancien et du Nouveau Testament, de sorte qu'un libraire protestant qui voudrait publier une Bible uniquement composée de livres dont l'autorité serait reconnue par tous ses coreligionnaires, aurait zéro à imprimer. La Réforme n'a pas de parole de Dieu. Luther a voulu toucher à ce dépôt sacré; ses disciples l'ont entièrement dis-
perse. Bénie soit mille fois la sagesse des Papes qui nous l'ont conservé intact » W.
Qui ignore, d'ailleurs, que dès les temps voisins des Apôtres, les hérétiques nièrent l'authenticité d'un bon nombre de nos Livres Saints, et en substituèrent d'autres à leur place, tels que les Evangiles selon les Hébreux, selon les Egyptiens, de l'enfance, de Nicodème, etc. ? D'un autre côté, ne sait-on pas que certaines Eglises particulières regardèrent pendant un certain temps comme canoniques et inspirés des livres qu'on a rejetés depuis comme apocryphes ou comme purement humains, tels que des lettres de saint Clément, le Pasteur d'Hermas, l'épître de saint Barnabe ? Enlevez maintenant l'infaillible autorité de l'Eglise et essayez de sortir de ce calios ; choisissez parmi tous ces écrits ceux qu'a animés le souffle divin ; discernez ceux qui sont inspirés de ceux qui ne le sont pas ; démontrez l'authenticité, la divinité et l'intégrité des uns, en même temps que le caractère apocryphe ou purement profane des autres ; vous serez bien habiles, si vous faites ce discernement à l'entière satisfaction de tout le monde, et de manière à enlever tous les doutes. En attendant l'iieureuse solution de cette question, je me permettrai de croire qu il est absolument impossible d'arriver à ce magnifique résultat. Ni l'autorité du talent, ni le prestige de la science, ni l'étude approfondie et conscien-
(1) Constant, Infaill. des Pape», t. II, p. 451, etc.