‹ La Sainte Ecriture et la règle de foi [microforme]Chapitre 22 sur 142 · L'AUTHENTIC:LÉ DE LA BIBLE · texte numérisé non relu

L'AUTHENTIC:LÉ DE LA BIBLE

mieux mérité. Il en résulte que tout chrétien protestant a le droit, pour ne pas dire le devoir, de récuser l'autorité de l'Eglise à cet égard, de réviser son jugement, et, le cas échéant, d'y substituer le sien. Or quelles sont les conséquences de cette liberté que le protestantisme reconnaît implicitement au fidèle ? Que la question de canonicité.… qui forme un des éléments de l'autorité protestante, en matière de foi, est une question remise au jugement de chacun ; que la règle de l’autorié n'existe pas d’une manière objective et certaine ; que l’on peut différer à cet égard sans cesser d’être chrétien ; que chaque individu est appelé à se prononcer sur des matières au sujet desquelles les docteurs doutent et diffèrent ; que le plus simple des fidèles, avant d’être sûr de sa foi, doit résoudre des questions d'authenticité et de canonicité, de critique et d'histoire ; bref, que l’article cardinal de la foi chrétienne, le principe même de l'autorité, et, par suite, de toute la religion qui repose sur celte autorité, repose lui-même sur le sable mouvant de recherches délicates, d'opérations littéraires incerlaines, en un mot, d’études rarement favorisées de la lumière de l'évidence. En vérité, voilà une assielte bien solide pour la foi de l'Eglise ! Voilà une règle bien accessible à la masse du peuple chrétien ! » (@) Un catholique n’eût pas parlé autreme i.

(1) La critique et la foi, p- 13 et 14.

à LL

Que ces questions soient difficiles, très-peu étudiées et au-dessus de la portée des intelligences ordinaires, c’est un fait que personne n'’osera nier et qui n'est que trop connu de tous ceux qui s'occupent de ces matières.

Il est donc absolument impossible aux protestants 1° de constater l'inspiration des Saintes Ecritures ; 2° de déterminer quels sont les livres qui composent le canon des Ecritures ; 3° d'établir l'intégrité de ces livres et de tous les textes qui les composent ; 4° de mettre: ces pénibles recherches à la portée des intelligences ordinaires ; elles ne seront toujours l’apanage que d’un très-pelit nombre.

ARTICLE QUATRIÈME

Impossible à un protestant d'établir, comme articles de foi, l'inspiration, l’authenticité et l'intégrité des Livres Saints. —Nature du jugement que l'Eglise porte sur les Ecritures. —La démonstration catholique ne renferme pas de cercle vicieux.—Wiseman.—Perrone.

Pour les protestants, la Bible est l'unique règle de foi ; ils rejettent la tradition divine. Cependant la foi divine doit nécessairement s’appuyer sur la parole de Dieu écrite ou traditionnelle.

Or il est impossible, comme nous l'avons vu, de démontrer par la Bible, l'intégrité, l'authenticité et l'inspiration de tous les Livres Saints et de chacune de leurs parties.

Donc, si ces points peuvent et doivent être établis. comme articles de foi, il ne reste d'autre ressource, pour arriver à ce résultat, que de chercher un appui, une base dans la parole de Dieu tradition. elle.

Or nos adversaires ne l’admettent pas comme faisant autorité, si ce n’est peut-être certaines sectes, en tant qu’elle leur paraît conforme à l’Ecriture.

uonc ils n’ont aucun moyen d'établir comme articles de foi divine les points ci-dessus mentionnés.

En d’autres termes : tout article de foi divine doit s’appuyer sur la parole de Dieu.

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Or, les protestants prétendent que la parole de Dieu est contenue seulement dans l'Ecriture, et l’Ecriture ne suffit pas pour démontrer l'inspiration, l’authentücité et l'intégrité des livres qui la composent.

Donc, impossible pour un protestant d'établir ces trois points comme articles de foi divine.

Mais si nos adversaires ne peuvent établir que les Ecritures soient inspirées et authentiques, impossible pour eux de faire un acte de foi divine sur ce qui y est contenu ; impossible d’en déduire un article de foi : ce serait donner plus d'extension à la conséquence qu'aux prémisses.

Dansles premiers siècles du christianisme, certains docteurs et même certaines Eglises particulières admettaient dans le canon des Ecritures le Pasteur d'Hermas, l'épitre de saint Barnabé, etc. ; cependant il leur restait quelque doute sur leur canonicité. Auraient-ils pu déduire de ces écrits douteusement inspirés des articles de foi? Non, certainement ; car pour tirer une conclusion certaine, irréfragable, il faut avoir des prémisses certaines, irréfragables ; si la base est ruineuse, l'édifice le sera également.

Mais, répliquent nos adversaires, s’il appartient à l'Eglise seule de déterminer la canonicité et l’inspiration des Ecritures, il s’ensuit que l'E-'ise a une plus grande autorité que l’Ecriture. En effet, l’autorité du juge est plus grande que celle de l'individu qui est jugé. Or l'Eglise, dans ce cas, porte son jugement sur l’Ecriture, et par là même elle lui donne l’auto-

rité. Donc, dans le système catholique, l'Eglise a une plus grande autorité que l’Ecriture.

* A cela je réponds que l'Eglise n’a jamais prétendu avoir plus d'autorité intrinsèque que l’Ecriture, ni lui conférer une autorité divine ; car l’Ecriture ellemême est divine ; elle contient la parole de Dieu indépendamment du jugement de l'Eglise, et antérieurement à ce jugement. Tout le rôle de l'Eglise se réduit donc à faire connaître quels sont les livres qui sont inspirés, qui contiennent la parole de Dieu et qui par conséquent possèdent une autorité divine. L'Eglise ne neut pas faire qu’un livre qui a été écrit sans l'inspiration divine, devienne inspiré ou soit considéré comme tel par le fait même de la déclaration qu’elle en ferait ; non, elle constate, mais elle ne donne, ni ne produit l'inspiration.

