LA TRADITION ADMISE
gnage de saint Paul ? Ecoutez-le dans sa seconde id | épitre à Timothée disant expressément : « Ce que | 414 vous avez entendu de ma bouche devant un grand +} 100 nombre de témoins, confez-le à des hommes fidèles, qui soient eux-mêmes capables d’en instruire les | autres » @). « Je voulais vous écrire plus au long, » Du | dit saint iean à la fin de sa seconde épître, « mais je | n'ai pas voulu confier tout cela à l’encre et au papier, si car j'espère que j'irai bientôt vous voir et que je vous |: parlerai tête-à-tête, etc ».
L'existence de traditions divines, non écrites, se trouve confirmée par les témoignages d’une foule de Pères de l'Eglise ; j’en cite quelques-uns au hasard. « Quoi donc! s’écrie saint Irénée, si les Apôtres ne nous eussent pas même laissé les Ecritures, n’aurait- 4 il pas fallu suivre l’ordre de la tradition qu'ils ont mise en dépôt dans les mains de ceux auxquels ils
LE confèrent les Eglises ? Beaucoup de nations qui ont :, recu la foi en Jésus-Christ, ont suivi cet ordre, conde servant sans caractères ni encre, les vérités du salut
hu. écrites dans leur cœur par le Saint-Esprit, et gardant avec soin l’ancienne tradition... Ces hommes, qui ont embrassé cette croyance sans aucune Ecriture, | sont barbares par rapport à notre langage, mais quant
à la doctrine, aux coutumes et aux mœurs que pres-
crit la foi, ils sont parfaitement sages et agréables à
ie Dieu. Si quelqu'un leur proposaitles dogmesinventés
A (1) I Tim. IL, 2.
par les hérétiques, aussitôt ils se boucheraient les oreilles et s’enfuiraient bien loin pour ne pasentendre de tels blasphèmes, Ainsi, constamment attachés à cette vénérable tradition des Apôtres, ils ne voudraient pas même admettre dans leur penséela mcindre image de ces prodiges d'erreurs » ().
« Il n'y a de vrai, dit Origène, que ce qui est conforme de tout point à la tradition ecclésiastique et apostolique » (@). Et ailleurs: «C’est la tradition des Apôtres qui enseigne à l'Eglise la nécessité du baptême conféré aux enfants » G).
« La tradition appartient, comme l’Ecriture, à l'ensemble de la vérité chrétienne », dit Tertullien.— Et ailleurs : « Si vous êtes chrétien, croyez à la tradition ». Si christianus es, crede quod traditum est (4), « Si vous demandez, ajoute-t-il, que ces usages et autres semblables, soient confirmés par l'autorité des Ecritures, on ne pourra le faire ; ils n’ont d’autre source que la tradition confirmée par la pratique et sanctionnée par l'obéissance ; c'est pourquoi on ne doit pas en appeler aux Ecritures ». Souvent même il en appelle à la tradition contre ses adversaires, contre les hérétiques de son temps, parce que la plupart admettaient comme les catholiques la force d’un argument traditionnel.
(1) Ado. Her. 1 IT, e. &
(2) Deprineipiüe, L. I.
(3) In epiet. ad Rom.
(4) Præscript. XIX; De cor. militie, c. IV'; De carne Chriats, €. IT.