UNITÉ DE FOI NÉCESSAIRE
entre eux cette parfaite union que l'on admire entre les membres du corps humain, qui participent à la même nourriture corporelle, qui sont tous animés par une seule et même âme, et qui sont tous subordonnés ou coordonnés les uns aux autres. «Soyez tous, écrit le grand Apôtre W, un seul corps et un seul esprit, comme vous avez été appelés à une seule espérance dans votre vocation. Il y a un seul Seigneur, une seule foi., un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous qui est au-dessus de tous, au milieu de toutes choses et en nous tous.» Plus loin (2)^ il exprime le désir « que nous parvenions tous à Vunité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu.... et que nous ne soyons point emportés ça et là à tout vent de doctrine, par la méchanceté des hommes, par Tastuce qui entraîne dans le piège de l'erreur. » Ailleurs c'est Jésus-Christ lui-même qui compare son Eglise à un royaume, à une cité, à une maison, hune famille j à un bercail, etc. ; c'est au moyen de ces figures qu'il nous fait connaître la nécessité de l'unité et de la subordination dans son Eglise C^).
Mais comment Jésus-Christ réunira-t-il et conliendra-t-il tous les peuples dans une même foi, dans une seule communion ? Comment pourra-t-il réussir à former de tous ces membres un corps parfait ?
(1) Ephes, IV, 45,
(2) Ephes. IV, 13, 14.
(3) Cf. Mt. V, 15; Joan. X; XVII, 11; I Cor. XII, 13; Mt. VII, 24, etc.
DANS l'Église chrétienne. 137
Supérieur à tous les temps et à tous les lieux, il se substitue sur la terre une autorité infaillible, des Apôtres pour enseigner partout la même doctrine, les mêmes dogmes, tout ce qu'il leur avait prescrit lui-même, et pour administrer les mêmes Sacrements, et en particulier le baptême par lequel chacun pourra devenir membre de son corps mystique ; puis il leur envoie le Saint-Esprit pour leur enseigner toute vérité.
Les Apôtres, fidèles à l'ordre de leur divin Maître, prêchent partout la même doctrine. Ils fondent plusieurs Eglises, mais la foi qu'ils enseignent, est absolument identique en tous lieux. Nous disons encore souvent dans le langage ordinaire : les Eglises de France, d'Espagne, d'Italie, d'Angleterre, du Canada, de même que l'Apôtre saint Paul fait mention, lui aussi, de plusieurs Eglises dans ses diverses épitres. Mais cela ne veut nullement dire, comme voudraient le faire croire certains protestants, que ces Eglises eussent des symboles de foi difîérenis. Non ; ce que saint Paul prêchait à Ephèse, à Athènes, à Corinthe, à Philippes, saint Pierre le prêchait à Rome^ saint Jacques à Jérusalem, et les autres dans les diverses contrées de la terre. C'est ce que nous retrouvons à toutes les époques de l'existence de l'Eglise catholique ; parcourez le monde entier, allez au Japon, aux Indes, à la Chine, en Afrique, en Europe, en Amérique, enOcéanie ; pénétrez dans les temples ; interrogez le clergé et les fidèles ; toujours
138 tMTÉ DE FOI IMPOSSIBLE
et partout, vous entendrez la même profession de foi ; vous les verrez administrer les mêmes sacrements ; vous les trouverez tous soumis à leurs évêques, et par là même au chef de l'Eglise universelle, au Souverain Pontife, successeur de l'Â-pôtre saint Pierre ; le symbole de foi que chante le Pape sous les voûtes de la basilique Vaticane, est le même qui se chante du fond du cœur par tous les catholiques de l'univers.
Comme on le voit, Tunité est inhérente à la constitution, à la règle de foi de l'Eglise catholique ; quiconque refuse à son autorité infaillible l'obéissance qu'il lui doit, se trouve par là même exclu de son sein, et cesse d'être un de ses membres. Ainsi donc quelqu'un peut bien se séparer de l'Eglise catholique, mais il ne peut pas se séparer dans l'Eglise catholique : ce serait un contre-sens. Que ce soit un empereur, un prince, un évêque ou un simple fidèle, il ne fait plus partie de l'Eglise du moment qu'il répudie sciemment une doctrine qu'elle a définie. Mais il en est tout autrement chez les partisans de la fausse Réforme ; il n'y a pas de limites dans la négation ; on peut tout nier et demeurer protestant, pourvu toutefois qu'on n'ose jamais affirmer que la Bible contient l'institution divine d'une Eglise infaillible.
Beaucoup de protestants sincères n'ont pas hésité à reconnaître que Jésus-Christ veut l'unité dans son Eglise. Les premiers réformateurs surtout insistaient fortement sur ce point, déclarant que se séparer de
un allenlat des plus alroces O). Leurs livres svmbo '.quesco„„e„„eu.la profession de foi c« ™ 1 ^Shsedans laquelle régne l'unùé. «Je défie, d I Samuel Parker «, de me montrer un arti e ITu
« Ouam au pèche de diviser TEglise. nous conviendrons s „s pe,„e que c'est nn crime des plus graves et d plus énormes comme des plus odieux „ ?=)
Les efforls que les piotestanls de loutes les dénomma„ons ont faits à diverses époques pour formuler des symboles, des professions de foi communT demem.eronl comme un monument éternel de leur adhésion à la doctrine chrétienne de l'un ,é de
"que de eui jmi)uissance à la produire en pratinue Suivant l'expression d'un célèbre réforme*^ I ul é protestante est haehée en mille pelolons
Comment pourrait-il en être autrement? Comment sans une autorité vivante et infaillible arriveraU-on
n'aura ,1'.,,^ , " 'i"" ^^ Pr^'estanlisme
n aura d au re règle de foi que la lettre morte de
comme ,1 le voudra. La raison plus ou moins
(1) Calvin, Inatitut. I. IV.
(2) Religion and loyalty, 1684.
(3) Seriom enquirn into the causes of the neahct of ,7. rehgion. ■' "<^ff<-«ct oj the protestant