Panis quem ego dabo caro niea est. [Joann., vi
COMMENT JÉSUS-CHRIST DEVIENT PRÉSENT DANS l'eUCHARISTIE. 533
« dent que le corps de Jésus-Christ ne commence pas d'exister «t dans TEucharistie par un mouvement local, parce qu'il s'ensui- « vrait qu'il cesserait d'être au ciel, car ce qui est mû localement « n'arrive dans un lieu qu'en quittant celui qu'il occupait auparaa vant. De sorte que tout corps mû localement passe à travers « tous les milieux. Mais on ne peut pas dire qu'il en soit ainsi dans « la question qui nous occupe, parce qu'il est impossible que le « même mouvement du même corps, mû localement, ait simul- « tanément pour termes divers lieux. Et puisque le corps de « Jésus-Christ commence à être simultanément en plusieurs « lieux, il faut qu'il ne puisse commencer à être dans ce sacre- « ment que par le changement de la substance du pain en lui- « même. Et comme ce qui se change en quelque chose ne subsiste « plus, après que la conversion est faite, il s'ensuit que la subs- « tance du pain ne pourrait subsister après la consécration sans « compromettre la vérité du sacrement ^. »
Quelque grande que soit l'autorité de S. Thomas, la raison que nous venons de donner après lui, du changement de substance qui s'opère dans l'Eucharistie, n'est pas admise par plusieurs auteurs, tant anciens que modernes. Duns Scot, le Docteur Subtil, la repousse parce que, dit-il, ni cette conversion ni les espèces ne sont la raison d'être, l'essence de la présence réelle de Jésus- Christ dans le Saint-Sacrement. Dieu peut donc faire que Jésus-
1. Respondeo dicendum quod quidam posuerunt post consecrationem, substantiam panis et vini in hoc sacramento remanere. Sed hcec positio stare non potest : primo quidem quia per hanc positionem tollitur veritas hujus sacramenti, ad quam pertinet ut verum corpus Christi in hoc sacramento existât, quod quidem ibi non est ante consecrationem. Non autem aUquid potest esse alicubi, ubi prius non erat, nisi vel per loci mutationem, vel per alterius conversionem in ipsum ; sicut in domo ahqua de novo incipit esse ignis, aut quia illuc defertur, aut quia ibi gcneralur. Manifestum est autem quod corpus Christi non incipit esse in hoc sacramento per raotum localem ; primo quidem quia sequeretur quod desinerct esse in cœlo : non enim quod locahter movetur, pervenit de novo ad ahquem locum nisi deserat priorem ; secundo quia omne corpus localiter motum pertransit omnia média, quod liic dici non potest; tertio quia impossibile est quod unus motus ejusdem corporis localiter moti terminetur simul ad diversa loca, cum tamen in pluribus locis corpus Christi sub sacramento simul esse incipiat. Et ideo rclinquiturquod non possit aliter corpus Christi inciperc esse do novo in hoc sacramento, nisi per conversionein substantia? panis in ipsum ; quod autem convcrtitur in aliquid, facta conversione, non manet. Unde reliquiturquod salva veritale hujus sacramenti, substantia panis post consecrationem remanere non possit. (S. TiiOM., III, q. Lxxv, art. 2.)
Christ y soit présent sans conversion et sans les espèces ellesmêmes. C'est ainsi que Tàme de Jésus-Christ s'y trouve aussi bien que son corps et son sang, quoiquelle n'y soit en vertu d'aucun changement de substance. Et l'on n'avancerait de rien en disant qu'elle y est par concomitance, parce qu'il faudrait avouer alors qu'une chose qui n'est pas transportée localement d'un lieu dans un autre peut s'y trouver néanmoins par un autre moyen que le changement de substance. Dans la Sainte Eucharistie, la présence de l'àme de Notre-Seigneur est bien distincte de celle du corps, et aucune substance n'est changée en elle.
