LA TRADITION
nous de bouche en bouche et par conséquent inévitablement altérées et défigurées. 11 n’y a qu’à lire les ouvrages des coryphées de l’école d'Oxford pour se convaincre qu'ils ont des iaées tout à fait fausses sur la tradition catholique et n’attaquent que des chi-
‘mères.
Qu'est-ce donc que la tradition? « C’est, répond le R. P. Perrone (), l’enseignement oral tout entier que les Apôtres ont reçu des lèvres mêmes du divin Sauveur, et cet autre enseignement intérieur qui leur a été suggéré et inspiré par le Saint-Esprit. Enseignement qui consiste non dans de pures formules, dans de simples paroles, mais dans la vérité et les choses mêmes. Enseignement qui s’incorpora, pour ainsi dire, à l'Eglise naissante, la pénétra aussitôt, la remplit tout entière, et, depuis cette époque, n’a pas cessé de vivre en elle, de s’y conserver et de s’y propager dans toute la suite des siècles, comme il s’y propagera et s’y conservera jusqu’à la fin du monde. Enseignement qui avait atteint sa plénitude et sa perfection avant même que fussent écrits: les livres de la nouvelle alliance, et qui, par conséquent, contenait déjà toutes les vérités qui depuis ont été en grande partie consignées dans les livres sa:nts, mais vérités qui, bien loin de n’être qu’une lettre morte gravée sur un papier muet, ont toujours été des vérités vivantes ou vivifiées par la foi, par l'instruction,
(1) La règle de foi, t, 2, p. 48.
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par la vie pratique et par l'esprit intérieur du corps entier de l'Eglise. Enseignement qui n’a rien perdu de son autorité divine ni de son efficacité, comme de sa qualité et de sa dignité de règle, quand une partie en a été rédigée par écrit de manière à former peu à peu le canon du Nouveau Testament, dont les livres,
äncontestablement postérieurs à cet enseignement
traditionnel, n’ont jamais offert, quoi qu’on en dise, qu'une partie de la parole de Dieu. Je dis qu'une partie de cette parole: car personne ne s’avisera de dire que tout l’enseignement oral ait été consigné dans le premier évangile composé par saint Matthieu, puisque nous trouvons dans saint Marc plusieurs choses omises par ce premier. Nous aurions la méme chose à dire de l’évangile de saint Luc par rapport aux ceux évangiles antérieurs, la même chose à dire en sens inverse des diverses épîtres des Apôtres, y compris l’Apocalypse, par rapport à l’évangile composé par saint Jean, le dernier dans l’ordre des dates de tous les livres du Nouveau Testament, et où se trouvent beaucoup de choses omises dans tous les autres. Et qu'on ne dise pas pour cela que tout ce qui restait de l’enseignement oral ait été renfermé dans ce dernier évangile; car non-seulement aucun document ne le prouve, mais, de plus, nous trouvons dans ce livre même une protestation du contraire, puisque l’Evangéliste y déclare en termes expres que Jésus-Christ a fait bien d’autres choses qui ne nt
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