‹ La Sainte EucharistieChapitre 21 sur 169 · Mnllh., XI · texte numérisé non relu

Mnllh., XI

heureux patriarche S. Joseph, époux de Marie. Ne lut-il pas en effet le père nourricier de son propre créateur, du Fils de Dieu incarné? Cependant il y a quelque chose de plus grand encore. Celui qui communie ne nourrit pas le Christ avec quelques aliments corruptibles, mais il est nourri lui-même de la chair du Seigneur unie à sa divinité. Madeleine trouvait son bonheur à contempler Jésus-Christ : cette part qu'elle avait choisie était la bonne; les disciples étaient bienheureux, parce que leurs yeux voyaient Jésus, parce que leurs oreilles entendaient les paroles de la vie éternelle, parce qu'ils voyaient et entendaient ce que beaucoup de rois et de prophètes avaient vainement désiré voir et entendre. Mais le bonheur réservé aux moindres des fidèles de rÉglise est plus grand encore, car chacun d'eux, dit S. JeanChrysostome, touche celui qu'ils voyaient et entendaient, se nourrit de lui et s'unit à lui. L'amour de Dieu, tout infini qu'il soit, ne pouvait donc nous donner plus qu'il ne nous adonné, par l'institution de cet adorable sacrement.

Isaac disait, en parlant de son fds Jacob : Je Vai enrichi de blé et de vin; que ferai-je de plus '? Dieu pourrait nous en dire autant. Il nous a donné le froment des élus, et le vin qui fait germer les vierges : que pourrait-il ajouter à ce don? Il ne nous a épargné ni les menaces ni les promesses, ni les coups ni les douceurs, ni les prospérités ni les adversités, ni les avertissements extérieurs ni les illuminations intérieures, ni les Ecritures ni les miracles, ni la doctrine ni les exemples, ni la vie ni la mort, il a tout essayé enfin et n'a rien négligé pour nous plaire. Après tant de merveilles de sa bonté, il a fait plus encore; à tous ses dons, il a voulu en joindre un plus grand et plus précieux que tous les autres : il s'est donné lui-même. Il s'est donné aux dignes et aux indignes, aux reconnaissants et aux ingrats; il s'est donné en nourriture, et il a voulu que chacun pût goûter combien le Seigneur est bon. I! a voulu que chacun pût manger son pain, s'enivrer de l'abondance de la maison de Dieu et boire au torrent de sa volupté.

Une sagesse cachée et un trésor qu'on ne voit pas, de quelle utilité peuvent-ils être? dit l'Ecclésiastique -. Nous possédons un trésor immense; nous tenons le miracle des miracles; Dieu n'a

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