D'autre part. Dieu peut faire que le corps de Jésus-Christ pénètre en un espace occupé déjà par une autre substance, comme il pénétra autrefois la pierre du tombeau et les portes du cénacle. Alors il n'y aurait aucun changement substantiel, mais la substance du pain existerait sous les espèces qui lui sont propres en même temps que celle de Jésus-Christ.
Pour ces motifs et pour d'autres encore, Scot, Suarez, Durand, Richard, Cajétan, Sotus, se séparent de S. Thomas sur ce point, et disent que Dieu, en vertu de sa toute-puissance, pourrait faire que le corps de Jésus-Christ fût sacramentellement présent sous les espèces consacrées, sans mouvement local préalable, et sans que le pain fût converti en lui, d'où résulterait la présence simultanée du corps de Jésus-Christ et de la substance du pain.
Il est de foi que cette présence simultanée n'existe pas, mais absolument parlant, si Dieu le voulait ainsi, elle pourrait exister. S. Bonaventure et plusieurs autres, d'accord avec S. Thomas, repoussent cette possibilité. Mais il n'en reste pas moins vrai que la raison donnée par S. Thomas, de la nécessité que la substance du pain soit changée au corps de Notre-Seigneur pour que ce corps adorable soit présent, n'est pas inattaquable. Nous n'avons pas à enti'er dans les interminables discussions des grands théologiens sur ces questions difficiles; c'est dans leurs nombreux in-folio que ceux qu'elles intéressent doivent les aller chercher. Les conclusions certaines ou au moins probables nous suffisent.
Quoi qu'il en soit donc des diverses opinions des théologiens, il est de foi que la substance du pain et du vin est changée au corps et au sang de Notre-Seigneur, d'où résulte cette autre vérité également certaine, que la substance du pain et du vin ne demeure pas dans l'Eucharistie, après la consécration.
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Bérenger a prétendu le premier que la substance du pain et du vin demeurait sous les saintes espèces, en même temps que le corps et le sang de Notre-Seigneur.
D'autres hérétiques ont avancé que le corps et le sang de Jésus- Christ sont partout, à cause de leur union avec le Verbe, et qu'ils ne sont pas plus dans l'Eucharistie qu'ils ne sont ailleurs, d'où il suit que leur présence n'exclut pas celle de la substance du pain.
D'autres ont dit que la substance du corps de Jésus-Christ et la substance du pain, simultanément présentes dans l'Eucharistie, sont toutes deux hypostatiquement unies au Verbe.
D'autres encore, que le corps de Jésus-Christ est uniquement au ciel, mais que le Verbe se joint hypostatiquement à la substance du pain, qui peut ainsi être appelé son corps, au même titre que celui avec lequel il a vécu et souffert sur la terre.
D'autres ont imaginé qu'il n'y avait de consacré que la partie de la matière qui devait être consommée par des justes.
D'autres enfin, que toute la matière était consacrée, mais qu'elle redevenait du pain lorsque des méchants la recevaient.
A toutes ces inventions de l'esprit de mensonge nous répondrons qu'il est de foi que la substance du pain et du vin ne demeure pas dans l'Eucharistie, en même temps que le corps et le sang du Seigneur. A plus forte raison, cette substance n'est-elle pas unie hypostatiquement au Verbe divin, soit immédiatement, soit par le moyen du corps adorable de Jésus-Christ. Le Fils de Dieu s'est incarné, mais il ne s'est pas impané, c'est-à-dire uni à la substance du pain, comme il s'est uni au corps et à l'àme qu'il a pris dans le sein de la bienheureuse Vierge Marie, sa mère.
Du pain et du vin il ne reste que les accidents ou apparences, après la consécration. Toute la substance du pain est changée au corps, toute la substance du vin est changée au sang de Notre- Seigneur. Beaucoup de conciles l'avaient défini avant que le saint concile de Trente le proclamât une dernière fois, dans le ii^ canon de la XIIP session que nous avons déjà cité *. Tel fut aussi l'en-
\. Definita fuit hœc Veritas per milita concilia. Primo quitlem implicite in Concil. Vercel. Turon. Rom. sub ISicolao 11, in quibus error Berengarii fuit damnatus. Pra^lerca autem definila fuit expresse in Concil. Rom. sub Gregor. VU ubi Berengariùs oppositam lueresim abjuravit et banc veritatcm confessas est, et habetur forma bujus palinodise apud Surium, tom. III Concil. adnot., ad Concilium romanuin sub Nicolao II, celebratum. Hem substantiam panis et vini transsubstanliari in corpus, et sanguinem Cbristi deiinitum fuit
