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CHAPITRE XXV

I. La Sainte Eucharistie unit les fidèles à Jésus-Christ et les fidèles entre eux. — II. Elle augmente la vie de la grâce. — III. Elle procure accidentellement l'état de grâce. — IV. Elle est un gage de la vie éternelle. — V. Elle est une source de douceurs et de consolations. — VI. Elle efface les péchés véniels. — VII. Elle remet indirectement les peines dues au péché. — VIII. Elle préserve l'homme des péchés futurs. — IX. Elle est utile même à d'autres qu'à ceux qui communient. — X. Elle n'est pas sans effet sur le corps" de ceux qui la reçoivent. — XL Union morale entre la chair de Jésus-Christ et celle des communiants. — XII. Rapports de la communion avec la vie future. — XIII. Eff'ets particuliers attnl)ués à chacune des espèces eucharistiques. — XIV. Moment précis auquel la Sainte Eucharistie confère la grâce sacramentelle. — XV. Conclusion.

LE SACREMENT DE l'eUCHARISTIE UXIT LES FIDELES A JÉSUS-CHRIST ET LES FIDÈLES ENTRE EUX

On ne s'étonnera pas des effets merveilleux que la Sainte Eucharistie opère en ceux qui la reçoivent, si l'on considère qu'en vertu de cet adorable sacrement, Dieu s'unit à l'homme de la manière la plus parfaite qu'il soit possible d'imaginer, après l'union hypostatique qui a fait du Verbe divin et de l'humanité une seule et unique personne en Jésus-Christ.

Notre-Seigneur Jésus-Christ est, dans la Sainte Eucharistie, la nourriture de nos âmes, dit le P. Saint-Jure, dont nous résumons ici le pieux et profond enseignement ', il opère donc en elles des effets analogues à ceux que produit en nos corps la viande matérielle. Elle les soutient, répare leurs pertes, éloigne la maladie et la mort, leur donne des forces pour résister à ce qui pourrait leur nuire et pour accomplir aisément leurs devoirs; elle leur fait g'oijter même certaines jouissances particulières, du moins si elles sont en état de les ressentir. Les aliments corporels ne produisent leurs effets que par l'union qui s'établit entre eux et ceux qui les prennent; ils se changent en la chair des hommes quils nourrissent. Le pain divin que Jésus Christ nous a donné s'unit de même à nous; nous le mangeons, et nous ne dirons pas que nous le

1. ^'oi^ p. Saint-Jure, De hi ctnmnissance et de Vamouv <(e Xotre-Seigneur, liv. III, ch. X, et Cuntenson, lib. XI, \). II,dis.sert. m, ctip. ii.

changeons en notre chair, mais nous sommes changés en lui. C'est donc de l'union qui s'opère entre Jésus-Christ et nous que procèdent les autres effets de la sainte communion ; elle est le premier fruit du sacrement de TEucharistie lorsqu'on le reçoit dignement. Il faut examiner en quoi elle consiste. Mais avant tout, il est nécessaire de remarquer qu'il ne s'agit pas ici d'une union physique ni de l'union qui existe entre le corps de Jésus-Christ et celui de la personne qui communie, mais seulement d'une union morale. « Notre union avec Jésus-Christ, dit S. Cyprien, ne mélange pas <r les personnes ; elle n'unit pas les substances, mais elle lie en- « semble les affections et établit une alliance entre les volontés K »

S. Cyrille et S. Jean Chrysostome ~ appellent, il est vrai, cette union substantielle, naturelle, corporelle ; mais il ne faut pas prendre ces expressions à la lettre. Ils ont voulu, en usant de ces mots, rendre plus évidente pour les fidèles la présence réelle de Notre-Seigneur dans l'Eucharistie, et leur faire bien comprendre que c'était véritablement lui, en corps et en àme, qu'ils leur distribuaient dans la sainte communion. L'union est substantielle, corporelle et naturelle, si l'on considère ce qui est donné et reçu ; mais elle ne l'est pas par la manière dont Jésus-Christ est uni à nos cœurs; cette union n'a rien de physique, elle est purement morale.

Ceci posé, nous pouvons parler, sans crainte de glisser dans l'erreur, de cette admirable union que la sainte communion opère en ceux qui la reçoivent.

Notre-Seigneur Jésus-Christ a dit : iVJa chair est vraiment une nourriture et mon sang est vraiment un breuvage; celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui 3. Voilà l'union entre Jésus-Christ et celui qui communie proclamée par Jésus-Christ lui-même. Mais en quoi consiste cette union?

Les SS. Pères ont tâché de l'expliquer, mais les comparaisons auxquelles ils ont recours n'en donnent qu'une idée nécessaire-

i. Nostra et ipsius conjunclio non miscet personas, nequc unit sul)s(antias, sed affectus consociatet confœderat volunlales. (S. Cyi'R., serm. de Cœna Domini.)

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