LES NOTES DE LA. \TIÀ1E ÉGLISE
à' une autorité suprême ei de la prérogative de Vinfaillibilité en vertu de Tassistance du Saint-Esprit ; les autres sont obligés de recevoir les enseignements qui leur sont donnés et de s*^ soumettre de tout cœur, comme ils se soumettraient à Dieu même.
Cette Eglise, que le Rédempteur a acquise au prix de son sang elà laquelle ilaconfiéla garde desa doctrine, doit manifester à l'extérieur ses titres de noblesse, sa céleste origine ; elle doit se révéler en tous temps et en tous lieux comme la vraie Eglise du Christ ; elle doit porter sur son front une auréole particulière qui la fasse reconnaître, et des signes si manifestes, si caractéristiques qu'on puisse la distinguer de toutes les fausses églises, puisque Dieu veut le salut de tous les hommes, et que les moyens de salut ne se trouvent que dans l'Eglise de Jésus-Christ : ces marques distinctives, ces notes sont r«/a7é parfaite, la samfefe, la catholicité et Vapostolicité. Voilà comment tous les siècles chrétiens ont interprété les paroles du Sauveur concernant la constitution de l'Eglise et ses caractères particuliers.
Examinons maintenant à quelle société chrétienne actuellement existante peut s'appliquer ce plan divin ; voyons quelle est celle qui réalise évidemment toutes les conditions voulues par le Sauveur ; en d'autres termes, où se trouve le vrai christianisme, la religion révélée que Notre-Seigneur a apportée aux hommes? Est-ce dans quelqu'une des communions protestantes? Est-ce dans l'Eglise catholique ?
Quiconque voudra considérer tant soit peu l'état actuel du protestantisme, se convaincra facilement que là ne se trouve pas la société fondée par Jésus- Christ. En effet, l'Eglise chrétienne a reçu pour base Pierre et ses successeurs, à qui le Sauveur a conféré une autorité suprême sur tout son troupeau. Or le protestantisme, sous quelque forme qu'il se présente à nos regards, ne voit dans Pierre qu'un Apôtre ordinaire, ayant peut-être plus de talents que les autres et un titre honorifique : voilà tout. Quant à ses successeurs, il ne veut leur reconnaître aucune autre autorité que celle d'un évêque quelconque. Maintenant, demanderai-je aux différentes sectes protestantes, comment pouvez-vous vous flatter d'être dans la véritable Eglise, lorsque vous proclamez à son de trompe que l'Eglise à laquelle vous appartenez n'adhère ni à Pierre ni à ses successeurs? Vous êtes donc en dehors de la base que le Sauveur a donnée à son Eglise et par conséquent vous n'êtes pas dans la vraie Eglise du Christ^ ou, comme s'exprimait saint Jérôme, vous êtes en dehors de l'arche de Noé ; vous périrez dans les eaux du déluge. — Pierre a été constitué pasteur universel du troupeau de Jésus- Christ -, mais en refusant ce titre à Pierre et à ses successeurs, vous n'appartenez plus au troupeau de Jésus-Christ ; en d'autres termes, vous cessez d'être membres de son Eglise.
Je sais que nos adversaires ont coutume de restreindre à Pierre les paroles de Notre Seigneur ; ils
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ne veulent pas entendre parler d'héritiers, ni desuccesseurs.
A cette objection, je répondrai avec l'abbé Magnin : « L'Eglise ne devait-elle vivre que la vie de Pierre ? Le fondement que lui avait posé la main de son divin^ auteur, devait-il^ après un quart de siècle à peine, lut manquer avec cet Apôtre ? Le temps, qui altère lesinstitutions humaines, devait-il triompher et triompher si tôt de sa constitution divine ? Et si la nature et le gouvernement de l'Eglise doivent être aujourd'hui ce^ qu'ils étaient au temps de Pierre, comment cet Apôtrepeut-il être la pierre fondamentale de l'Eglise, si ce
n'est dans la personne de ses successeurs ? Les
bases ne se mettent pas pour un jour, quand la durée de l'édifice doit être (comme c'est le cas pour l'Eglise)' celle des siècles ; elles doivent le supporter jusqu'à, son dernier jour ; car si jamais le fondement vient h manquer, l'édifice croule ; et c'est ce qui prouve qu'il fallait à Pierre des successeurs qui devaient ne faire avec lui qu'un seul être moral. » Un peu plus loin, il ajoute : « Quelle est TEglise contre laquelle ne doivent pas prévaloir les portes de l'enfer ? C'est l'Eglise bâtie sur Pierre, l'Eglise dont Pierre a le& clefs, où il lui est donné de lier et de délier. Or, comment à cette Eglise pourrait ne pas appartenir l'Eglise particulière de Rome ? Rome, l'Eglise par excellence de saint Pierre, l'Eglise fondée non seulement sur lui, mais par lui, gouvernée par ses successeurs ? A ne considérer même dans Rome que l'Eglise-