‹ La Sainte EucharistieChapitre 137 sur 169 · Hom. LXXXVIII m Matth. et XLV m Joann · texte numérisé non relu

Hom. LXXXVIII m Matth. et XLV m Joann

3. Caro mea vere est cibus, et sanguis meus vere est potus ; qui manducat meam carnem et bibit meum sanguinem, in me manet et ego in co. [Joann., VI, {JG.)

DES EFFETS DU SACREMENT DE l'eCCIIARISTIE. 793

ment très imparfeite. S. Cyrille ' a recours à celle de deux gouttes de cire fondues et mêlées ensemble ; elles s'unissent et se perdent tellement l'une dans l'autre que les deux n'en sont plus qu'une. De même encore, le levain entre et pénètre dans toute la masse de la pâte; il lui communique ses qualités, de telle sorte que le levain est dans toute la pâte, et toute la pâte dans le levain. Mais personne n'a pu expliquer ce mystère comme Jésus-Christ lui-même, lorsque, après avoir dit que celui qui mange sa chair demeure en lui, il ajoute : Comme mon Père qui vit m'a envoyé, je vis moimême à cause de 7no?i Père, et celui qui me mange vivra aussi à cause de moi ^. Notre-Seigneur ne craint pas de comparer l'union que celui qui le reçoit au Très Saint Sacrement contracte avec lui, à celle qui existe entre son Père et lui, union la plus étroite et la plus noble qui saurait être, union qui surpasse infiniment tout ce que les théologiens mystiques disent de l'union immédiate et secrète à laquelle les âmes les plus pures parviennent quelquefois par une grâce extraordinaire. Comme le Père est dans le Fils et le Fils dans le Père, de même, mais seulement par analogie, quand nous recevons ce divin sacrement, Notre-Seigneur est en nous, et nous en lui ; et par l'union qui existe entre nous et son humanité, nous nous élevons jusqu'à sa divinité et nous unissons aussi à elle. Dieu le Père s'unit à son Fils, par la génération éternelle, en unité d'essence; le Fils s'unit à l'homme dans l'incarnation, en unité de personne, et puis à tous les hommes en unité de sacrement ; et au moyen de l'union qu'il leur donne avec son humanité, il les unit à sa divinité, et par sa divinité à son Père. Voilà le motif, l'issue et le retour du voyage du Verbe divin sortant du sein de son Père, et entrant dans celui de sa Mère pour venir à nous.

Le Fils de Dieu s'unit à nous corporellement, dit S. Cyrille 3, en tant qu'il est homme, par le moyen de l'Eucharistie, et spirituellement en tant qu'il est Dieu, par la vertu et la grâce de son Esprit, qui tait renaître le nôtre à une vie nouvelle, et le rend participant de la nature divine. Le nœud de notre union avec Dieu le Père est Jésus-Christ uni à nous comme homme, et uni naturellement à Dieu son Père, comme Dieu ; car il n'est pas possible que la nature

1. S. Cyr., lib. IV in Joann., cap. wii, el lib. X, cap. xiii.

2. Sicul misit me vivens Pater, et ego vivo propter Palrcin, cl quimanducat me, et ipso vivet propter me. {Joann., vi, îjH.)

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