‹ La Sainte Ecriture et la règle de foi [microforme]Chapitre 20 sur 142 · L'AUTHENTICITÉ DE LA BIBLE · texte numérisé non relu

L'AUTHENTICITÉ DE LA BIBLE

infinies, que la millième partie du genre humain n’est pas même capable d'entreprendre, Comment faire voir avec cette clarté qui est le fruit de la certitude, qui entraîne après elle la conviction et qui est absolument requise en pareille matière, comment faire voir qu'il n’y a pas eu interpolation ou corruption du texte primitif pendant une période de dix-huit siècles ? Ce point offre encore plus de difficultés à résoudre que le précédent, et même je n’hésile pas à dire qu’il est impossible de démontrer clairement l'intégrité de tous les textes de l'Ecritire par les seules règles de la critique ordinaire. Pour nous, catholiques, qui croyons que toute la parole de Dieu, même écrite, a été confiée à la garde de l'Eglise infaillible de Jésus- Christ, pour être par elle conservée et propagée dans tous les lieux et dans tous les temps, nous demeurons parfaitement rassurés, car notre foi est assise sur le roc immuable des promesses divines. Mais je déclare bien ouvertement que si j'étais membre de quelque secte protestante, ma tranquillité ne serait pas aussi parfaite ; je me demanderais et je demanderais à mes ministres si ce livre, si cette Bible qu’ils meprésentent, est bien inspirée de Dieu et est en réalité la parole de Dieu. Je leur demanderais si ce volume contient toute la parole de Dieu, ou bien seulement une partie ; si les livres qu'ils rejettent comme deutérocanoniques et non inspirés, ne seraient pas par hasard des livres aussi divins que les protocanoniques ; si cette Bible qu'on me donne n’a pas été falsifiée

dans plusieurs de ses parties; si beaucoup de textes n’ont pas été omis, altérés, ou controuvés. Voilà autant de questions fondamentales pour tous ceux qui n'admettent que la Bible comme leur règle de foi : questions très-épineuses, excessivement ardues, et dont la solution, abandonnée &ux faibles ressources de la critique historique, doit nécessairement laisser dans l’âme de tous ceux qui s’en occupent les terribles anxiétés du doute.

Comment, en effet, un protestant pourrait-il demeurer tranquille, comment pourrait-il avoir une ombre de certitude, lorsqu'il considère que son opinion personnelle est en contradiction avec celle de milliers de savants catholiques qui, humainement parlant, sont tout aussi capables de juger ces questions que les savants protestants ? Si du moins il y avait accord parfait entre ces derniers sur les parties constituantes de la Bible, sur les livres et les textes qui doivent en faire partie, ce serait une garantie humaine plus rassurante. Mais nous avons vu quelle diversité presque infinie d'opinions règne sur ces questions vitales, qui touchent à la base même de la fameuse Réforme du seizième siècle ; il suffit de les agiter, de les examiner un instant pour voir la fragilité du fondement sur lequel repose le protestantisme.

D'ailleurs, je le demande à tout homme de bonne foi, croit-on qu'il y ait beaucoup de méthodistes, de luthériens, de calvinistes, de quakers, de presby-

tériens, de baptistes et autres, qui se soient con-

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