L'INDIFFÉRENTISME
tuelle,—qui n'a été conférée divinement qu'au Pape et aux Evêques,—aux princes séculiers, aux différents souverains qui gouvernent le monde.
La fausse réforme du seizième siècle a produit non seulement le servage de l’Eglise vis-à-vis de l'Etat, mais encore l’indifférentisme et le scepticisme religieux. Inlerrogez le premier venu d’entre les ministres protestants ; demandez-lui ce qu'il faut croire. Il vous répondra invariablement : La parole de Dieu contenue dans la Bible.—Mais, lui direz-vous, êtes-vous bien sûr que c’est la parole de Dieu qui se trouve dans cette Bible ? Qui vous l’a dit ? De qui avez-vous reçu cette Bible ?—De nos pères qui nous l'ont toujours donnée comme un livre divin.—J'accorde cela volontiers ; mais qui l'avait remise à vos pères ?—Luther, Calvin et tous ceux qui ont réformé l'Eglise Romaine au seizième siècle.—C'est encore vrai ; mais vous ne faites que reculer la question ; la Bible n’est pas tombée du ciel entre les mains de Luther et de Calvin : où l’avaient-ils prise ?—Dans l'Eglise catholique, dont ils se sont séparés à cette époque : pas d'autre réponse possible. L'Eglise catholique qu'ils ont tant accusée, qu'ils ont chargée d'injures, à laquelle ils ont reproché tant de méfaits, tant de corruptions, et même l’idolâtrie, aurait dore été la seule gardienne de la Bible depuis Jésus-Christ. Mais ne l'a-t-elle pas falsifiée, interpolée, altérée de quelque manière pour justifier ses doctrines ? Une Eglise qui pourrait tomber dans l'erreur et être
sujette à la corruption, peut fort bien ne pas se faire scrupule de modifier le texte sacré. Voilà donc un premier doute, inévitable pour tout protestant qui réfléchit, qui ne marche pas en aveugle ; ce n’est que par l'Eglise catholique qu’il peut savoir si la Bible est un livre inspiré, si le texte en a été fidèlement conservé. Or comme il répudie le témoignage de l'Eglise, il s'ensuit qu'il n’a plus pour appuyer l'édifice de sa foi que le sable mouvant du doute. Allons plus loin; interrogeons de nouveau un pasteur protestant ; demandons-lui de vouloir biennous interpréter certains passages de cette Bible, dont il vante la radieuse clarté. Voyons quel sens il donnera aux paroles du Sauveur dans la dernière Cène : ceci est mon corps, ceci est mon sang. Il nous répondra sans doute, comme la plupart des protestants modernes, que le pain et le vin que nous donne Jésus-Christ ne sont pas changés en son corps et en son sang, mais n’en sont que le signe, la figure, le souvenir. Nous avons donc d’un côté Jésus-Christ qui dit aussi explicitement que possible que c’est son corps et sonsang, et de l’autre le protestantisme qui ose nous soutenir que ce n’est pas son corps et son sang ; d’un côtéles Apôtres, les Pères de l'Eglise, les Conciles, tout le peuple chrétien, les plus g'ands génies de tous les sièeles qui se lèvent pour affirmer que la ‘présence réelle est exprimée dans ces paroles, de l’autre le protestantisme, Eglise hier encore au berceau, Eglise dont la naissance et la décomposition ont été à peu
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