En d’autres termes : le jugement de l'Eglise sur les Ecritures n'est pas destiné à leur donner l'autorité divine, mais uniquement à nous faire connaître cette autorité qu’elles possèdent déjà.

Fort bien, reprend-on ; mais alors la base sur laquelle vous vous appuyez n’est pas moins fragile que la nôtre. Vous prouvez l'autorité divine de votre Eglise par l’Ecriture, et ensuite vous démontrez l’autorité divine de l’Ecriture par celle de l'Eglise : ce qui est évidemment un cerele vicieux.

La réponse est assez facile ; c'est que pour faire un cercle vicieux, il faut que les deux propositions soient également incertaines et controversées. Or

c'est ce qui n’a pas lieu dans la question que nous traitons actuellement. En effet, lorsque nous prouvons l'infaillibilité et l'autorité de l'Eglise par la Bible, nous nous plaçons sur un terrain qui nous est commun avec les protestants ; nous nous appuyons sur une base, dont ils admettent, csmme nous, la solidité, c’est-à-dire l'infaillible véracité des Ecritures : d’où il suit que nous pouvons en déduire des conclusions rigoureuses contre nos adversaires. Ainsi les textes que nous apportons pour prouver linfaillibilité de l'Eglise sont clairs, et même les plus clairs de l’Ecriture ; er outre, tout homme qui n’est pas imbu de préjugés, qui chache la vérité religieuse dans toute la sincérité de son âme, peut et doit nécessairement donner à ces textes le sens catholique, sans qu'il soit besoin pour cela d’une interprète infaillible, ni d’une assistance spéciale du Saint-Esprit, En effet, bien que nous exigions une Eglise infaillible pour bien comprendre toutes les Ecritures, pour réprimer l'audace de l'erreur et pour terminer les controverses qui s'élèvent si souvent sur le sens de la divine parole, cependant nous admettons bien volontiers que beaucoup de textes sont assez clairs pour être compris sans ce secours particulier.

Donc, dans la polémique contre les protestants, nous pouvons, sans faire un cercle vicieux, prouver l'infaillibilité de l'Eglise par des textes de la Sainte Ecriture, et leur montrer par là que s’ils lisaient la Bible sans parti-pris, sans préjugés et avec un désir

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ardent de connaître la vérité, ils y trouveraient euxmêmes l'institution d’une Église enseignante et infaillible, et la condamnation de leur propre principe fondamental, de leur règle de foi.

D'ailleurs, «ce n’est point, à proprement parler, d’après l'autorité de l’Ecriture que nous croyons à l'Eglise, mais d’après l'autorité du Christ, el si ceque À le Christ nous prescrit à l'égard de l'Eglise se trouvait É |

dans tout autre livre qui fût dans les conditions né- | cessaires pour obtenir la créance, nous croirions à l'autorité de l'Eglise comme nous y croyons mainte- : ] nant. Nous considérons donc, au premier regard, ; ê l'Ecriture comme un livre qui nous présente un per- : l sonnage revêtu d’une autorité divine pour établir une C loi; nous le recevons comme tel, et nous examinons l les paroles qu’il nous adresse, et nous découvrons : “ qu’appuyé sur l'évidence de sa mission divine il a | d institué une autorité pour nous enseigner sa parole, el et que dès lors, ce ne sont pas des avis seulement m que cette autorité nous adresse, mais des règles l! qu’elle nous impose en vertu de ce pouvoir dont le el Christ l’a revêtue ». () : Vr Quant à la démonstration que nous en faisons pour de nous-mêmes et pour nousrendre compte de notre foi, La ‘ elle n’est nullement entachée de cercle vicieux. Je | Ch pourrais me contenter, pour toute réponse, de de- cl mander à nos adversaires si les chrétiens Sdèles des "re | nis

(1) Wiseman, Conférences sur les doctrines, etc., p. 88. ]

premiers âges de l'Eglise crurent en la mission divine et infaillible de Jésus-Christ, de ses Apôtres et de leurs successeurs, au moyen de la lecture de la Bible

qui n'était certainement pas encore toute écrite, ou

du moins très-peu connue de ces chrétiens. Comment s’attachaient-ils donc à l'Eglise enseignante ? Où puisaient-ils les raisons, les motifs de leur obéissance à l'Eglise ? S'ils n'avaient pas le brillant et divin flambeau des Livres Saints, apparemment qu'ils devaient en avoir un autre qui leur indiquait la voie droite et les attirait à sa lumière. Oui, ils en possédaient un autre dans les miracles que faisaient les Apôtres et leurs successeurs, et qui étaient aussi éclatants que ceux de leur divin Maître ; dans les prophéties de l'Ancien Testament et de Jésus-Christ qui se réalisaient dans l'Eglise catholique ; dans son unité de foi, dons la sainteté des fidèles, dans sa diffusion rapide en dépit de tous les obstacles, dans ces nombreux motifs de crédibilité qui ont toujours accompagné l'Eglise, qui l'ont rendue visible aux yeux des nations, et qui l'ont fait connaître de tout temps comme l’œuvre de Jésus-Christ, comme la seule et vraie héritière des promesses du Dieu fait homme. L'Eglise prouvait sa mission céleste comme l'avaient fait Jésus- Christ et ses Apôtres; et les fidèles croyaient en elle, comme ils avaient cru en eux. La Bible n'était pour rien dans leur conversion du paganisme au christianisme.

Ecoutons sur ce sujet la voix toujours si sûre et si

mers

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