CHAPITRE m
Les contradictions de la règle de foi protestante et de ses adeptes. — Le colportage de Bibles ; résultats obtenus.
1° La Bible, toute la Bible et rien que la Bible ; la Bible interprétée d'après la raison et le sentiment de chacun ; aucune doctrine ne peut être admise comme article de foi, si elle n'est contenue dans la Bible : voilà le principe fondamental de toutes les sectes protestantes, quel que soit le nom dont elles se parent, et quelle qu'en puisse être l'origine.
Or, ce principe n'est nullement contenu dans la Bible, comme nous l'avons démontré précédemment.
Donc ces sectes ne peuvent admettre leur principe fondamental sans croire quelque chose qui n'est pas contenu dans la Bible : ce qui est une première contradiction.
2° Non seulement ce principe n'est pas contenu dans la Bible, mais il est encore tout-à-fait en opposition avec le témoignage de la Sainte Ecriture. En effet, Jésus-Christ n'a rien écrit lui-même ; puis, lorsqu'il choisit ses Apôtres, il ne leur dit pas : «Allez et écrivez des Bibles que vous distribuerez dans le monde entier». Il ne dit pas non plus aux fidèles : « Prenez une Bible ; lisez-la ; comprenez-la
no LES CONTRADIGTIO.NS
aussi bien que possible, et faites-en la règle de votre foi et de votre conduite ». Mais il dit à ses Apôtres : « Allez, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, leur enseignant à observer tout ce que je vous ai commandé et voilà que je suis avec vous jusqu'à la consommation des siècles». Il leur dit encore: «Allez dans le monde entier ; prêchez l'Evangile à toute créature : celui qui croira et sera baptisé, sera sauvé ; celui qui ne croira pas, sera condamné. » Il ajoute ailleurs : « Celui qui vous écoute, m'écoute ; celui qui vous méprise, me méprise. » — « Celui qui n'écoute pas l'Eglise doit être regardé comme un païen et un publicain. » Puis l'on voit les Apôtres prêcher et prêcher sans cesse ; quelques-uns écrivent des épîtres et des évangiles, mais uniquement pour les besoins de certaines personnes ou de certaines Eglises particulières ; la plupart n'écrivent rien. Leurs successeurs prêchent également et ne s'occupent que bien peu de propager cette Bible, cependant si nécessaire, si indispensable, à en croire les protestants. Partout et toujours ils enseignent avec autorité ; les fidèles leur sont soumis en tous points ; aucun vestige de cette liberté individuelle, réclamée par le protestantisme dans l'interprétation de la doctrine. Est-il possible de trouver une opposition plus frappante que celle qui existe entre le principe de nos adversaires et la parole de Jésus-Christ ainsi que la pratique universelle et constante de l'Eglise ? Si ee
n'est pas là une contradiction de leur propre principe, c'est au moins une contradiction évidente des paroles de Notre-Seigneur contenues dans la Bible, pour laquelle ils professent un si profond respect : secoJide^ contradiction.
3" Les protestants admettent l'inspiration, l'authenticité, l'intégrité des Livres Saints, contenus dans leur Bible ; la plupart reconnaissent la validité du baptême des enfants, ou du baptême conféré même par les hérétiques et les infidèles ; bon nombre d'entre eux proclament la fameuse distinction entre les articles fondamentaux et non fondamentaux, etc.
Or aucun de ces points de doctrine, aucun de ces articles n'est contenu dans la Bible; ils ont emprunté les uns à l'Eglise catholique et ont tout simplement inventé l'autre.
Donc les voilà coupables d'une troisième contradiction.
4° Presque tous les protestants célèbrent et sanctifient le jour du dimanche, et cependant l'Ecriture ne parle que du sabbat, ou du samedi. D'où leur vient cette coutume générale, en contradiction avec leur Bible ? De l'Eglise catholique. — Où les Anglicans ont-ils pris la liturgie que l'on trouve dans leur Common Prayer Book, tout ce qui concerne l'ordination des évêques, des prêtres et des diacres ? La plus grande partie des choses leur vient de l'Eglise qu'ils ont reniée au XYP siècle et ne se trouve pas