‹ La Sainte EucharistieChapitre 151 sur 169 · Joonn., VI · texte numérisé non relu

Joonn., VI

2. Quare qui carnem Christi inanducat vitam habet aeternam. Habet eiiim haec caro Dei \'erbuin, quod naturaliter vita est. Propterea dicil : Quia rcsuscitabo eum novissimo die....

Oportuit cnim certc, ut non solum aniince per Spiritum sanctum in beatam vitam ascendcrent, verum etiam ut rude alque terrestre hoc corpus, cognato sibi gustu et tactu cibo, ad immorlalitatem reduceretur.... Et quemadniodum si quis scintillam ignis in fœno aut palea occultaveril. lotum iude ignifuni nccessario fiet : sic Verbum Dei tanquam scintilla in naturam nostram inimissum, totam inde inflammavit, atque ad vitam, interitu penitus destrucla, reduxit. (S. CvRiLL. Alex., lib. IV in Joonn., v, îii, passim.)

3. Voici ce que dit sur ce point le cardinal Cienfuegos [Viln ahscondita) : Neque animam duntaxat nostram végétal, nutrif, et perficit Eucharislia re-

ligiose sumpta, sed et corpus etiam, ejusque lemperamentum aliquo modo attingit ipsius virtusel efïectus ; saltem pcccati fomitem (cl primam malorum labem) moderando, ut docuil S. Thomas (opusc. LVIll, cap. .\.\i), etc. Verum quid dicam de corporum resurrectione, et eorumdem gloriaper Eucharistiam tandem oljlinendas, metendas lune, et modo seminandas? Ecquem autem lucis radiolum, qualilalemve, sivc physicani, sive moralem, quienam futur» beatiludinis dclineamenta, et voluli embryonem felicitalis aîteruie in sinucorporis reponif.Mn quo silum est illud pignus gloria^ ab Ecclesia, et Patribus decantatissimum probe commuuicanlibus aile impressum ? 7:^/ fiiliirx tjlurix nobis pignus datur, sicut canil Ecclesia, et accinit Trident., scss. XIII, cap. u.

Il faudrait se garder de 'conclure que celte divine semence est nécessaire pour la résurrection. Le saint homme Job n'avait pas communié ; cependant il disait avec une confiance inébranlable que lui inspirait l'Esprit de Dieu : Je sais que mon Rédempteur est vivant et qu'au dernier jour je ressusciterai de la terre ^. Les soldats de Judas Machabée qui avaient péri dans les glorieux combats livrés contre les ennemis du peuple de Dieu n'avaient pas communié ; cependant ce vaillant et pieux capitaine faisait prier pour eux et offrir des sacrifices parce qu'il croyait à leur résurrection future. // envoya à Jérusalem douze mille dragmes d'argent, dit la Sainte Écriture, afin qu'un sacrifice fût offert pour les péchés des morts, pensant bien et religieusement touchant la résurrection -. Remarquez que le texte sacré ne manque pas de noter combien la croyance de Judas était juste et conforme aux enseignements de la religion. La Sainte Eucharistie n'était pas encore instituée lorsque Lazare mourut; il n'avait donc pas communié; cependant Marthe, sa sœur, dit au divin Maître : Je sais qu'il ressuscitera, au temps de la résurrection, au dernier jour ^. Ainsi en sera-t-il de tous les saints de l'Ancien Testament, de tous les saints du Nouveau Testament qui, à cause de leur âge ou pour

Cum esse nef|ueat sola gratin sanclificans, iilpolc reliquis sncramentis communis, dum in re sul)jecla prc'esu})ponitur pnerogaliva aliqna EucliaristiîB specialis? Est-ne extriiisecum aliquid in sola proniissiono (Jlirisli Domiiii moraliter perseverans ? Ouidcjuid illud sit, unum hoc extra dul)ium est, accedentem ad altare minime jam conquori posse juste inter fenimnas vitae cum illo, de quo Claudianus il, de rajdu Proserjmiae) : A'iillo solahor frigtiorc curas.

Nanique firmum plane nobis est, sive hac, sive alla via exponatur, vel per novum jus, aul novuin titulum, esse propriam Eucharislige operationein resurrectionem corporum ad beatitudinem completam in sumentibus illam probe : cum modo jiosilive, modo négative id asseveret veritas ipsa, Joann., iv. Positive, cum dixit : Qui manducal meam carnem, ci bibit meum songuinem, habet vitam œlernntii : et ego resxiscitabn eiim in novissimo die. Négative,, dum inculcata asseverafionQ protulit : ^lm«t, amen dieo vubis, niai manducaverilis carnem Filii homi/iis, et biberi/is ejus aangidnem, non habebilis vitam in vobis. QuorsuiM et r|ua rcali soliditate hsec si tantum speciosum aliqucm titulum conferri vellel ad rcsurrectionem et beatitudinem, aiiunde indefectii)ilem ohlinendam ? Rêvera foret titulus sine re, aut coloratus duntaxat. (Cienkue- GOs, yit<i abscondita, disp. i, sect. 1, n. 31 et 32.)

1. Scio eniin quod Redemptor meus vivit, et in novissimo die de terra surrectums sum. I.fob, MX, "-l'i.)

2. Duodecini millia drachmas argenti misitjerosolymam, olferri ])ropeccatis mortuorum sacrificium bene et religio.se de resurrcctione cogitans. (// Mach., XII, /f3.)

3. Scio quia resurget in re.su rrectione in novissimo die. [Joann., xi, 2'k)

DES EFFETS DU SACREMENT DE l'eUCHARISTIE. 839

d'autres raisons, n'auront pas reçu la sainte communion pendant la vie. La résurrection no s'arrêtera pas même aux bienheureux. L'apôtre S. Paul, après avoir longuement prouvé le dogme de la résurrection des morts, a soin de faire remarquer que tous les hommes ressusciteront, mais qu'ils ne le feront pas tous dans les mêmes conditions : Nous ressusciterons bien tous, mais nous ne serons pas tous changés '. En effet, les corps des réprouvés, loin de recevoir la transformation qui fera la gloire de ceux des saints, resteront un objet d'horreur et de dégoût, en même temps qu'un sujet de toutes sortes de douleurs pour les âmes auxquelles ils seront attachés.

La réception du corps et du sang de Notre-Seigneur n'est donc pas une condition nécessaire de la résurrection ; on ne peut même pas affirmer qu'elle y contribue efficacement, etautrementquepar convenance, mais il est permis de croire pieusement qu'elle ajoute un éclat particulier à la gloire dont les corps de ceux qui communient saintement seront revêtus après la résurrection, comme elle ajoute à la gloire et à la béatitude de leurs âmes. Il répugne de penser que la chair qui est entrée si souvent en communication intime avec la chair et le sang du Seigneur voilés sous les espèces eucharistiques, n'en recueille pas un fruit tout spécial pendant l'éternité.

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