‹ La Sainte Écriture et la règle de foiChapitre 47 sur 106 · LES CONTRADICTIONS · texte numérisé non relu

LES CONTRADICTIONS

dans la Bible. — En quoi il est facile de découvrir une quatrième contradiction.

5° Les protestants ne veulent que la Bible laissée à la libre interprétation de chacun. Mais alors pourquoi des chaires dans les temples? Pourquoi des ministres et des évêques qui se mettent en devoir de prêcher? Pourquoi viennent-ils, dans des sermons débités ou écrits, interpréter la Bible au peuple qui est censé pouvoir et devoir l'interpréter lui-même? N'est-on pas en droit de rejeter leurs opinions et de les proclamer fausses de tout point ou entachées d'erreur? On trouve répandus par milliers sur les grandes routes et jusques dans les campagnes les plus reculées, des livres, des brochures, des pamphlets protestants ; est-ce que tout cela n'est que la Bible pure, ou qu'un moyen de maintenir la liberté d'interprétation de l'Ecriture? Est-ce que les auteurs de ces écrits, estce que tous ces prédicants trouveraient bon que les fidèles, lisant la Bible, l'interprétassent dans le sens catholique, qu'ils y trouvassent, par exemple, une Eglise divinement constituée pour enseigner les nations, sept sacrements destinés à sanctifier l'homme dans les diverses conditions de la vie ? Non, certes, et chacun sait toutes les injures que certains écrivains déversent contre les catholiques et leurs doctrines. Il est donc bien facile de découvrir entre le principe fondamental et la manière d'agir des protestants une cinquième con tradiction .

Les disciples de la Réforme ne pourraient-ils pas

aussi avec raison rétorquer contre ces nombreux prédicants du protestantisme les paroles que M. Merle d'Aubigné (i) dirigeait contre les catholiques : « Nous admettons sans restriction le besoin d'une autorité suprême, absolue et unique pour conduire l'homme dans les voies du salut ; mais cette autorité, nous ne la plaçons pas dans les mains du pécheur, dans celle de l'homme ; ce n'est pas sur la parole de la créature que nous croyons à la parole du Créateur ; nous ne voulons pas une révélation de la révélation, une règle pour la règle, nous ne voulons pas de reflet ; nous ne nous chaufTons pas au clair de la lune» .

6° « La Bible, toute la Bible et rien que la Bible^ » dites-vous. — Mais pourquoi donc ces synodes si péniblement réunis? Apparemment qu'on veut y élucider quelques questions, s'entendre sur certains points ; autrement ils n'auraient aucun sens. Pourquoi ces confessions, bien élastiques, si vous le voulez, et fort vagues, si ce n'est pour mettre un peu d'uniformité dans les croyances, et pour astreindre jusqu'à un certain point les fidèles à s'y conformer? Pourquoi celte alliance évangélique que le Révd. Wells prétend avoir été plus œcuménique que le concile du Vatican ? Risum teneatis, amici (2). Il est bien manifeste que tous ces petits moyens de cohésion indiquent autre chose que la libre interprétation de la pure parole de

(1) Appel à la conBcience des catholîquea romains, ap. MagnÎD, p. 306.

(2) Morning Chronicle do Québec, 26 février, 1874.

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