LA DÉMONSTRATION CATHOLIQUE
rite. Donc, dans le système catholique, l'Eglise a une plus grande autorité que l'Ecriture.
A cela je réponds que l'Eglise n'a jamais prétendu avoir plus d'auloiité intrinsèque que l'Ecriture, ni lui conférer une autorilé divine ; car l'Ecriture ellemême est divine ; elle contient la parole de Dieu indépendamment du jugement de l'Eglise, et antérieurement à ce jugemenl. Tout le rôle de l'Eglise se réduit donc à faire connaître quels sont les livres qui sont inspirés, qui contiennent la parole de Dieu et qui par conséquent possèdent une autorité divine. L'Eglise ne peut pas faire qu'un livre qui a été écrit sans l'inspiration divine, devienne inspiré ou soit considéré comme tel par le fait même de la déclaration qu'elle en ferait ; non, elle constate, mais elle ne donne, ni ne produit l'inspiration.
En d'autres termes : le jugement de l'Eglise sur leff Ecritures n'est pas destiné à leur donner l'autorité divine, ma's uniquement à 7ious faire connaître cette autorité qu'elles possèdent déjà.
Fort bien, reprend-on ; mais alors la base sur laquelle vous vous appuyez n'est pas moins fragile que la nôtre. Yous prouvez l'autorilé divine de votre Eglise par l'Ecriture, et ensuite vous démontrez l'autorité divine de l'Ecriture par celle de l'Eglise: ce qui est évidemment un cercle vicieux.
La réponse est assez facile ; c'est que pour faire un cercle vicieux, il faut que les deux propositions soient également incertaines et conlroversées. Or
c'est ce qui n'a pas lieu dans la question que nous traitons actuellement. En eiîet, lorsque nous prouvons l'infaillibilité et l'aulorité de l'Eglise par la Bible, nous nous plaçons sur un terrain qui nous est commun avec les protestants ; nous nous appuyons sur une base, dont ils admettent, comme nous, la solidité, c'est-à-dire l'infaillible véracité des Ecritures : d'où il suit que noiis pouvons en déduire des conclusions rigoureuses conlre nos adversaires. Ainsi les textes que nous apportons pour prouver riiifaillibililé de l'Eglise sont clairs, et même les phis clairs de l'Ecriture ; en outre, tout homme qui n'est pas imbu de préjugés, qui clv.Mche la vcrilé religieuse dans toute la sincérité de son âme, peut et doit nécessairement donner à ces textes le sens catholique, sans qu'il soit besoin pourcela d'une interprète infaillible, ni d'une assistance spéciale du Saint-Esprit. En effet, bien que nous exigions une Eglise infaillible pour bien comprendre toutes les Ecritures, pour réprimer l'audace de l'erreur et pour terminer les controverses qui s'élèvent si souvent sur le sens de la divine parole, cependant nous admettons bien volontiers que beaucoup de textes sont assez clairs pour être compris sans ce secours particulier.
Donc, dans la polémique contre les protestants, nous pouvons, sans faire un cercle vicieux, prouver l'infaillibilité de l'Eglise par des textes de la Sainte Ecriture, et leur montrer par là que s'ils lisaient la Bible sans parti-pris, sans préjugés et avec un désir