L’INDIFFÉRENTISME
près simultanées, Eglise dénourvue de toute autre base traditionnelle qu’une critique téméraire, et qui ne {rouve dans l’Eucharistie qu’un souvenir de Jésus Christ! Et encore que de protestants, à partir de: Henri VIII et des anciens Luthériens jusqu'aux Pu-seyistes de nos jours, ont cru comme nous en !a: présence réelle, et ont interprété les paroles du Sauveur dans le même sens que l'Eglise catholique ! Il est bien évident que, même à ne considérer les choses qu’au point de vue humain et rationnel, l'interprétation catholique de ces paroles est infiniment plus sûre, puisqu'elle a en sa faveur les clartés du sens naturel, jointes au témoignage unanime de tous les siècles chrétiens.
On peut faire le même raisonnement sur n'importe quel texte dela Sainte Ecriture. Le protestant ne peut jamais dire : « Je suis très-certain, etc. ; » il peut dire tout au plus : « Je pense qu’on doit entendre ce texte dans tel sens ; c’est là mon opinion ; mais je puis fort bien me tromper, attendu que des millions de personnes lui donaent un autre sens.» La lumière si rassurante de la certitude ne peut jamais briller aux regards de cetinfortuné ; il vivra toujours dans les angoisses du doute religieux, toujours incertain sur la vérité de sa foi, sur la pureté de ses: eroyances, toujours ballotté en tous sens par le souffle capricieux des opinions contraires, toujours inquiet. sur ln route av il suit et sur l’avenir qui lui est réservé. Le doute est un abîme sans fond ; impos-
sible de pouvoir jamais y jeter l’ancre de l'espérance. Qui pourrait décrire cet état de souffrance continuelle ? Luelle anxiété fébrile ! Quelle fatigue morale que de rechercher sans cesse la vérité, de penser l’atteindre à chaque instant, et de retomber toujours dans !:8 mêmes incertitudes ! On se rappelle involontaire. ment le supplice de Tantale, dévoré d’une soif ardente et ne pouvant jamais approcher ses lèvres desséchées d’une eau qui le fuit; ou encore celui du malheureux Sisyphe, conü“amné à rouler un bloc. énorme au haut d’un rocher escarpé, d’où il retombait sans cesse.
Cet état d'incertitude continuelle finit nécessaire-ment par engendrer l'indifférence vis-à-vis de n’im-porte quelle communion, et produit un scepticisme complet. Aussi voyez le portrait que M. Scherer faisait de l'Eglise réformée : « Ruine de toute vérité, faiblesse du fractionnement, dispersion des troupeaux, anarchie ecclésiastique... Socinianisme honteux de lui-même, rationalisme édulcoré, sans doctrine, sans. consistance... Le nom de cette église demeure, mais. ne désigne plus qu’un cadavre, un fantôme, ou, si l’on veut, un souvenir et une espérance... Fauted'une autorité dogmatique, L'INCRÉDULITÉ A ENVAHI LES TROIS QUARTS DE NOS CHAIRES » (1).
L'indifférentisme côtoie le raitonz/isme. Combien d2 protestants ont commencé par scruter pieusement les Ecritures et ont fini par le scepticisme religieux et.
(:) De l’état actuel de l'Eglise réformée en France, 1844,