536 LA SAINTE EnCHARISTIE. — LIVRE I. — CHAPITRE XVI.
seignement des Pères pendant toute l'antiquité, et l'on n'a, pour s'en convaincre, qu'à relire les textes que nous avons rapportés, pour montrer leur croyance en la présence réelle de Jésus-Christ dans l'Eucharistie.
Les Pères, il est vrai, ne se servent pas du mot transsubstantiation, mais qu'importe le mot, pourvu que la pensée qu'il exprime avec une précision particulière éclate à chaque moment dans leurs écrits? Ils n'emploient pas ce mot, mais ils se servent de périphrases équivalentes. Ils affirment que le pain est converti en la substance du corps du Christ, ou qu'il est changé, transformé au corps de Jésus-Christ, qu'il devient ce corps. Or, comme ou l'a remarqué avec raison, ce qui devient autre chose, ce qui est changé en autre chose, n'est plus ce qu'il était d'abord, il cesse de l'être, par là même qu'il devient cette autre chose en laquelle il est changé. On voit que si le mot de transsubstantiation est relativement nouveau, la doctrine qu'il exprime ne l'est pas, et que Luther a tort de dire que le pape Innocent III et les scolastiques en sont les inventeurs.
Il est vrai que la Sainte Eucharistie reçoit encore quelquefois, dans les Évangiles et dans les écrits des Pères, le nom ôepain; mais ce nom lui est donné parce que le pain en a été la matière éloignée, et que c'est du pain qui a été changé au corps de Jésus-Christ. Ajoutez que la Sainte Eucharistie conserve les apparences du pain, et qu'elle est notre nourriture spirituelle. A ce titre, quoi de plus naturel que de lui conserver le nom de ce qu'elle fut et de ce dont elle garde toutes les apparences? Ainsi a fait Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-môme ; ainsi ont fait après lui les Pères de l'Église et les auteurs ecclésiastiques, sans se mettre aucunement en contradiction avec les mille endroits où ils proclament que ce pain n'est plus du pain, mais qu'il est le corps du Fils de Dieu fait homme.
S. Thomas ne se contente pas de la première raison que nous
ab Innocenlio III, in Concil. Later. ethabetur cap. Firmiter de summa Trinit. Amplius haec fidcs definita est iterum in Concilio Romano celebrato anno 1413 contra Wicleff, ex ciijus erroribus hic erat primus quod substanlia panis et vini maneantin hoc sacramento. Amplius definita fuit in Concilio Constant., sess. VIII, et in fine fuit definitio approbata a Martino V; et in Concil. Florent, in decrelo unionis ubi absolute dicitur substnntiam panis et vini converti in corpus et sanguinem Christi. Et tandem in Concil. Trident., sess. XIII, cap. IV et can. 2. (Passerini, quaest. lxxv, art. 2, cap. ii.)
