‹ La Sainte Écriture et la règle de foiChapitre 81 sur 106 · ASSISTANCE DU SAINT-ESPRIT · texte numérisé non relu

ASSISTANCE DU SAINT-ESPRIT

Les partisans de la Réforme ne manquent pas de nous répondre que Dieu seul est infaillible, et que les hommes sont tous sujets à l'erreur. Cela est vrai, si l'on pose en principe que Dieu ne peut pas communiquer à l'homme le privilège de ne pas errer ; mais ne serait-ce pas une manifeste absurdité que de soutenir pareille proposition ? Sa puissance seraitelle donc limitée? Ne serait-il pas libre de communiquer à un ou à plusieurs la prérogative de conserver intact le dépôt de la révélation ? Pourquoi ne pourrait-il pas conférer à la succession apostolique ce qu'il a conféré à Pierre et aux autres Apôtres ? Nul doute que, sans une assistance spéciale de Dieu, tout homme peut se tromper même dans les choses les plus ordinaires, et, à plus forte raison, dans les matières de foi qui dépassent souvent la portée de notre faible intelligence ; les études sérieuses, la science profonde, les lumières du talent ou même du génie ne suffisent pas pour mettre à l'abri de l'erreur, et si Jésus-Cbrist n'eut pas donné à l'infaillibilité de son Eglise un fondement plus solide, il eut agi comme cet homme insensé, dont il parle lui-même dans l'Evangile, et qui bâtit sa maison sur le sable ; la pluie, îes rivières, les vents viennent fondre sur cette maison, et elle s'écroule W. Mais le Sauveur en a agi tout autrement, et s'il a promis à son Eglise que les portes de l'enfer ne prévaudraient point contre elle, il lui a promis en même temps le secours néces-

<1) Mt. VII, 26, 27.

PROMISE A l'Église. 217

saire pour atteindre cette fin : ce secours, c'est celui d'un guide infaillible, de la sagesse infinie, c'est Fassistancedu Saint-Esprit. Ouvrons encore un instant les Saintes Ecritures et méditons les paroles si claires que le Sauveur adresse à ses Apôtres.

<i Je prierai mon Père, dit-il, et il vous donnera un autre Paruclet, pour qu'il demeure élernellement avec vous, c'est l'Esprit de vérité que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne le voit pas et ne le connaît pas ; mais vous, vous le connaîtrez parce 4ju'il demeurera au milieu de vous, et qu'il sera ea

vous Mais le Paraclet, l'Esprit-Saint que moa

Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai 4it » (1). Ailleurs il ajoute : « J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez les porter à présent. Quand cet Esprit de vérité sera venu, il vous enseignera toute vérité » C^).

Jésus-Christ a donc entouré son Eglise comme d'un înur d'airain, imperméable au flot de l'erreur, et assez fort pour la protéger contre toutes les puissances infernales. Ce mur protecteur, c'est son Esprit-Saint, rEsprit de vérité, qui doit demeurer élernellement avec les Apôtres, leur rappeler tout ce qu'il leur a dit, leur enseigner toutes choses, toute vérité. Les Apôtres sont donc les dépositaires de toute la révélation ; tel est le

<1) Joan. XIV, 18, 17, 26.

(2) Joan. XVI, 12, 13. Cf. Luc, XSIV, 49 ; Joan. XV, 16 ; Aot. II î I Petr. I, 12.

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précieux trésor sur lequel le Saint-Esprit veille, pour ainsi dire, avec un soin tout particulier par l'intermédiaire des Apôtres.

Cette promesse solennelle, de même qu'une foule d'autres vérités contenues dans ce même discours du Sauveur, ne concernait pas seulement ceux à qui il parlait en ce moment, mais encore tous leurs successeurs légitimes. En effet, il promet de demeurer éternellement ou à jamais avec eux. Or il est bien évident que les Apôtres ne devaient pas vivre toujours, si ce n'est dans leurs successeurs. Donc l'Esprit- Saint continue d'enseigner toute vérité à son Eglise. Cette conclusion est clairement confirmée par ces autres paroles que le Sauveur adressait à ces mêmes Apôtres après sa résurrection : « Allez, enseignez toutes les nations, baptisez-les.... enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé, et voilà que je suis avec vous tous les jours jusqu'à la consommation des siècles (i). Comment, en effet, Jésus- Christ pouvait-il promettre d'être toujours avec ses Apôtres, lorsqu'il était évidemment sur le point de leur retirer sa présence visible et de monter au ciel ? Il voulait sans doute leur parler de sa présence invisible par l'assistance et la protection du Saint- Esprit, qu'il allait leur envoyer. Mais comme cette présence doit se perpétuer jwsçtt'à la fin des siècles ou du monde, il devient manifeste que cette promesse n'est pas faite aux Apôtres seuls, mais à l'Eglise ensei-

0) Mt. XX VIII, 19, 20.

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