CHAPITRE II
LÀ RÈGLE DE FOI PROCHAINE OU l'ÉGLISE ENSEIGNANTE.
ARTICLE PREMIER
Nécessité d'une autorité doctrinale proclamée par la raison. — Jésus prouve sa divinité ; il prêche, mais n'écrit pas. — fl donne mission à ses Apôtres de prêcher sa doctrine et non de l'écrire. — Il constitue saint Pierre chef du collège apostolique et de toute son Eglise, pasteur de tout son troupeau. — Il donne au corps enseignant l'autorité suprême et aux fidèles l'obligation de croire et d'obéir. — Les écrits inspirés de quelques Apôtres ne changent en rien la constitution primitive de l'Eglise du Christ ; erreur du protestantisme sur ce sujet. — L'Eglise est investie d'une autorité infaillible par Jésus lui-même ; preuves tirées de l'Ecriture ; promesses du Sauveur ; assistance du Saint-Esprit. — Seule l'Eglise catholique revendique cette infaillibilité et pour jusqu'à la fin des siècles. — L'Eglise d'Angleterre se proclame faillible.
Parmi les vérités révélées, il y en a qui sont contenues dans les Saintes Ecritures, et d'autres qui ne se trouvent que dans la tradition. Mais comme toutes sont également divines et que Dieu n'est pas astreint à nous parler dans un livre, il s'ensuit que nous devons les croire toutessans distinction et professer pour elles un égal res:iect.
NÉCESSITÉ d'une AUTORITÉ DOCTRINALE. 203
Mais cette révélation, écriteou non écrite, estparellemême une lettre morte ; elle renferme, comme nous l'avons déjà vu auparavant, une foule d'obscurités ; à ce sujet naissent des doutes sérieux, des controverses ardentes qui la mettent en péril ; qui fera cesser ces incertitudes, qui dirimera ces disputes religieuses ? — Elle peut être morcelée par une critique téméraire ; qui la conservera dans toute sa pureté primitive ? — Elle est destinée à tous les hommes ; qui la propagera toujours la même jusqu'aux extrémités de la terre ? — Nous avons déjà constaté que ni l'autorité d'une Eglise faillible, ni l'inspiration supposée du Saint-Esprit, ni ia raison individuelle appliquées à la Bible, ne peuvent conduire à ces résultats ; le langage des faits et un examen attentif de ces divers systèmes nous en ■ont fourni une éloquente et persuasive démonstration. Même à ne considérer les choses qu'au point de vue de la raison, il est facile de se convaincre qu'il est radicalement impossible de conserver la révélation, •toujours et partout la même, sans une autorité vivante, suprême, infaillible, perpétuelle.
Or cette autorité en matière doctrinale, dont la raison elle-même proclame la rigoureuse nécessité, Jésus-Christ l'a établie de la manière la plus claire et la plus solennelle.
Des miracles éclatants (^), des prophéties que les événements confirmaient C2), la connaissance in-
(1) Mt. XI, 5 ; Joan. X, 37 ; XV, 24, etc.
(2) Mt. XXIV ; Luc, XVIII, 31 ; Joan. II, 19, etc.