DÉ LA VULGATE
gène; mais plus tard, convaincu, et avec raison, que l'original vaut toujours mieux. qu'une version, il traduisit d’après l’hébreu même tous les livres de l'Ancien Testament, excepté la Sagesse, l'Ecclésiastique, les deux livresdes Machabées, Baruch, la lettre de Jérémie, les additions au livre d’Esther, les deux derniers chapitres de Daniel, le cantique des trois enfants dans la fournaise. La version italique de ces derniers livres, ainsi que du Pseutier (corrigé cependant d’après les Septante par saint Jérôme), jointe à celle des autres livres de l'Ancien et du Nouveau Testament faite sur l’hébreu, sur le chaldéen et sur le grec par le même illustre Docteur, constitue notre Vulgate actuelle.
Malgré les nombreuses critiques que souleva cette version, elle fut adoptée presque immédiatement dans plusieurs Eglises de l'Espagne, des Gaules et de l'Afrique, et peu après dans les autres Eglises de l'Occident. A raison de sa clarté et de son exactitude, elle a été même la seule usitée dans l'Eglise latine depuis le huitième ou le neuvième siècle.
C'estcette Vulgateque le concile de Trente a déclarée authentique dans toutes ses parties. Cela ne veut pas dire assurément que cette version doive être préférée aux textes originaux, qui en sont la source et qui sérvent à répandre de ia lumière sur les plus fidèles traductions, mais seulement que parmi les versions latines qui étaient en usage à l’époque de ce concile, la Vulgate doit avoir le prééminence ; c’est celle dont
on doit se servir habituellement. Ce décret ne signifie pas non plus que la Vulgate soit parfaite à tous égards, qu’elle ne renferme aucune expression qui ne puisse être avantageusement remplacée par une autre, mais il signifie simplement qu’elle ne contient'pas de faute d’où l’on puisse déduire une doctrine dogmatique ou morale erronée et que dans tous les textes qui concernent la foi et la règle des mœurs, elle nous montre la véritable parole de Dieu dans toute son intégrité, de telle sorte qu’en pareille matière on peut en tirer des preuves valables et que personne ne peut rejeter sous quelque prétexte que ce soit @). Les protestants feignent parfois d’être scandalisés des révisions que les Papes ont faites ou fait faire à la Vulgate, même après le concile de Trente ; mais s'ils avaient compris le vrai sens du décret conciliaire, ils se seraient exempté ces récriminations puériles; les corrections faites au texte étaient en général de peu d’importance, et n'affectaient nullement la doctrine, ni par conséquent l'authenticité telle que reconnue par le concile.
Tous les siècles se sont accordés à reconnaître l'excellence de la Vulgate ; le protestantisme luimême, par la voix de ses chefs, n’a pu s'empêcher d'en proclamer la supériorité. Entendez Hugo Grotius qui déclare « avoir toujours eu une très-grande estime pour la Vulgate, non seulement parce qu’elle ne contient pas de doctrines malsaines, mais parce
(1) Franselin, De divina traditione et ecriptura, p. 465.