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avons rapportée et que n'admettent pas plusieurs théologiens, pour prouver le changement qui s'opère dans la Sainte Eucharistie, et la disparition complète de la substance du pain après la consécration. La présence de cette substance, dit-il, serait contraire à la forme de ce sacrement : « Ceci est mon corps, » Hoc est corpus meum. Jamais il ne sera vrai que le pain soit le corps de Jésus- Christ. Si la substance du pain demeurait, le Seigneur aurait dit : Ici est mon corps, puisque son corps adorable aurait été où était le pain ^ Le saint concile de Trente présente, sous une autre forme, ce même argument du docteur Angélique. Voici ce qu'il définit au chapitre iv de la XIIP session : « Et parce que Jésus- « Christ notre Rédempteur a dit que ce qu'il offrait sous l'espèce « du pain était véritablement son corps, il a toujours été tenu pour a constant dans l'Église de Dieu, et le saint concile le déclare en- « core de nouveau, que, par la consécration du pain et du vin, il « se fait une conversion, un changement de toute la substance du « pain en la substance du corps de Notre-Seigneur, et de toute la « substance du vin en la substance de son sang ; changement que « l'Église catholique a fort à propos et fort proprement nommé « transsubstantiation 2. » Jésus-Christ a dit vrai en prononçant ces mots : Ceci est mon corps ; l'Église de Dieu, qui est la colonne de la vérité, a toujours cru, en conséquence, que toute la substance du pain est convertie en la substance du corps de Notre- Seigneur et le saint concile, s'appuyant sur le même motif, le proclame de nouveau. D'après S. Thomas, Jésus-Christ n'aurait pas dit la vérité, si la substance du pain était demeurée dans l'Eucharistie ; d'après le concile de Trente, il a dit la vérité, par conséquent elle n'y demeure pas. La conclusion est toujours la même, et le fond du raisonnement est identique, si la forme est différente.
4. Secundo quia haec positio contrariatur formse hujus sacramenti, in qua dicitur : Hoc est corpua meum, quod non esset verum, si substantia panis ibi remaneret ; nunquam enim substantia panis est corpus Christi, sed potius esset dicenchim : Hic est corpus meum. (S. Tiiom., III, q. lxxv, art. 2, in corpore artic.)
2. Quoniam autem Christus Redemptor noster, corpus suum id quod sub specie panis offerebat, vere esse dixil ; ideo persuasum semper in Ecclesia Dei fuit, idque nunc denuo sancta luiec synodus déclarât, per conseornlioncm panis et vini convcrsionem fiori totius sul)slantic*ç panis in substanfiam corporis Domini nostri, totius substantia? vini in subslantiam sanguinis ojus, qua; conversioconvenicnler et proprie a sancta catliolica Ecc]c^ia trnnssubslautialio est appellata. [Concil. Tvid., sess. XIII, cap. iv.)
On a fait cependant quelques objections. Scot a dit, par exemple, que le pronom ceci pourrait bien indiquer le corps de Jésus-Clirist contenu dans le pain, comme il le révèle contenu sous les espèces. Mais il suffit de remarquer, pour répondre à cette objection, que les paroles sacramentelles doivent être entendues dans le sens que leur donne l'usage commun, et non pas dans le sens qu'il pourrait plaire à n'importe qui de leur attribuer. Le pronom ceci, hoc, selon la remarque de Suarez, Vasquez et Gajétan, ne signifie nullement les accidents d'une chose, mais cette chose elle-même, ce qui sert de support aux accidents, en un mot sa substance. C'est donc de la substance que Jésus-Christ parle en disant ceci est mon corps; c'est sa propre substance, et uniquement elle, que recouvrent les accidents ou espèces du pain qui demeurent, lorsque leur propre substance cesse d'exister.
Mais lors même qu'il serait possible que les deux substances, celle du pain et celle du corps de Jésus-Christ, demeurassent ensemble, sous les espèces sacramentelles, lors même qu'il serait acceptable de donner ce second sens aux paroles de Jésus-Christ, outre le sens qu'elles expriment naturellement, et que S. Thomas regarde comme seul admissible, l'Église a fait son choix entre les deux interprétations ; elle a choisi celle qui exclut la présence de la substance du pain ; c'est celle de tous les docteurs catholiques, même de ceux qui admettent la possibilité de la présence des deux substances, après les paroles de Jésus-Christ, ceci est mon corps, si telle avait été sa volonté. L'Église a choisi cette interprétation, non pas précisément parce que nulle autre n'était possible, mais parce qu'elle est la seule conforme à la vérité, et que, conduite par le Saint-Esprit, elle ne pouvait pas s'arrêter à une autre.
Une troisième raison que donne S. Thomas, pour prouver le changement de la substance du pain en colle du corps de Jésus- Christ, est que la présence de la substance du pain (nous ne nommons pas celle du vin pour plus de simplicilô) serait un obstacle à la vénération et à l'adoration qui sont dues à cet auguste sacrement '.
