LA. DÉMO>'STRATION CATHOLIQUE
ardenl'de connaître la vérité, ils y trouveraient euxmêmes l'institution d'une Église enseignante et infaillible, et la condamnation de leur propre iirincipe fondamental, de leur règle de foi.
D'ailleurs, «ce n'est point, à proprement parler, d'après l'autorité de TEcriture que nous croyons à l'Eglise, mais d'après l'autorité du Christ, et si ce que le Christ nous presciit à l'égard de l'Eglise se trouvait dans tout autre livre qui fût dans les conditions nécessaires pour obtenir la créance, nous croirions à l'autorité de l'Eglise comme nous y croyons maintenant. Nous considérons donc, au premier regard, l'Ecriture comme un livre qui nous présente un personnage revêtu d'une autorité divine pourélablir une loi ; nous le recevons comme tel, et nous examinons les paroles qu'il nous adresse, et nous découvrons qu'appuyé sur l'évidence de sa mission divine il a institué une autorité pour nous enseigner sa parole, et que dès lors, ce ne sont pas des avis seulement que cette autorité nous adresse, mais des règles qu'elle nous impose en vertu de ce pouvoir dont le Christ l'a revêtue « . 0)
Quant à la démonstration que nous en faisons pour nous-mêmes et pour nous rendre compte de notre foi, elle n'est nullement entachée de cercle vicieux. Je pourrais me contenter, pour toute réponse, de demander à nos adversaires si les chrétiens fidèles des
(1) Wiseman, Conférences sur les doctrines, etc., p. 88.
premiers âges de l'Eglise crurent en la mission divine et infaillible de Jésus-Christ, de ses Apôlres et de leurs successeurs, au moyen de la lecture de la Bible qui n'était certainement pas encore toute écrite, ou du moins très-peu connue de ces chrétiens. Comment s'altachaient-ils donc à l'Eglise enseignante? Où puisaient-ils les raisons, les motifs de leur obéissance à l'Eglise ? S'ils n'avaient pas le brillant et divin flambeau des Livres Saints, apparemment qu'ils devaient en avoir un autre qui leur indiquait la voie droite et les attirait à sa lumière. Oui, ils en possédaient un autre dans les miracles que faisaient les Apôtres et leurs successeurs, et qui étaient aussi éclatants que ceux de leur divin Maître ; dans les prophéties de l'Ancien Testament et de Jésus-Christ qui se réalisaient dans l'Eglise catholique ; dans son unité de foi, dans la sainieté des fidèles, dans sa diffusion rapide en dépit de tous les obstacles, dans ces nombreux motifs de crédibilité qui ont toujours accompagné l'Eglise, qui l'ont rendue visible aux yeux des nations, et qui l'ont fait connaître de tout temps comme l'œuvre de Jésus-Christ, comme la seule et vraie héritière des promesses du Dieu fait homme. L'Eglise prouvait sa mission céleste comme l'avaient fait Jésus- Christ et ses Apôlres ; et les lldèles croyaient en elle, comme ils avaient cru en eux. La Bible n'était pour rien dans leur conversion du paganisme au christianisme.
Ecoutons sur ce sujet la voix toujours si sûre et si