‹ La Sainte Ecriture et la règle de foi [microforme]Chapitre 47 sur 142 · L’ANGLICANISME · texte numérisé non relu

L’ANGLICANISME

qu’elle reconnaît la nécessité des bonnes œuvres avec la foi pour le salut: ne pourra-t-il pas, ne devra-t-il pas même abandonner cette Eglise faillible, qui lui a en réalité enseigné l’erreur ou soustrait une partie de la doctrine révélée ? S'il a des doutes sur l’orthodoxie de l'enseignement donné par son Eglise, —et qui n’en aurait pas dans une Eglise qui se proclame passible d'erreur ?—n'est-il pas strictement obligé de s'enquérir de ce qui fait l’objet de ses doutes ? Or tous peuvent et doivent être inquiets de connaître si la voie qu'ils suivent est vraie ou fausse, bonne ou mauvaise ; la question est des plus importantes, puisqu'il y va du salut ou de la réprobation éternelle ; tous devront donc s’assurer si les trente-neuf articles et les décisions postérieures de leur Eglise sont en parfaite harmonie avec les Ecritures. Mais quels sont ceux qui sont en état de faire une pareille étude, en supposant mème qu'ils aient une version fidèle des Livres inspirés ? Combien y a-t-il de personnes dont l’intelligence est suffisamment cultivée et les loisirs assez considérables pour entreprendre ce difñcile travail et ÿ réussir? Je n'hésite pas à dire que le uombre en serait excessivement restreint.

On voit donc de suite 1° que cette autorité d’une. Eglise faillible ne peut pas dirimer les controverses religieuses ; 2° qu’elle ne peut offrir aucune garantie d’orthodoxie ni de certitude à ceux qui font profession de la reconnaître ; 3° qu’elle les ramène en définitive à l'examen privé des Ecritures. De là il est facile de

conclure que ce système est insuffisant, impossible et opposé à la révélation, comme nous l’avons déjà démontré.

Le système Puséiste qui cherche à se rapprocher encore davantage de la règle de foi catholique, est sujet aux mêmes inconvénients que les précédents. Il n’est pas appuyé sur l’Ecriture, et par là même qu’il déclare que l'Eglise a pu errer et a erré après les quatre ou cinq -premiers siècles, par là même aussi il proclame que l'Eglise de Jésus-Christ est faillible, et que chacun devra contrôler ses définitions en examinant si elles sont conformes à l’Ecriture : et nous voilà encore revenus à l'examen privé, à l’interprétation individuelle de la Bible.

Voyons si les fails ne confirment pas ce que nous venons de dire. Le Rév. Marsh, évêque de Peterborough, affirme que l'Eglise d’Angle‘erre n'étend point son autorité au-delà de ce qu’exig2 rigoureusement l'intérêt de sa propre conservation ; il ajoute que personne n'est obligé d'accepter une interprétation donnée par l'Eglise, s’il la juge fausse, et que, dans ce dernizr cas, il est out à fait libre de se séparer de l’anglicanisme ().

Le R. P. Perrone a traité la même question avec beaucoup de talent. Il fait dans les termes suivants (2) l'exposé historique des discussion:: animées qui eurent

(1) Comparative view of the churches of England and Rome, ch. (2) La règle de foi, t. I, p. 542.

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