Duns Scot oppose à celte raison que l'on pourrait en dire autant des espèces. Elles font partie du sacrement avec le corps de Jésus-
\. Tertio quia contnjri.ilur vcncralioni hujus sacramenli, si aliqua substanlia creala esset ibi, qucjc non posset adoratione lalriai adorari. (Id., iùid.ac supra.)
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Christ, cependant nous ne les adorons pas : pourquoi n'en seraitil pas de môme de la substance du pain, si elle demeurait avec celle du corps de Jésus-Christ sous ces espèces ? Cajétan répond que quoi qu'il en soit de l'adoration que l'on pourrait, dans cette hypothèse, adresser au Très Saint Sacrement de l'Eucharistie, il est certain que nous adorons la substance cachée sous les espèces sacramentelles, et que nous adorerions ainsi réellement le pain, s'il était encore sous ces espèces en même temps que le corps de Noire-Seigneur. On pourrait, il est vrai, faire autrement et diviser son intention, mais il y aurait là un danger permanent et très prochain d'idolâtrie, pour les ignorants et les personnes peu attentives, qui adoreraient tout ce qui serait caché à leurs sens dans ce Très Saint Sacrement.
Nous pouvons donc conclure que la vérité du changement de la substance du pain et du vin en celle du corps et du sang de Notre- Seigneur Jésus-Christ est un dogme de notre foi. Si les Pères, si les anciens conciles ne l'ont pas définie comme telle, c'est qu'avant Bérenger personne ne l'avait attaquée, et elle ressortait si clairement des paroles de Jésus-Christ et de tout l'enseignement de la tradition, qu'il était inutile d'en faire une déclaration particulière. Le saint concile de Trente, en la proclamant, n'a fait que constater la croyance universelle de tous les temps, ainsi qu'il le déclare lui-même : « Cette doctrine a toujours été tenue pour cons- « tante dans l'Église de Dieu, et le saint concile la proclame de « nouveau '. »
Nous ne nous arrêterons pas à demander ici si la substance du pain est, oui ou non, annihilée. Il n'y a là, au fond, qu'une question de mots, il suffit de préciser ce que l'on entend par annihilation. Si l'on entend que la substance du pain et du vin est replongée dans le néant, qu'elle cesse d'exister n'importe sous quelle forme et de quelle manière, nous répondrons que non ; elle n'est pas replongée dans le néant, elle ne cesse pas absolument d'exister.
Si l'on entend que la substance du pain et du vin cesse d'exister comme telle, qu'elle n'a plus rien du pain ni du vin, sauf les accidents, qu'elle est devenue une substance tout autre que celle qu'elle était d'abord; nous répondrons oui, la substance du pain et du vin a cessé d'exister comme telle ; elle n'est plus ce qu'elle a
1. Persuasum semper in Ecclesia Dci fuit, idque nunc dciuio sancla haec synodus déclarât.
été ; elle est la substance du corps et du sang de .Tésus-Christ. Si la substance du pain et du vin était annihilée d'une manière absolue, on ne pourrait pas dire que le pain et le vin sont changés au corps et au sang de Jésus-Christ, comme il est de foi qu'ils le sont. La forme du sacrement de l'Eucharistie n'indique en aucune manière ce retour au néant, et d'ailleurs, comme dit S. Augustin cité par S. Thomas : « Dieu n'imprime pas la tendance au nonff être '. » La substance du pain et du vin, au lieu d'être, à proprement parler, réduite au néant, est donc changée; elle devient une autre substance, et cette autre substance est celle du corps et du sang de Jésus-Christ lui-même. Il n'y a plus de substance du pain et du vin, elle n'existe plus comme telle, mais il y a ce qu'elle est devenue en vertu des paroles de la consécration, le corps et le sang de Jésus-Christ, qu'accompagnent indivisiblement son âme et sa divinité. Voilà ce que la foi nous enseigne, voilà le grand mystère que l'Église entend sous ce nom de transsubstantiation.