‹ La Sainte Ecriture et la règle de foi [microforme]Chapitre 130 sur 142 · SAINTETÉ DE L'ÉGLISE ROMAINE · texte numérisé non relu

SAINTETÉ DE L'ÉGLISE ROMAINE

L'unité a donc toujours existé dans l'Eglise Catho- Jique Romaine ; elle existe maintenant et ELLE EXISTERA TOUJOURS, parce qu'elle doit nécessairement se produire sous l'influence d’uneautorité infaillible, chargée de maintenir intacte la révélation di-ne. Inutile— disons-le en passant, —inuiile pour l'Eglise anglicane de prétendre être avec l'Eglise gréco-russe et l'Eglise Romaine, une branche de l'Eglise véritable du Christ, puisque la première condition pour en faire partie, c'est de se soumettre à l'autorité légitime et divinement constiluée.

La note de sainteté ne se trouve pas moins évidemment dans l’Eglise catholique. Sans doute, tous ses membres ne sont pas saints, puisque partout l’homme reste libre de faire le mal ; aussi Jésus-Christ a-t-il prédit qu'il y aurait des scandales et que l'Eglise serait <omme un Champ où croissent à la fois l’ivraie et le bon grain, comme un bercail où il y a des boucs et des brebis. Cependant il n’en est pas moins vrai de dire que le catholicisme, saint dans son origine, dans son dogme, dans sa morale, dans son culte, n’a jamais

-Cessé d' produire des saints. Je n’en veux d'autre

preuve que ceux qui ont paru depuis trois cents ans. Trouvera-t-on au sein de la Réforme beaucoup de

<hrétiens et de chrétiennes comme saint Charles Ror-

romée, sainte Thérèse, saint Ignace, saint François- Xavier, saint Louis de Gonzague, saint François Régis, ‘saint Vincent de Paul, saint François de Sales, sainte Jeanne de Chantal, saint Alphonse de Liguori et une

foule d’autres ? Trouvera-t-on dans le prosestantisme beaucoup de jeunes personnes qui consentent à se séparer de leurs familles, à s’exiler du monde, à renoncer parfois à une brillante fortune, pour se consacrer exclusivement au service de Dieu par les vœux solennels de pauvreté, de chasteté et d’ubéissance ? En trouvera-t-on beaucoup qui aient consumé leur vie à mendier pour les pauvres et pour les infirmes, à soigner les malades dans les hôpitaux, à panser les blessures jusque sur les champs de bataille, à ramener dans le chemin de la vertu les malheureuses victimes du vice ? Bien peu ; on affecte même du dédain et de la haine pour cette perfection évangélique. Le catholicisme, au contraire, peut compter par milliers ces âmes saintes et courageuses qui sacrifient tout pour Dieu, et qui croient, avec la Sainte Ecriture, que la foi sans les œuvres est une foi morte. Et le missionnaife catholique a-t-il jamais reculé devant les épidémies, devant les PSE CIOIES les cachots, la mort même ? Jamais ; aussi n’a-t-il rien qui l’attache à la terre ; il nè laisse après lui ni veuve, ni orphelins ; il s’appartient tout entier, ou plutôt il est la propriété de Dieu seul, à qui ila consacré ses travaux et sa vie ; il est heureux de donner son sang pour la foi ou pour le soulagement des infortunes humaines. Je n'ai qu’à rappeler ici son héroïsme pendant les pestes de Milan et de Marseille, pendant les guerres,

pendant le choléra qui a exercé tant de ravages à

diverses époques, jusque dans notre Canada, ; je

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n'ai qu’à prononcer les noms de pays tels que le Japon, la Chine, le Tonkin, la Corée, etc., pour voir surgir devant moi une nuée de courageux martyrs, qui n'ont jamais manqué de successeurs dans la continuation de leur œuvre. Qu'on ne prenne point mes paroles pour de l'e: : 1siasme, pour une exagération surannée ; je maj : «1e uniquement sur des faits qui sont du domaine ce l’histoire.

Encore une remarque avant d'aller plus loin.

Lorsque quelqu'un se décide à passer du protestantisme au catholicisme, est-ce par l'espoir d’une vie plus libre et plus facile, d’une religion moins exigeante, moins sévère vis-à-vis de l'orgueil et des autres passions mauvaises du cœur humain ? Tout au contraire; et, ce qui empêche souvent certains retours à la religion catholique, c’est qu'on serait obligé de s’astreindre à l’obeissance en matière religieuse, à la <onfession de ses fautes, à une morale rig'de, au jeûne, à l'abstinence, etc. Tout cela est fort simplifié dans le protestantisme, comme chacun le sait ; mais est-ce bien là la religion du Christ? On connaît ce mot de Fitz William : « Le passage de l'Eglise à une secte est trop souvent le chemin des vices, et celui d'une secte à l'Eglise est toujours par le chemin des vertus » (1), |

L'Eglise Romaine est non-seulement sainte, mais encore catholique ou universelle, Contrairement au

1) Lettres d'Atticus. Paris, 1826, p. 112.

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