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Mon plus grand bonheur serait de contribuer à ramener à la vérité quelques-unes de ces âmes, souvent plus malheureuses que coupables, plus fatiguées de leurs ténèbres que touchées de leurs défaillances morales ; puisséje leur montrer la voie qui conduit à l'arche véritable du salut ! puissent ces pages que je leur destine recevoir la rosée des bénédictions célestes sans lesquelles rien ne fructifie, et être utiles à toutes celles qui voudront bien leur accorder quelques moments de réflexion ! Le sujet que j'aborde n'est pas nouveau ; beaucoup d'écrivains catholiques l'ont traité avec une habileté, avec une vigueur de logique qui ne laissent rien à désirer. Il me suffirait de rappeler ici les noms de contemporains tels que le Cardinal Wiseman ^^\ le R. P. Perrone, S. J. ^^\ Mgr. Malou (^), ancien professeur de Louvain, devenu depuis évêque de Bruges, le savant Milner ^^\ Smarius (^), et une foule d'autres, pour démontrer que le
(1) Dans l'ouvrage cité ci-dessus.
(2) Il protestanteêimo c ht regola di t'ede. Ce magnifique ouvrage en trois volumes a été traduit en français par M. l'abbé F. E. Chassay, Paris, 1854.
(3) De la lecture de la Bille en langue vulgaire.
(4) End of controteray.
(5) Pointa of conlroveray.
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savoir et le talent n'ont pas fait défaut dans la manifestation et dans la défense de la vérité sur cette question fondamentale. Mais leurs ouvrages sont généralement longs, peu connus de la plupart des lecteurs, et traitent souvent de bien d'autres sujets, qui, tout en étant d'un intérêt vital ailleurs, à raison des circonstances, n'en offrent aucun en Canada. J'ai voulu parer à cet inconvénient en présentant au public ce modeste travail ; j'ai cru pouvoir combattre des erreurs qu'on ne cesse de répandre, et développer en même temps une matière qui sera toujours et pour tout chrétien, d'une importance majeure, parce qu'elle concerne les bases mêmes de notre foi. C'est en m'éclairant de la science profonde, de la lumineuse orthodoxie de mes anciens professeurs du Collège Romain, c'est en m' appuyant sur l'autorité des hommes émiuents dont je viens d'évoquer le souvenir, que j'ai entrepris de parler de la règle de foi. Faire voir la nécessité et les caractères d'une telle règle, montrer qu'elle ne se trouve pas dans le protestantisme, mais uniquement dans l'Eglise catholique : voilà en trois mots l'objet de cet opuscule. J'ai taché de procéder avec
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méthode, avec la plus grande clarté possible, afin de ne pas demeurer à l'état d'énigme pour les personnes peu familiarisées avec les études théologiques. Puissé-je atteindre le but que je me suis proposé et contribuer à dissiper le doute qui tourmente certains esprits, en les affermissant dans la vérité ou en les ramenant dans le sein de l'Eglise Romaine!
Mais pour produire et enraciner la foi dans une âme, il faut plus que les paroles de l'homme ; la grâce de Dieu seule peut opérer ce prodige; elle seule peut illuminer et toucher assez fortement pour faire aimer la vérité, pour y faire donner une adhésion complète, pour élever l'homme au-dessus des préjugés, des habitudes et même des intérêts temporels qui le retiennent si souvent dans la voie de l'erreur. Heureusement Dieu ne fait jamais défaut aux âmes droites qui le cherchent sincèrement ; il a pour elles toutes les prévenances d'une inimitable tendresse ; sa grâce les entoure comme d'une atmosphère céleste, à la fois lucide et vivifiante, qui leur permet d'apercevoir plus facilement la vérité et de la professer avec une fermeté de convictions que rien ne saurait ébranler. Depuis
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dix-huit siècles, bien des Sauls persécuteurs ont été arrêtés par Jésus sur le chemin de la vie et transformés en apôtres courageux de sa religion ; à sa parole toute-puissante, les Lazares sont sortis du tombeau de l'erreur et du péché et ont rendu gloire à l'infinie bonté du divin Maître. Ces résurrections dont notre âge a été si souvent le témoin, nous révèlent d'une manière éclatante l'action continuelle de Dieu au sein de son Eglise, et sa volonté constante de sauver tous les hommes, pourvu qu'ils ne mettent pas d'obstacles à sa grâce. Prions, afin que le désir le plus ardent du Sauveur se réalise, et qu'il n'y ait bientôt plus qnu7i seul troupeau et un seul pasteur (^).
Québec, 25 mars 1874.
(1) Joan., X, 16.
ET